‹ Corneille à la butte Saint-RochChapitre 87 sur 105 · V. sur cette maison, Paris démoli , p · texte numérisé non relu

V. sur cette maison, Paris démoli , p

3. Le bail passé entre Molière et son propriétaire de la rue Richelieu est du 26 juillet 1672 , huit mois seulement avant sa mort.

4. Nous avons acquis la certitude que la maison où mourut Molière n'est pas celle que l'on suppose et qu'à cet effet l'on a décorée d'une inscription , mais bien à cinquante pas de là , celle qui porte le n" 42 et fait face à

versants de la butte découronnée, il était plus que jamais son voisin.

Une autre* personne, d'un tout autre caractère, dont Corneille recherchait volontiers l'entretien, le savant Huet, demeurait aussi tout prêt ». Enfin, ce qu'importait surtout à l'excellent homme, son frère Thomas avait pris logis à quelques pas du sien : il demeurait rue du Clos-Georgeot ^.

En deux enjambées, ils étaient l'un chez l'autre. C'était bien; mais à Rouen, que c'était mieux encore! Ils logeaient en deux maisons mitoyennes, l'une petite, l'autre

la maison neuve, située à l'angle des rues Villedo et Richelieu, à droite. L'inventaire dressé après le décès de Molière et retrouvé par l'infatigable M. Eudore Soulié, du Musée de Versailles, a fait connaître le nom du propriétaire de cette maison. Il s'appelait Bandellet et était tailleur de la reine. Or, sur un plan manuscrit en ma possession qui donne les noms des propriétaires de la rue Richelieu à cette époque , maison par maison , celle de Bandellet est indiquée à l'endroit que j'ai dit tout à l'heure, en face de la rue Villedo. Cela concorde d'ailleurs à merveille avec ce qu'on lit dans une lettre écrite par un témoin oculaire le jour même de l'enterrement de Molière. Il y est dit que le corps « fut pris rue Richelieu, devant l'hôtel de Crussol. » Où était cet hôtel ? juste à la place de la maison que j'ai indiquée comme faisant face à celle de Molière. La lettre que je viens de citer, publiée d'abord par M. B. Fillon dans ses Considérations historiques et artistiques sur les monnaies de France , a été reproduite par nous dans une chronique de la Patrie , 18 nov. 1860.

1. Au mois de juillet 1 671, il demeurait dans la partie de la rue Neuvedes-Petits-Champs , qu'on avait prolongée , après l'aplanissement de la butte , jusqu'aux murs de l'hôtel de Vendôme. Une lettre que lui écrivit le savant Touroude, sous la date du 20 juillet 1671, donne ainsi son adresse : « Monsieur Huet , sous-précepteur de monseigneur le Dauphin , chez Monsieur Gautier, maître charpentier, rue Neuve-des-Petits-Champs, vis-à-vis du marché aux Chevaux. » Fossé-Darcosse , Mélanges curieux et anecdotiques, p. 424.

2. Taschereau , p. 360-361. — Sully, avant d'aller habiter sa maison neuve de la rue Sainte- Anne, demeurait, à la fin de 1670, rue Traversine, aujourd'hui rue Fontaine-Molière. La maison de Mignard avait une porte sur la même rue, presque en face de la rue Clos-Georgeot. Sa principale entrée était rue Richelieu.

grande, dont, à force de trouées fraiemelles, ils avaient fini par ne plus faire qu'un seul gîte, un seul nid pour la double famille.

Pierre travaillait en haut, Thomas rimait en bas ; et , à l'aide d'une trappe toujours ouverte, il y avait entre eux une infatigable navette de communications et de consultations, de rimes demandées, de rimes répondues '.

Tout semblait s'être prêté aux combinaisons de cette vie en commun, de cette fraternité de chaque instant et de chaque pensée. Tout l'avait servie, rien n'y avait nui.

Écoutons à ce sujet l'académicien de Boze en son Éloge de Thomas :

<( Les deux Corneille ont épousé les deux demoiselles de Lampérière. Il y avait entre les deux frères le même intervalle d'âge qu'entre les sœurs ; ils ont eu un même nombre d'enfants ; ce n'était qu'une même maison, qu'un même domestique; ils ont parcouru la même carrière. Enfin, après plus de vingt-cinq ans de mariage, les deux frères n'avaient pas encore songé à faire le partage des biens de leurs femmes, situés en Normandie. Il ne fut fait qu'à la mort de

Nous y touchons, à cette mort du grand homme. Il s'éteignit le i^f octobre 1684, un dimanche, au dernier tintement des cloches de l'église, dont à ses derniers jours il préférait de beaucoup le voisinage à celui du théâtre. Il ne savait plus que prier, et s'étonnait d'avoir su autre chose 2.

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