‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 47 sur 105 · I. G. Levavasseur, Vie de Corneille, 1843, in-i8, p · texte numérisé non relu

I. G. Levavasseur, Vie de Corneille, 1843, in-i8, p

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i( 1670. — Le 28 novembre, Bérénice, de Pierre Corneille, dont on lui a payé, prix fait, 2000 livres '. ))

Pour Bérénice et pour Attila , c'était là peut-être un prix honnête , mais si , comme il est probable , le Cid, Polyeucte et Cinna ne furent pas , chacun , payés davantage, en consciertce ce n'est pas assez. Deux mille livres , alors, étaient le beau prix, le prix fort. Il ne fallait pas moins qu'une pièce de Corneille pour qu'on s'y décidât. Le plus souvent on ne donnait que la moitié, et même parfois que le quart de cette somme. Ainsi le Tonaxare de Boyer, joué chez Molière en 1662 , ne fut payé que cent demi-louis 2, c'est-à-dire cinq cents livres, car le louis venait justement, cette année-là, d'être remis au taux de dix livres, et le demi-louis par conséquent n'en valait plus que cinq. Pour que le pauvre Boyer ne criât pas trop contre la modicité de la somme , on la lui donna dans une belle bourse « brodée d'or et d'argent ».

Quand une pièce était de commande, on la payait plus cher, et c'est pour cela que V Andromède, qui n'est certes pas l'un des chefs-d'œuvre de Corneille, fut peut-être pour lui, comme on dirait maintenant, une meilleure affaire que Polyeucte et Cinna. Comme on ne connaît guère l'histoire de cette pièce, et comme on ne sait pas surtout pourquoi elle fut faite et pour qui, nous allons entrer à ce sujet dans quelques détails rapides. En 1645, Mazarin,qui aimait fort, en bon Italien qu'il était, les spectacles à machines et avec musique ?, avait commandé à l'abbé Perrin pour les paroles, à Cambert pour l'harmonie, à Torelli pour le mécanisme, et pour la peinture à Guillerié, sous qui travaillait le jeune CoypeH, un grand opéra d'Orphée. Il fut fait

1. Extrait du Registre de Lagrange donné par A. Martin dans son édition des Œuvres de Molière, 1845, in-8, t. VI, p. 465.

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