D'Aubignac, Deuxième Dissertation, A\\s au \ectem
avait écrits, pour sa défense : « Bien que je contredise quel^ quefois, avait-il dit à l'abbé de Pure '; M. d'Aubignacet Messieurs de l'Académie, je ne les nomme jamais, et ne parle non plus d'eux que s'ils n'avaient point parlé de moi. » Cette fois, il ne se défendit pas lui-même, se permit tout au plus quelques pages d^apostille à la suite de la défense qu'un ami fit pour lui, et ne prit en réalité de vengeance que celle qui lui fut ménagée par une malice de graveur.
En 1664, au frontispice de la belle édition de ses Œuvres, qui fut donnée en 2 volumes in-folio, chez les libraires Billaine, De Luyne, et Jolly , et que Corneille, bien qu'il fût déjà tout à fait installé à Paris, n'avait voulu faire imprimer qu'à Rouen, chez son cher imprimeur Laurent Maurry, parut sur une large estampe le buste du poëte, couronné de lauriers par ses deux Muses : Melpomène et Thalie. Sous les pieds de la première, plus souveraine , mais plus attaquée , on voit l'Envie hurlante et vaincue. Pour qu'on ne se méprît pas sur la personne représentée par la hideuse déesse, on lui donna des traits tout masculins. Chacun cria : « C'est l'abbé d'Aubignac! » Tallemant des Réaux tout le premier^, qui, trouvant même que le tour était bon, ne put s'empêcher d'en rire, quoiqu'il ne fût pas, on l'a vu , des amis de Corneille.
Les critiques de l'abbé, qui satisfaisaient l'humeur médisante de Tallemant, avaient d'ailleurs perdu pour lui de leur prix, depuis que Corneille s'en était permis contre lui-même qui, avec plus de justice et de désintéressement, n'étaient guère moins sévères. Pourquoi censurer un homme qui savait se censurer si bien ? Il lui devint donc pour cela presque favorable.
Après avoir lu les belles dissertations qui précédaient chaque ouvrage dans cette édition, et qui, ne dissimulant au-