‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 54 sur 105 · Historiettes ùe Tallemant, t. V, p · texte numérisé non relu

Historiettes ùe Tallemant, t. V, p

lité princière; niiiis comme il s'en départait volontiers avec les gens d'esprit, et daignait reconnaître leur mérite, nous ne lui en voudrons pas trop. C'est à lui que La Pinelière dédia son petit volume souvent cité par nous, le Parnasse, ou le Critique des poètes, et cette dédicace d'un livre plein de sens et de goût, faite au marquis du Bellay par un auteur qui était sincère, nous est une bonne recommandation pour son esprit. Nous savons d'ailleurs, et cela vaut encore mieux, qu'il aima Corneille , et lui vint autant qu'il put en aide dans des circonstances difficiles, au moment, par exemple, de la querelle d'envieux que lui suscita l'abbé d'Aubignac, son ennemi depuis le Cid.

Pour quelques mots que Corneille , dont le langage n'était pas toujours d'une grande retenue quand il s'agissait d'oeuvres trop mauvaises, s'était permis contre le Manlius Torquaius de M"^ Desjardins ^ autrement dite M"^^ de Villedieu, l'abbé d'Aubignac, qui voulait du bien à cette muse, avait pris feu, u car il était tout de souffre i, » et s'était emporté en gros mots et en petits écrits. Par cette rage qu'on a de toujours trouver chez les autres ce que l'on sent en soi , il n'avait vu que jalouse envie dans les paroles de critique sincère dites par Corneille à propos du Manlius. u Vous avez, lui avait-il crié 2, vous avez une étrange aversion contre M"^ Desjardins ; il vous fasche qu'une fille vous dame le pion , et vous lui voulez desrober son Manlius par l'efïect d'une jalousie sans exemple. »

Sertorius ayant été joué sur ces entrefaites , les choses menacèrent de s'envenimer par les menées de la cabale de l'abbé, qui tenait un libelle tout prêt contre la pièce de Corneille, et comptait ainsi lui donner le coup de grâce, après

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