‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 4 sur 105 · in-fol., p · texte numérisé non relu

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2 . V. ce qu'a dit à ce sujet d'après le Moréri des Normands, manuscrit de la bibliothèque de Caen, M. Emmanuel Gaillard, dans le Précis des travaux de VAcadèmiede Rouen, 1834, p. 165-166, et aussi un article de Dumersan dans la Revue du Théâtre de 1834, t. II, p. 40, — M. Guizot, Corneille et son temps, p. 14J, croit comme nous à l'existence de M"*^ Milet, et pense que c'est d'elle qu'il est parlé dans l'Excuse à Ariste, dont il sera question tout à l'heure.

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une anagramme fort transparente de son vrai nom pour lui donner ce nom nouveau ; mais un point reste à éclaircir maintenant. M"^ Milet n'est-elle que la Méliîe du sonnet, et par conséquent la demoiselle aimée par Corneille , ou bien est-elle l'héroïne de l'aventure qui fait le fond de la comédie ? Le problème est fort difficile à résoudre. Je suis, quant à moi, du premier sentiment : Mélite est, à mon sens, la personne chantée dans le sonnet, la demoiselle aimée par Corneille. Il aura cru pouvoir sans lui faire injure donner à l'héroïne de la pièce le nom que le sonnet avait déjà rendu célèbre ; et comme, après tout , le rôle joué par Mélite n'a dans la pièce rien que de charmant, il aura pensé , en donnant ce nouvel éclat à son hommage, n'être que plus agréable à celle, qu'il aimait. Peut-être en arriva-t-il tout autrement, peut-être ce qu'il avait regardé comme une nouvelle cause de succès dans son amour en fut-il la ruine. Ce qui, de l'aveu même de Corneille , semble certain , c'est que la personne aimée à qui furent adressés ses premiers vers , et qui, par cette inspiration, lui valut sa première gloire à la ville et à la cour, lui devint bientôt presque ennemie. Il parle, dans son Excuse à Arlsîe, d'un malheur qui rompit ce premier lien , mais sans dire quel est ce malheur, peut-être parce qu^il craint de l'expliquer, la cause en ayant été sa propre imprudence, son trop d'empressement à rendre célèbre celle qu'il aimait.

Les comédies par allusion à des amours véritables étaient alors fort à la mode ' . On mettait volontiers au théâtre, comme d'Urfé avait fait dans VAstrée , les épisodes amoureux de sa jeunesse ^ Mais il ne plaisait pas toujours aux femmes de se voir ainsi célébrées, surtout lorsque,

1. V. à ce sujet quelques mots de l'excellent article de M. Édel. Duméril, Du développement de la tragédie en France, dans la Revue germanique Au 31 juillet 1860, p. 4j.

2. V. la lettre qu'il écrivit à Pasquier en lui adressant son livre.

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