‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 86 sur 105 · Id.y p · texte numérisé non relu

Id.y p

— cliij —

le coffre du Florentin, tout bien garni qu'il fût, s'en trouvat-il à sec. A peine avait-il, au mois de décembre 1670, fait poser les premières assises de la magnifique maison à larges fenêtres, hauts pilastres, chapiteaux, masques, etc., qu'il voulait pour lui-même, et qu'on voit encore avec l'enseigne lyrique qu'il y fit sculpter dans la pierre au-dessus de la principale fenêtre , que tout à coup l'argent lui manqua. Molière y pourvut : il était riche et , n'ayant pas le goût de ces dispendieuses bâtisses , pas plus que celui d'aucune autre prodigalité , il avait toujours quelque argent au service de ses amis. Il prêta donc 1 1 ,000 livres à Lully par acte passé devant Gigault, son notaire, le 14 décembre 1670, dont nous avons vu la minute '.

Cette maison du coin des rues Sainte-Anne et des Petits- Champs, que son bel aspect et le souvenir de Lully ^ rendaient déjà suffisamment recommandable, le devient bien davantage à présent que l'on sait qu'il y a de l'argent de Molière dans ses fondations.

Le quartier perdit de son caractère et de son charme par l'aplanissement de la butte. Corneille n'y resta pas moins. Il y avait ses habitudes : du silence et des amis. Molière ne logeait-il pas tout près ?

Après avoir quitté, au mois de juillet 1672 5^ après la mort de la Béjart, la maison qu'il avait longtemps habitée rue Saint-Thomas-du-Louvre , n'était-il pas venu s'établir dans une autre partie du voisinage de Corneille i Rue Richelieu, en face de la rue Villedo 4, au bas même de l'un des

1. Elle existe dans l'étude de M. Schœlcher, successeur de Gigault, rue Le Peletier.

Page 1