SCÈNE VII
Les Mêmes, CAUCHOIS, MERLIN.
Merlin.
Tiens ! Madame Corneille !
Tiens ! Monsieur Pierre aussi ! ça se trouve à merveille ,
(A Cauchois.) N* est- ce pas , compère ?
Cauchois (brusquement).
Oui!
Pierre.
Peuî-ony ami Merlin^ Savoir pourquoi i
Cauchois (à sa fille , qui n'obéit pas ) .
Va-t'en.
Merlin.
Certes ! — i( De mon moulin i( f aperçois, lui disais -je^ un jeune homme qui rôde <( A l^entour de chez vous, comme une âme en maraude. yy
Pierre (à part).
Imprudent!
Marie (à part).
Le bavard !
Mer in.
« N^importe par quel temps, (( Soir et matin, il est, morgue! des plus constants. « Même par les grands vents, quand je détends mes toiles , c( // est là qui soupire et qui baye aux étoiles , (( Comme si son bonheur devait tomber du ciel: « Cest que quelqu'un toujours sait répondre àl appel (c Or ce quelqu'un.,. »
Pierre (ba ).
Merlin!
Marie (de même).
Monsieur Merlin!
Merlin (continuant).
(( Mérite « Tous ces soupirs et plus... )>
Marie.
Ah!
" 45 - Merlin.
« Donc, de ma guéritty i( Ajoutai-ie, je vois que le jeune homme plaît. »
Marie.
Vraiment ?
Merlin.
J'ai de bons yeux ! — a Qu'il est vif et point laid, i( Et qut son adorée y adorable et décente, (c Serait une épousée assez assortissante. i( Bref! ajoutai-je encore, on ne vous a laissé (( Que la place d'un mot, compère; on est pressé. i( Le meilleur serait donc d'en finir au plus vite : « Puisque le jouvenceau chez vous si bien s'invite, i< Dites -lui de rester; puis, entre deux jurons^ i( Donnez... »
Mme Corneille.
Qu'a répondu le père ?...
Cauchois (très-brusquement).
Nous verrons!...
Merlin.
Ma fine! comme vous, j'attendais la réponse. La voilà.
Mme Corneille (vivement).
Viens-nous-en... l'entends ce qu'elle annonce.
Pierre.
Mais...
Mme Corneille.
« Nous verrons ! » mon fils ^ c'est « Non ! » poliment dit, C'est un refus qui n'ose et qui nous fait crédit.
(A Cauchois.) Notre maison, Monsieur, n'est pas si dépourvue ! Quand on dit : « Nous verrons ! )) la chose est bientôt vue. (Elle sort avec Pierre.)