‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 61 sur 105 · Tallemant, édit. in-i2,t II, p · texte numérisé non relu

Tallemant, édit. in-i2,t II, p

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ble de mettre en cloute l'existence : « l'ébauche de jugement » dressée par Chapelain contre le Cid, au nom de l'Académie ', se trouve encore à la Bibliothèque impériale 2, avec des apostilles écrites sous sa dictée par le médecin Citois 3, et quelquefois même de sa main. Chapelain , qui ne voyait dans tout cela qu'une affaire de littérature, n'avait pas été assez rude au gré du cardinal. C'est donc surtout de la sévérité qu'il lui recommandait dans ses notes 4.

Que se passa-t-il entre Corneille et Richelieu, lorsqu'ils se revirent , lorsque le ministre pu dire au poëte toute sa pensée sur l'emploi qu'il venait de faire d'un talent dont il avait pu se croire le maître, puisqu'il le pensionnait ^ Je ne sais.

Corneille, après V Illusion, avait été quelque peu grondé, je l'ai dit, par ses amis du parti de l'Espagne; après le Cid, il dut l'être encore mieux par ses amis du parti antiespagnol. Si jamais le cardinal lui fit, sur son trop d'indépendance et sur les incohérences d'inspiration et de conduite qui en résultaient au point de vue de sa logique inflexible, le reproche qu'on lui attribue ; si jamais il dit à Corneille ce mot que Voltaire tenait de M. de Vendôme 5 : a Ilfaut avoir un esprit de suite n^ ce fut certainement à ce moment-là. Nous verrons tout à l'heure qu'il dut lui faire d'autres reproches encore , et que la connivence involontaire de l'auteur du Cid avec le parti de l'Espagne n'était pas son seul grief.

Quoiqu'il en soit, au mois de juillet 1637, Corneille savait déjà fort bien à quoi s'en tenir sur la pensée de Richelieu à propos de sa pièce. Il n'ignorait pas quels coups de férule lui ménageait l'impitoyable pédagogue, et par quelles mains,

1. V. sa lettre, publiée d'après un manuscrit appartenant à M. Sainte- Beuve, dans {'Histoire de Corneille, par M. Taschereau, 2'' édit., p. 85.

2. Brunet, Manuel du Libraire, dernière édit., t. II, p. 283.

3. Pellisson, Histoire de l'Académie, édit. Ch. Livet, t. I, p. 92.

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