I vol. pet. in
2. Lettre publiée pour la première fois par M. Taschereau dans sa dernière édit., p. 95.
propre médisance , et conclut contre Corneille par cet arrêt décisif : « C'est un grand avare! ' » Venant à Paris, courir tous les risques d'une fortune plus modeste à Rouen, mais plus sûre aussi, se montre-t-il heureux d'obtenir à l'hôtel de Guise ce gîte qu'avait eu Tristan, à qui personne ne l'a reproché, vite les propos malveillants recommencent, et Tallemant s'en fait encore l'écho. Il ne lui pardonne pas cette hospitalité obtenue , cette pauvre petite chambre , et il dit de nouveau : « C'est dommage que cet homme n'est moins avare 2. » Corneille, enfin, dans un de ces jours de franchise dont nous connaissons déjà les expansions ingénues, s'est-il laissé aller à dire que si la gloire est belle, l'argent est bon aussi, et que s'il faut l'une pour survivre, il faut l'autre pour vivre, aussitôt la malveillance s'empare du mot et l'arrange à sa manière. Les confrères et les amis ne sont pas les derniers à en donner une version désobligeante. L'académicien Charpentier, par exemple, qui l'a entendu, le tourne au gré de sa petite envie, et après l'avoir envenimé à point, le fait distiller ainsi par M. de Fredeville, dans son dialogue, le Libraire du Palais 3 . « Corneille, avec son patois normand , vous dit franchement qu'il ne se soucie point des applaudissements qu'il obtient ordinairement sur le théâtre, s'ils ne sont suivis de quelque chose de plus solide. »
Lors même qu'il se fût exprimé avec cette sorte de cynisme qui met l'argent au-dessus de la gloire. Corneille n'eût pas été si coupable! Ceux qui le condamnaient connaissaient-ils comme lui les charges de sa lourde famille .'' Pour lui était la gloire d'une œuvre, pour sa famille en était le gain, et l'on comprendrait qu'à certaines heures