Historiettes, édit. P. Paris, t. VII, p
2. Dictionnaire universel géographique et historique. 1708, in-fol., p. 301.
3. Lettre du sieur Claveret au sieur Corneille, soy disant autheur du Cid, 1637, in-8, p. 34.
4 Lettre à '** sous le nom d'Ariste, 1637, in-8, p. 3-5.
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pas plus qu'au reste. Il fut noble, comme il était poëte, avec modestie et sans rien de fanfaron. Quand son père mourut, le 12 février 16^9, il fut maintenu dans tous les droits et privilèges attachés à la noblesse , et dont un surtout lui importait à cause de sa fortune toujours précaire , c'était l'exemption des taxes. Un édit, rendu dans les premiers temps du règne de Louis XIV, lui enleva cet avantage. Il fut décidé qu'on taxerait, comme gens de roture, les nouveaux anoblis : or Corneille était du nombre, ainsi que Boisrobert. Réclama-t-il .? je ne sais. Quant à Boisrobert, j'en suis sûr. Sa réclamation nous est parvenue sous forme d'Épître au chancelier Séguier. C'est même par là seulement que nous avons su que Corneille eut cet ennui.
Après avoir dit dans cette épître, négligée par tous les biographes de notre poëte, combien il lui déplaît de voir qu'on le range, lui Boisrobert, abbé de Châtillon, parmi les gens taillables, parmi ces roturiers mal anoblis qui ne doivent leur noblesse qu'à un peu d'argent comptant,
il ajoute :
J'apprends que l'illustre Corneille Souffre une disgrâce pareille.
Pense-t-on que les bons autheurs Soient un gibier à collecteurs ?
Distingue-nous de la canaille Qui, pour s'affranchir de la taille, A beaux deniers ont acheté Cette nouvelle qualité i.
Corneille connut des premiers cette pièce, où Boisrobert lui donnait part si obligeamment dans la réclamation faite pour leur intérêt commun. Il l'en remercia par des vers que l'abbé mit en tête du volume dans lequel elle fut jointe à ses autres épîtres^.
1 . Cette épître parut dans la première partie des Epistres de l'abbé de Boisrobert, 1647, in-40, et dans les Episîres en vers et autres œuvres poétiques de M. de Boisrobert, 1659, in-8, p. 114.
2. Ces vers de Corneille, que l'abbé Granet recueillit le premier, Œu-
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Quel fut le résultat de cette supplique, faite un peu pour Corneille et dont il devait par conséquent avoir un peu de bénéfice , si bénéfice devait suivre ? je ne saurais le dire au juste. Il me paraît toutefois probable que l'exemption des taxes lui fut accordée de nouveau. Son zèle pour la cour, son dévouement à Mazarin , comme poëte d'abord et ensuite comme procureur syndic à Rouen , ne lui méritaient pas moins. Nous ne sommes donc pas surpris de le voir plus tard en si complète possession de sa noblesse, qu'il se hasarde à ne plus s'en cacher. Les envieux qui se sont moqués de lui lorsqu'il l'a obtenue lui reprochent alors d'en faire parade, u De quoi, lui dit par exemple l'abbé d'Aubignac, de quoi vous êtes-vous avisé, sur vos vieux jours, d'accroître votre nom et de vous faire appeler M. de Corneille ^ »
C'est en 1663, dans sa Quatrième Dissertation, que d'Aubignac parlait ainsi. Moins d'un an auparavant, Molière, en son École des Femmes, avait pris à partie, aussi pour sa noblesse, u le petit frère » de Corneille, Thomas, qui , bien plus jeune, et partant plus facilement fanfaron, ne prenait partout que le beau nom de M. de l'Isle. Molière se vengeait ainsi des propos que Thomas avait tenus contre lui et sa troupe, lorsqu'ils débutaient au Petit-Bourbon, et dont nous avons vu plus haut un assez aigre échantillon.
Quoi qu'on dise qu'il s'en prit aussi à Corneille , et que le M. Lycidas de la Critique n'est autre que notre poëte saisi sur le fait du mécontentement morose que lui avait causé le succès de ce nouveau -venu et de son École des Femmes, je crois, moi, qu'il le respecta. Corneille commandait à tous et surtout à ses pairs, dont Molière était déjà, vénération et générosité. Il avait pu se laisser aller à quelques
vres diverses, p. 164, et qu'on a reproduits depuis dans toutes les éditions, font allusion au passage de l'épître de Boisrobert que nous venons de citer, ce qui n'empêche pas que personne jusqu'à présent n'avait pris la peine de voir ce qu'était ce passage et s'il importait à la vie de Corneille.
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mouvements de dépit, soit: n'était-il pas homme avant d'être grand homme ? Il avait pu, avec un secret déplaisir trop vite échappé en des boutades de critique, se dire, à la vue des comédies de Molière , que celles qu'il avait faites, même le Menteur, valaient moins et se trouvaient pour jamais vaincues ; s'avouer que chez Molière , « tout sent la comédie » , tandis que chez lui dans le comique « il y a toujours quelques scènes trop sérieuses '; » et, reconnaissant « que Molière avait cet avantage sur lui 2 » , craignant surtout que ce nouveau genre ainsi mis en honneur ne prît le pas sur l'autre, le tragique, sa vie et sa gloire, et n'en fît baisser le prix K il avait pu témoigner par instants une jalousie involontaire : ce fut tout certainement. Molière, qui se connaissait trop en hommes pour ne pas pardonner ce qui est de l'homme, même dans le plus grand, Molière, j'en répondrais, ne lui en voulut pas. Cette jalousie de Corneille n'avait pas d'ailleurs dégénéré en haine. Elle s'était perdue dans un découragement qui, après Oîhoriy l'aurait peut-être éloigné de nouveau de la scène, si celui-là même dont les succès l'offusquaient et le décourageaient le plus, si Molière, oubliant tout, ne fût venu à Corneille et ne lui eût ouvert son théâtre, quand les autres menaçaient de se fermer pour ses pièces.
Ici, avant de revenir à sa noblesse et de parler des nouveaux embarras qu'elle allait alors lui susciter, je ne dois pas oublier de dire quelques mots du nouvel ennui qui commença, vers le même temps, à jeter son amertume dans sa vieillesse, si découragée déjà et si inquiète.
Corneille ne connaissait pas encore de rivaux sérieux. Tous ceux qu'après le Cid, Richelieu avait voulu improviser