‹ Corneille Agrippa (volume 2)Chapitre 32 sur 46 · LE SÉJOOB A METZ D AGRIPPA · texte numérisé non relu

LE SÉJOOB A METZ D AGRIPPA

Les dates de l'arrivée à Metz d'Agrippa et de son départ de cette ville no sont connues que d'une manière approximative et à quelques jours près seulement. Son arrivée doit être quelque peu postérieure au 15 février 1518, date initiale à partir de laquelle courent les gages qui lui sont payés par le receveur de la Cité (Append. n" XIII). Sa Correspondance ne contient rien entre le 16 janvier, date d'une lettre où on lui parle des engagements contractés par lui avec les Messins, « te jam « Metenses solertius aucupati nactique sunt » (Ep. II, 11), et le 13 juin suivant, date de la première lettre qu'il écrit de Metz; elle est adressée à Cantiuncula (Ep. Il, Pour ce qui est de la fin du séjour à Metz d'Agrippa, il se place enire le 25 janvier 1520, date d'une lettre dans laquelle il annonce

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qu'il est près d'en partir, ayant obtenu des Messins la résiliation de ses engagements avec eux (Ep. II, 42), et le 12 février suivant, date d'une lettre que son ami Brennonius lui écrit de Metz quelques jours après qu'il a quitté cette ville (Ep. Il, 44).

Ces indications, sans être absolument précises, le sont assez cependant pour aider à la solution d'un petit problème de chronologie, touchant la date réelle d'une des pièces de la Correspondance d'Agrippa (Ep. II, 19), et celle également de la mort de son père, qui se trouve relatée dans cette lettre. Elles permettent de reconnaître que la lettre en question; adressée à l'évêque de Cyrène et datée de Metz le 6 février 1518, est en réalité de 1519, et que la mort du père d'Agrippa. dont cekii-ci dit dans cette lettre qu'il a reçu récemment la nouvelle, est de la même époque à peu près. Ce qui vient d'être dit de l'arrivée à Metz d'Agrippa, postérieurement au 15 février 1518, montre, en effet, que la lettre écrite par lui de cette ville le 6 février ne peut pas être de cette année. Il est en outre parlé dans cette lettre du voyage fait à Cologne par Agrippa depuis son retour d'Italie, c'est-à-dire pendant l'été de 1518. La lettre du 6 février 1518 est en réalité de 1519, nouveau style. Elle est datée suivant l'usage de Metz, où l'année commençait à l'Annonciation, le 25 mars; ce qui fait qu'on rapportait dans cette ville au millésime de l'année précédente les mois de janvier et de février et les 24 premiers jours de mars de l'année commençant, comme on le fait aujourd'hui, au janvier. Il est bon°de faire observer dû reste que, d'accord avec ces considérations, les éditeurs de la correspondance d'Agrippa ont classé cetle lettre du 6 février à la suite de toutes celles qui appartiennent à l'année 1518, dont elle porte le millésime.

Rappelons à cette occasion qu'on doit interpréter d'une manière analogue, ainsi que nous l'avons démontré en son lieu, la date du privilège impérial accordé à Agrippa le 12 janvier 1529 (1530, nouveau style), pour la publication de ses ouvrao-es (t. I, p. 40), et la sentence fulminée par la Sorbonne de Par"isle 1G janvier 1530 (1531, nouveau style), contre son traité

de l'incertitude et de la vanité des sciences, publié à la lin de 1530, sous le couvert de ce privilège (Append. n° X).

La question des dates initiale et finale du séjour à Metz d'A~ grippa nous fournit l'occasion de dire quelques mots des faits essentiels de l'histoire de celte ville pendant les deux années qu'il y a passées, de 1518 à 1520. Ce sont pour l'année 1518, avec une violente épidémie qui fait de nombreuses victimes et dont il parle (Ep. II, 19), les dernières phases de la guerre du capitaine Francisque; c'est le célèbre Franz de Seckingen, qu'on appelait ainsi. Pour l'année 1519, c'est le scandale, bientôt étouffé, des galanteries devenues publiques du duc de Suffolk, exilé d'Angleterre et réfugié à Metz, obligé finalement de quitter cette ville et de se retirer àToul; et en môme temps la présence à Metz de quelques autres personnages notables, de ceux que, par son office. Agrippa était chargé de complimenter dans ces occasions, au nom de la Cité.

Le tableau des ravages de l'épidémie de 1518 tient une certaine place dans les chroniques messines de l'époque. Il y est également fort question des actes d'hostilité de Franz de Seckingen qui, suivant certains usages de ce temps, avait acheté une vieille querelle contre la Cité, et qui finit par tirer des Messins de l'argent pour éloigner ses bandes lancées sur le pays, pendant que les campagnards accourus dans la ville l'encombraient avec leurs troupeaux et leurs biens. Quant au duc de Suffolk, c'était un hôte assez importun dont le roi Louis Xlf, après avoir signé la paix avec le roi d'Angleterre Henri VllI, s'était débarrassé au profit de ses grands amis les bourgeois de Metz, en 1514. Depuis cette époque, le prétendant anglais était dans cette ville, cherchant à tromper par tous les moyens les ennuis d'une pesante oisiveté. La jalousie trop justifiée d'un orfèvre de Fournirue l'oblige à quitter la place en 1519, après des aventures dont les détails nous ont été transmis et qu'il nous suffît ici d'indiquer succinctement. Dans la môme année, Metz avait reçu la brillante visite de M" de Guise, frère du duc de Lorraine, se rendant en pèlerinage ii Sainte- Barbe. La ville avait vu se réunir aussi dans son sein j^lusiriurs

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grands personnages, tant lorrains que bourguignons, venus pour une négociation relative à des revendications de terres dépendanl du duché de Luxembourg.

Tels sont quelques-uns des faits dont Agrippa fut témoin à Metz, pendant qu'il y a résidé. Ceux qui se produisent ensuite, •dans les premiers temps écoulés après son départ, et pendant que dure sa correspondance avec le curé de Sainte-Croix, sont les entreprises de l'inquisiteur NicoUe Xavin ou Savini, qui exerce ses poursuites contre plusieurs femmes accusées de sorcellerie, et qui en fait brûler une nommée la Cossette, après l'avoir fait « eschauffaudée », est-il dit, et l'avoir prêchée à la Cour l'Evèque au mois d'août 15Î0. Ce sont ensuite divers faits de guerre accomplis autour de Metz, malgré la neutralité accordée à la ville par les Français et les impériaiïx de part et d'autre, dans la lutte prolongée de François I" contre Cliarles-Quint. Ce sont enfin les premiers progrès de la réforme, en dépit de rigueurs poussées jusqu'à la mise à mort de Jean Châtelain, religieux augustin, qui, après avoir agité les esprits dans la ville de Metz, est condamné comme hérétique et brûlé à Vie en 1524,

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