Œuvres diverses , ip
2. Nous avons plus haut, p. xlvij, donné à cette lettre la date de 1683, d'après M. Taschereau (p. 234-235 ). Tout bien examiné, c'est celle de 1678 qui lui convient. En 1683, il y avait dix-neuf ans, et non pas qua-
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Cette triste affaire de Grave s'était passée au mois d'octobre 1674. Le jeune Corneille, qui était parmi les assiégeants avec le grade de lieutenant de cavalerie, avait tenté une sortie à la tête de sa compagnie, et n'était pas rentré dans la place. Il était tombé sous un coup de mousquet parti des rangs de l'armée de ce prince d'Orange dont le père , longtemps notre ami, avait ejj pour secrétaire des commandements M. de Zuylichem, un des premiers patrons de Corneille. C'est à lui que sont dédiés le Menteur et DonSanche.
Pierre, le fils aîné, fut plus heureux. Il parvint au grade de capitaine de cavalerie, épousa la jolie fille du marchand Cauchois, et par ce mariage roturier, mais riche, fut en état de faire bonne figure à Rouen, où il devint propriétaire de plusieurs maisons '. Plus tard, ayant assez servi, il quitta l'armée, vécut de ses rentes, et figura, sur Vétat de la France 2, avec la qualité de seigneur d'Amville, parmi les gentilshommes de la maison du Roy 3.
Le second fils du poëte avait toujours été malheureux à l'armée. Sept ans avant le siège de Grave, se trouvant à celui de Douai, il avait reçu une assez forte blessure au pied. Le roi se trouvait à ce siège, et quand il revint, Corneille lui adressa une épître où il n'eut garde d'oublier ses fils, et surtout le coup de feu du cadet :
Le plus jeune '^ a trop tôt reçu d'heureuses marques D'avoir suivi les pas du plus grand des monarques ; Mais s'il a peu servi, si le feu des mousquets Arrêta dès Douai ses plus ardents souhaits ,
torze, que le fils aîné de Corneille était au service, puisqu'il y était entre, comme nous venons de voir, en 1664.
1 . Précis des travaux de l'Académie royale de Rouen, 1834, p. 165-169