ld.,ibid
sans pureté il en a su peindre un d'une pureté parfaite ? L'allusion, s'il y eût songé, aurait été là plutôt un blâme qu'une flatterie : mais croyez qu'il n'y songea pas.
La seule qu'il se permit est celle que nous avons indiquée tout à l'heure. Voyons dans quel intérêt: cherchons pourquoi, surtout alors, il lui importait d'être agréable à Louis XIV.
Tallemant' dit qu'en cela il n'avait qu'un but, « faire continuer la gratification du roi à son endroit. » Soit, mais ce n'est pas tout; Corneille avait autre chose encore à obtenir du roi. Qu'était-ce .f" Il nous faut, pour l'expliquer, revenir un moment sur les lettres de noblesse accordées au père de Corneille dans le mois de janvier 1657, en plein succès du Cid , « glorieuse récompense , dit Thomas 2, à laquelle il ne faut pas douter que le mérite du fils n'ait beaucoup contribué. >> Ce fils , à qui elle était due, en eut tout naturellement sa part , ce qui fit crier bien haut ses ennemis, et leur donna l'occasion de dépenser leur envie en toutes sortes de plaisanteries d'une nouvelle espèce. Aux critiques contre le poète s'ajoutèrent les railleries contre le noble fraîchement fabriqué. << Prenez garde, lui dit, par exemple, Claveret 5, avec l'esprit distingué et fin qu'il mettait partout, prenez garde d'efl:acervos lettres de noblesse : elles sont si fraîches ! n Puis vinrent des plaisanteries du même goût sur le bon air qu'aurait Corneille avec l'épée, que ces lettres de noblesse « lui donnaient permission de porter )>, et qui le gênerait quelque peu , lui qui, ne gardant rien de la vaillance qu'il prêtait à ses héros, « faisait profession publique de poltronnerie 4. » Corneille, à tout cela, ne répondit