‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 71 sur 105 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. G. Guéret, la Promenade de Saint-Cloud , clans les Mémoires de Bruys, t. II. p. 213.

contre lui, par un effort de ce despotisme à qui rien ne semble impossible même la création instantanée d'un hom me de génie, avaient disparu, effacés devant les chefsd'œuvre qu'il avait donnés pour suite au premier : Horace, Cinna, Polyeucte, la Mort de Pompée, Rodogune.

Aucun de ces concurrents, aucun de ces grands hommes de la fabrique du cardinal , n'avait pu tenir contre Corneille, pas même Scudéry avec sa grande pièce de VAmnur îyrannique, dont Sarrasin avait écrit, sous l'inspiration du ministre, un si bel éloge ', et que la politique, toujours en jeu chez Richelieu, même pour les affaires de littérature, lui avait fait si hautement préférer au Cid.

Pourquoi? Parce qu'en cette tragédie phrygienne, il n'y avait pas, comme dans l'œuvre -de Corneille, le moindre danger d'une application favorable à l'Espagne ; parce que (( le pouvoir absolu des rois, même sur leurs proches, y était' exalté » ; tandis que dans le Cid u se trouvaient quelques paroles qui choquaient les grands ministres 2; « parce que rien, enfin, dans cet Amour tyrannique de Scudéry, n'était en opposition avec les actes de son gouvernement, que froissaient, au contraire, dans le Cid un certain nombre de vers où, ne voyant pas une complaisance, Richelieu trouvait une révolte. Que n'eût-il pas, lui qui n'admettait rien sans règle et sans soumission, que n'eût-il pas préféré à cette œuvre assez osée non-seulement pour se permettre de vanter l'Espagne au moment où il la combattait, mais encore pour faire l'éloge de ce qu'il avait condamné, de ce qu'il avait frappé ? Pouvait-il, par exemple, après ses édits contre le duel, après la sanglante justice qu'il avait faite des

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