Remarques s\xï Agés i las
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il le dit lui-même, « élevé dans la cour du Palais, par des gens qui avaient vu longtemps Corneille « ; ayant toujours dans l'esprit, avec la lucidité que gardent les souvenirs de l'enfance, tout ce qu'il en avait entendu dire « par les bons vieillards », Marcassus, mort à quatre-vingt-quatre ans chez son père ■ ; Réminiac, Tauvières, Régnier, etc . , il pouvait parler savamment. Or voici ce que çà et là dans quelques lettres, et dans son Commentaire, il a dit sur Corneille devenu vieux, et plus pauvre à mesure qu'il vieillissait :
(( Le pauvre hommeétaitnégligé,commetout grand homme doit l'être parmi nous ^. Il n'avait nulle considération, on se moquait de lui ; il allait à pied ; il arrivait crotté de chez son libraire à la Comédie. . . S'il arrivait tard, il était debout ; s'il arrivait de bonne heure, il était assis.
« Il se peut, ajoute-t-il cependant dans une phrase un peu plus consolante, il se peut faire qu'ayant paru à la représentation de quelques-unes de ses meilleures pièces, on se soit levé pour le regarder , qu'on lui ait battu des mains ?. Hélas! à qui cela n'arrive-t-il pas ? »
Dans le commentaire sur Agésilas, cherchant à expliquer les défaillances du génie de Corneille en ses dernières pièces. Voltaire en dit la vraie rais^on et se trouve ainsi tout naturellement amené à parler encore de sa misère. Le besoin l'obligeait à se trop presser; et qu'arrivait-il .? de ce travail hâté il ne sortait que des ressources insuffisantes pour ce besoin même qui en avait été le trop impatient conseiller : <( Il donnait, dit Voltaire, un ouvrage de théâtre presque tous les ans depuis 1625, si vous exceptez l'intervalle entre Perîharite et Œdipe : il travaillait trop vite, il était épuisé. Plaignons le triste état de sa fortune, qui ne répon-