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faire qui lui avait élé déférée le 28 décembre 1530; ce qui montre que ces jugements sont datés more Gallico, c'est-à-dire suivant l'ancien style et non Romano calcula, suivant le style nouveau.
Pour ce qui regarde le protestantisme, il y a lieu de remarquer que la correspendance d'Agrippa ne contient que fort peu de lettres échangées entre lui et les hommes de son temps attachés aux nouvelles doctrines. Cette correspondance renferme, il est vrai, un certain nombre de pièces dont les auteurs ou les destinataires ne sont pas encore déterminés; mais on ne peut guère penser qu'il s'en trouve beaucoup dans le nombre ayant le caractère que nous venons d'indiquer. Herminjard, qui a étudié de très près ces documents ù ce point de vue, pour sa publication delà Correspondance des réformateurs dans les pays de langue française (5 vol. 1866-1878), n'a reconnu dans la correspondance d'Agrippa, outre les lettres que nous y avons signalées comme échangées par lui avec Lefèvre d'Etaples et Claude Dieudonné, que deux lettres écrites, l'une à Capiton, l'autre par lui (Ep. 111, 15, 18), et deux autres encore, 1 une d'un inconnu datée d'Aix le 5 juin 1522 pour recommander, croit-on, à Agrippa. François Lambert (Ep. III, 16) et l'autre, datée de Strasbourg le 31 décembre 1525, émanant de ce personnage lui-même, à ce qu'on suppose {Ep. III, 52). Encore cette dernière attribution n'est-elle pas absolument certame. La pièce qu'elle concerne est une lettre rapportée à tort jusqu'ici, comme nous l'avons dit, à Agrippa et que nous avons jugée ne lui être pas môme adressée, selon toute apparence (t. II, p. 96). Nous ajouterons aux lettres qu'I-Iermii;jard a relevées dans la correspondance d'Agrippa et qui peuvent rentrer dans le cadre de sa publication, une lettre <le celui-ci a Gœsar datée de 1520 (Ep. U, 60): deux lettres d'Hilaire Bertulphe a Agrippa, l'une de la veille de Saint-Martin. 10 novembre 1523 (Ep. III, 4.4), pautre de 1525 (Ep. III, 72), et une lettre écrite par Agrippa à Melanchthon le 17 septembre 1532 (Ep. Vif, 13).
APPENDICE
EXPEDITION d'aGRU'PA EN ESPAGNE
NOUS avons donné, au commencement de notre chapitre u a I p Ur-149),un abondant entrait de la lettre d'Ag.ppa dan; L elle il raconte une sorte d'expédition mdaaire qm Îurai é le principal épisode de son voyage en Espagne en 5 8 E 110?. Nous avons signalé la réserve avec aquelle U onv ont^ a liUir ce récit. Indépendamment des detads roman lues qu'il contient, il y est question d'une révolte de rsans d n on cherche vainement la trace dans l'histmre et
I Teux qu'on ne trouve pas davantage sur les cartes des ge -
Mais une révolte de paysans dans les montagnes de la de.ien minime importance-, des châ^aux pe d^%lans les montagnes, Arx vêtus, Arx mgra. Valks^ o- Zda peuvent être des localités fort effacées et mamtenant IrMiées ans parier de la difficulté de reconnaître leurs noms
II stus les firmes latinisées qui les déguisent ainsi dan^^^^ eitre d'Ac^rippa. On devrait être plus heureux et U n en est lettie détermination de lieux évidemment plus
vnisinao'e même de Girone.
ri. Barcelone et président de l'académie de cette mUc.
« Je ne vois pas comment concilier avec l'iiistoire ni avec la « géographie le récit d'Agrippa. Je ne connais pas en Catalogne « do soulèvements de paysans en 1508. Il y a bien eu ceux qui « ont suivi l'abolition des malos usos ordonnée par le roi Fer- « dinandle Catholique à Guadalupe en i486; mais, en 1508, ce « souverain n'a eu affaire qu'aux nobles de la Castille. Je ne « crois pas qu'il ait jamais existé de lieu du nom d'Arco7ia. « J« ne parle pas d'Arconadas, localité connue, mais fort éloi- « gnée de la Catalogne. Comme Agrippa emploie le mot arx « dans le sens de caslrum, Arcona répondrait peut-être à « Caste! Ion de Ampurias ; mais c'est là une supposition gra- « tuite. Quant à Castrum vêtus, il n'y a rien de semblable, « maintenant au moins, entre Girone et Barcelone, rien non « plus qui ressemble à Caslrum nigrum, dans la contrée. On « pourrait retrouver un Campus rotundus dans Camprodon, «une Vallis formosa dans Vallfermoso, une Vallis fecunda « dans Vallfogona, etc., mais il n'y a pas de Vallis rotunda. « On ne voit pas davantage d'abbaye de Saint-George. On «trouve seulement aux environs de Girone, mais du côLé « d'Olot, non du côté de Barcelone, un monastère de San- « Esleban de Baîwlas, non loin d'un lac, lequel est du très pe- « lit nombre de ceux que possède la Catalogne. Agrippa pour- « rait bien n'avoir conservé qu'un souvenir confus de ce qu'il « avait vu dans ce pays. »
Le savant Espagnol ne propose aucune interprétation pour le Peniacus ou Peniacum mentionné par Agrippa. Ce lieu ne pourrait-il pas être un de ceux en grand nombre qui, en Espagne, portent le nom de Pena. Ils sont malheureusement presque tous assez éloignés du champ d'opérations indiqué par Agrippa. On peut citer comme un de ceux qui le sont le moins Pena flor dans la province de Saragosse en Aragon. M. Milâ yPontanals termine sa note par quelques mots sur la résidence royale nommée Palatium Grangiw, dans la correspondance d'Agrippa. Cette indication fait naturellement penser au palais de la Granjà de Saint-Ildefonse qu'on a appelé le Versailles de l'Espagne. Mais la création do celte résidence
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royale ne date que du roi Philippe V en 1720.11 y a du reste en Espagne, ajoute notre obligeant correspondant, un grand nombre de lieux dans le nom desquels entre celui de Granja.
grange, métairie.
Les observations qui précèdent ne condamnent pas comme absolument apocryphe ce que dit Agrippa de son expédition en Espagne, mais elles laissent subsister des doutes sérieux sur quelques-unes au moins des particularités relatées par lui .
Les historiens qui se sont occupés d' Agrippa se sont généralement fort peu arrêtés à ce qui concerne son voyage en Espagne. L'observation en est faite par l'un d'eux, M. Henry Morley, dont nous avons précédemment déjà signalé l'ouvrage a. II, p. 85 et p. 391). Cet écrivain donne de cette entreprise, une explication dont il est bon de dire deux mots.
Pour M. H. Morley, Agrippa est un gentilhomme de la cour de Maximilien, appartenant à la famille aristocratique des Nettesheim, qui par devoir, en raison de sa noble origine, a voué sa vie au service de l'Empereur. 11 vient à ce moment de remplir pour ce prince, sous le masque d'un simple étudiant, une mission secrète à Paris. Pour servir encore les intérêts de la politique impériale, il se rend en Espagne où Maximilien favorisait, dit M. Morley, le parti des nobles de Gaslille, dans l'opposition qu'ils faisaient au roi Ferdinand d'Aragon depuis la mort de l'archiduc Philippe, l'époux de sa fille Jeanne la Folle. Les troubles de la GastiUe ayant gagné l' Aragon et la Gatalogne, les paysans de cette dernière province se seraient soulevés, ajoute-t-il, contre les gentilshommes. L'un de ceux-ci, Juanetin Bascara, seigneur de Gerona dans la province de Tarragone (Janotus Basais de Charona), chassé de son domaine, s'est rendu à la cour de Maximilien pour obtenir réparation et vengeance. Gest alors que part Agrippa. Il s'agit de remettre le seigneur Juanetin en possession de son héritage et de s'emparer''de Tarragone {Arcona ou Terra arco7ia). On est en 1508, Agrippa quitte la cour de l'Empereur. II s'arrête, en passant, au château de Granges ou Grangoy (Graiigis; palatium), sur les IVontiôres de la Franche-Gomtc, dit M. Morley; il passe
ensuite à Cleniiont, en Auvergne {Arx velus), d'où il expédie une de ses leLlres à son ami Galbianus. Ari'ivé sur le théâtre des opérations, il se rend maître de FuerLo negro (Arx nigra), ouvrage de fortifications appartenant aux défenses de Tarragone, puis de Villa rodona ( Vallis rolunda), château de Juanetin. C'est là que s'arrête son entreprise, à la suite de laquelle il rentre en France par Avignon.
On peut rapprocher ce tableau de celui que trace Agrippa des mêmes faits et que nous avons rapporté sous toutes réserves dans notre chapitre u (t. I, pp. 133-149), en suivant pas à pas les textes qui s'y rapportent dans la Correspondance. 11 y a, on le reconnaîtra, une forte dose d'imagination dans la restitution que fait M. Henry Morley de cet épisode de la vie de notre héros. Ce qui concerne l'identification des lieux y semble notamment, sous une forme très affirmative, extrêmement hasardé.
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