Anecd. dram., t. 1, p
j. Hénault, Abrégé chronolog. de rhist. de France, p. 755.
à fait pour Corneille cependant. Le roi, qu'on avait depuis longtemps, à ce qu'il paraît, sevré de ces chefs-d'œuvre, y reprit goût en revoyant Çinna. C'est pendant les deux années qui suivirent qu'eurent lieu, sur le théâtre de la cour, ces reprises successives de Pompée, Horace, Sertorius^Œdipty Rodogune, dont nous avons déjà parlé, et qui méritèrent à Louis XIV, au mois d'octobre 1676, un si noble remercïment de la part du poète.
Si Corneille, réintégré dans sa noblesse, ne payait plus rimpôt trop roturier de la taille, il en payait un autre, celui du sang. C'était la redevance obligée des gens de qualité : il n'avait pas voulu s'y soustraire. Quiconque se faisait fon d'être gentilhomme devait servir en personne, « s'il était d'âge à porter les armes», ou par ses enfants, u s'il en avait qui fussent capables de suppléer à l'infirmité ou caducité dans laquelle il pouvait être ' ». Or lorsqu'en 1664, la noblesse lui fut retirée, puis rendue. Corneille avait quatre fils. Les deux plus jeunes, par une destination conforme à l'esprit du temps, devaient être d'Eglise. Quant aux deux aînés, il fallait, suivant le même usage, qu'ils fussent à l'Etat, comme soldats. Le père satisfit rigoureusement à la coutume : Charles, son troisième fils, fut, comme nous l'avons dit, mis chez les jésuites, où il mourut à seize ans; le quatrième, nommé Thomas, entra dans les ordres et fut abbé d'Aiguevive en 1 680 ; mais les deux autres , dont l'aîné s'appelait Pierre, comme son père, prirent sans tarder du service. Corneille était sévère sur le devoir. En 1664, il reprend sa noblesse, avec ses privilèges, mais aussi avec ses charges, et la même année ses deux fils sont déjà sous les drapeaux : l'un en âge d'y être, car il n'a pas moins de vingt et un ans ; l'autre, plus jeune de plusieurs années^, car il n'y a pas cinq ans qu'il a été placé comme page chez