‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 66 sur 105 · C'est-à-dire le pouvoir de protéger le peuple · texte numérisé non relu

C'est-à-dire le pouvoir de protéger le peuple

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opprimer, et qu'il n'a pas failliy dans sa charge. En effet, on luy a donné un successeur qui sçait fort bien faire des vers pour le théâtre, mais qu'on dict estre assez malhabile pour manier les grandes affaires. Bref, il faut qu'il soitennemy du peuple, puisqu'il est pensionnaire de Mazarin. n Déduction singulière , et conclusion plus étrange , surtout contre un homme comme Corneille !

Quant à son peu d'habileté pour les grandes affaire, nous l'accordons, sachant déjà qu'il s'entendait mal aux petites. C'étaitsans doute aussi l'avis de Mazarin, car l'année d'après, M. de Longueville s'étant remis de son parti, le sieur Baudry fut rétabli dans la place que Corneille lui-même n'était peutêtre pas fâché de rendre ' . Il n'avait pas été syndic plus longtemps qu'il ne devait être mar|'Uillier un peu plus tard.

Son travail faisait plus besoin authéâtre que dans les administrations : il y retourna donc. Nicomède iut le meilleur gage de son retour.

Corneille y fut politique plus fin qu'il ne l'avait sans doute été dans la politique même ; il y fut mazarin aussi , antifrondeur, comme dans sa place, et, par allusion transparente, ennemi des princes. Quand on revoit la pièce, il est hors de doute que pour maint passage il songeait à eux. Celui-ci notamment où il est parlé d'un victorieux qui se fait de ses victoires un instrument de tyrannie ou une excuse de révolte va droit au Condé de la Fronde. Sa témérité , dit Prusias à propos de Nicomède,

N'est qu'un pur attentat sur mon autorité.

Il n'en veut plus dépendre et croit que ses conquêtes

Au-dessus de son bras ne laissent point de têtes ;

Qu'il est lui seul sa règle, et que sans se trahir

Des héros tels que lui ne sauraient obéir.

C'est d'ordinaire ainsi que ses pareils agissent ,

A suivre leur devoir leurs hauts faits se ternissent,

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