LES LAURENCIN
La famille des Laurencin paraît avoir occupé un rang distingué à Lyon, au commencement du xvi' siècle. M. L. Gharvet, dans la Reme savoisienne (1874), donne sur son compte, d'après un travail de M. Vachez, quelques indications d'où semble se dégager la notion d'une suite de quatre générations comprenant : I. Nicolas Laurencin, qui aurait vécu au XV siècle ; II. Claude I et Jean I, les deux fils de Nicolas; III- Claude II, Jean II, Ponce, et N. (?), les quatre fils de Claudel; IV. François, Jean III, et Jean IV, les trois fils de Claude IL
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Ce seraient les Laurencin de la seconde et de la troisième génération qui se seraient trouvés en relation avec Agrippa, et dont il serait question dans sa correspondance, savoir : Claude I de Laurencin, baron de Riverie, conseiller de la ville de Lyon (1498-1512). mort vers 1532. dont l'épouse Sibylle Bullioud était sœur de Symphorien BuUioud, évêque de Bazas, un des protecteurs d'Agrippa à la cour de François I ; et trois des quatre fils de celui-ci : l" Claude II de Laurencin, baron de Riverie, receveur des tailles pour le roi au pays de Lyonnais en 1522. qu'on trouve qualifié, en 1517. « Dominus receptor. «frater domini prseceptoris Rivi Eversi » (Ep. II, 9); ailleurs, en 1523. « quatuor Laurentinorum natu major, dominus de « Rivo Everso » (Ep. III, 36); et en 1526, « Dominus receptor « Claudius Laurentius qui prajceptoris divi Joannis Metensis « frater germanus est » (Ep. IV, 20); 2" Jean de Laurencin, commandeur de Saint-Antoine de Riverie, abbé de "Valbenoîte, mort en 1547, celui à qui Agrippa dédia, vers 1517. ses Commentaires sur l'^n hrcvis de Raimond Lulle, « Johanc< nés Laurentinus Lugdunensis. prœceptor primarius Divi An- « tonii apud Rivum Eversum , provincise Pedemontium » rEp. dedical. Opéra, t. II, p. 331); 3» Ponce de Laurencin. chevalier de Saint-Jean de Rhodes, commandeur de Samt- Jean de Metz. « prœceptor divi Johannis Metensis » (Ep. IV, 20), lequel paraît avoir pris une part essentielle aux démarches qui déterminèrent l'offre d'un ofQce faite par la cité de Metz à Agrippa en 1517-1518. Nous avons donné, à la fin de notre chapitre m et au chapitre iv (t. I, p. 282 et p. 309), quelques indications relatives à ce fait.
Il est difficile de décider lequel des deux Claude Laurencin, le père mort vers 1532, ou son fils, de même nom, le receveur des tailles de 1522, a été plus particulièrement lié avec Agrippa qui le qualifie son compère « compater, » comme ayant tenu en 1525 sur les fonts de baptême un de ses fils, au nom du cardinal Jean de Lorraine, parrain de l'enfant. M. Vachez aurait, à ce que dit M. Louis Gharvet, qcquis la certitude que c'est le fils qui entretint des relations avec Agrippa. M. Louis
NOTE XXI
Charvet ne semble pas se ranger absolument à cette opinion. Agrippa a certainement connu l'un et l'autre. La lettre où se trouve la qualification « compater » ne marque pas explicitement duquel des deux, du père ou du fils, il s'agit. « Scripsi libi a « décima quarla hujus mensis per servitorem baroni Lauren- « cini compatris mei », ainsi s'exprime Agrippa écrivant de Lyon, le 30 juin 1526, à son ami Chapelain (Ep. IV, 21). Ailleurs, en 1518, il paraît désigner particulièrement le père par le titre de baron. C'est dans son discours aux Seigneurs de Metz, quant, à son arrivée dans cette ville, il leur parle de la part prise par les membres de la famille de Laurencin, aux instances qui l'ont décidé à s'y rendre : « postquam... ipse dominus « prteceptor fiivi eversi, atque illius frater germanus prœcep- « tor metensis una cum magnifico barone et genitore suo, qui- « bus plurimum debeo, id ipsum a me muUis precibus conten- « derent. » (Oratio IV, Opéra, t. II, p. 1090). Il faut voir ici, ce semble, dans les expressions « barone et genitore » non pas la désignation de deux personnages « baro » et « genitor », mais une double qualification s'appliquant à une seule et même personne, le baron de Laurencin, père des deux commandeurs, l'un de Riverie, l'autre de Metz. Si l'on interprétait autrement ce passage, ce serait le fils qui s'y trouverait désigné par le titre de baron; et le texte mentionnerait non plus trois individus, mais quatre : trois des frères Laurencin et leur père. Il y a là, on le voit, ambiguïté. La question est difficile à résoudre. Elle n'a pas pour nous beaucoup d'importance. Nous nous contenterons de l'avoir posée.
AUaUSTINO FORNARI
Le traité de l'incertitude et de la vanité des sciences a été publié avec une dédicace à un personnage qualifié ainsi :
APPENDICE
« Spectabili viro domino Augustino Furnario civi Genuensi. » Dans divers passages de la correspondance d' Agrippa, le nom du même individu figure sous les formes « Furnarius, Forna- « rius » (passim), ou encore sous celle-ci « Augustinus de For- « nariis » (Ep. VII, 22). Cette dernière forme semble répondre à l'italien Fornari, comme répond vraisemblablement au nom de Bardi la forme « de Bardis » dans le nom d'un Florentin « Petrus de Bardis », que mentionne aussi la Correspondance d' Agrippa (Ep. VI, 33). Ce rapprochement justifie, croyons-nous, l'interprétation que nous proposons du latin Furnarius ou Fornarius par le nom italien Fornari ou dei Fornari.
Augustino Fornari était un riche marchand de Gênes qui possédait, à ce qu'il semble, des comptoirs à Lyon et à Anvers. On le voit passer d'une de ces villes dans l'autre, et de là en Italie, à diverses reprises. C'est lui qui, en 1526, étant venu en aide à Agrippa pendant la détresse où l'avait jeté à Lyon, sa disgrâce à la cour de France, mérite par ses bienfaits de voir son nom inscrit en tête du fameux traité enfanté par Agrippa dans ces circonstances. C'est lui encore qui, pour une bonne part, décide bientôt Agrippa à quitter la France pour aller se fixer à Anvers, où il arrive en 1528, et qui, dans cette ville, en 1529, lui offre un asile dans sa maison pendant que sévit la peste, lorsqu'après lui avoir enlevé sa femme, la maladie le force à éloigner ses enfants et disperse ses serviteurs.
Augustino Fornari voyageait beaucoup, pour ses intérêts de commerce vraisemblablement. Nous avons donné dans notre chapitre vu (t. II, pp. 210-212) un aperçu de cette vie agitée. Il avait un frère, nommé Thomas, qui le suivait quelquefois dans ses voyages (Ep. VII, 10, 23). Il avait aussi un cousin fixé à Anvers (Ep. V, 63). Il était lié avec le religieux Aurelio d'Aquapendente de la maison des Augustins d'Anvers, et avec Dom Luca, secrétaire, et Dom Bernardus de Paltrineriis, majordome du cardinal légat Campegi (Ep. VII, 2, 7, 21, 23), les uns et les autres amis d' Agrippa, qui lui devait probablement ses relations avec eux, et par là celles qui lui furent si utiles avec le légat lui-même, le cardinal Laurent
Campegi. Auguslino Fornari n'ôtail pas, à ce qu'il semble, étranger à la culture des sciences occultes. Il empruntait à Agrippa des livres où il en était traité (Ep. VII, 2, 7). De Ratisbonne, où il est le 17 juillet 1532, il lui écrit de lui réserver deux exemplaires de la Philosophie occulte, quand elle aura paru(Ep. VII, p. 10).
Nous avons dit tout à l'heure qu'Augustino Fornari avait un cousin fixé à Anvers. Ce cousin se nommait Nicolas (Ep. V, 63). N'y aurait-il pas lieu de lui attribuer une lettre du 17 octobre 1527, dont l'auteur se signale comme l'ami du religieux Aurelio d'Aquapendente et presse Agrippa, encore en France à ce moment, de venir à Anvers ? Augustino Fornari est-il dit dans cette lettre approuvera certainement cette invitation : « Persuasum mihi plane habeo Augustinum Furnarium non « improbaturum invitationem meam. » La lettre est datée d'Anvers : « Antuerpiee, e curia" nostra » (Ep. V, 15). L'espèce de dépendance où se place, à l'égard d'Augustino Fornari, l'auteur de cette lettre écrite d'un hôtel assez important pour être qualifié curia, correspond bien à ce que serait la situation d'un subordonné habitant la maison de son patron. C'est ce qui, nous a donné l'idée qu'elle pourrait être de Nicolas, cousin d'Augustino Fornari, chargé de gérer en son absence ses intérêts à Anvers, où il aurait habité sa maison. Agrippa répond a la missive du 17 octobre, par une lettre du 17 novembre 1527. Une objection que nous ne voulons pas dissimuler, et qui pourrait combattre l'hypothèse que nous venons de proposer, résulte de la manière dont Agrippa, dans cette réponse du 17 novembre, parle d'Augustino Fornari, en le désignant, non comme un parent, mais comme un ami de son correspondant : « Augustinus Furnarius... tibi... non vulgaris amicus... » (Ep. V, 18). Agrippa aurait-il ignoré alors cette parenté ? Cela ne serait pas après tout impossible. Nous n'insistons pas.
APPENDICE
•X.-X.HX
LA PRINCESSE MARGUERITE d' AUTRICHE, GOUVERNANTE DES PAYS-BAS
Marguerite d'Autriche, sœur de Philippe le Beau, père de Charles-Quint, était issue comme ce prince de l'empereur Maximilien et de la fameuse Marie, fille unique et seule héritière du dernier duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Marguerite était née au château de Bruxelles le 10 janvier 1479 (1480, n. s.). Après la mort de sa mère, en 1482, elle avait été portée tout enfant à Malines, où elle devait revenir plus tard encore, pour y passer finalement la plus grande partie de sa vie. Elle y avait été confiée alors aux soins de la troisième femme de son aïeul maternel, Marguerite d'York, douairière de Bourgogne, qui s'était retirée dans cette ville, à la mort de son époux, et y demeura pendant son long veuvage, à partir de 1477, jusqu'à sa mort en 1505. Bien petite encore, Marguerite est conduite dès 1483 en France comme dauphine. épouse désignée de Charles, plus tard Charles VIII, fils du roi Louis XI. Au bout de dix années passées au château d'Amboise, elle est cependant rendue à son père Maximilien en 1493. Ramenée dans les Pays-Bas, elle fixe à ce moment sa résidence à Namur. Quatre années plus tard, elle épouse, en 1497, Jean de Castille, prince des Asturies, fils du roi Ferdinand d'Aragon, et va rejoindre en Espagne ce nouvel époux. Dans l'année même elle était veuve, et, après avoir donné le jour à un fils posthume, mort en naissant, elle rentrait à Malines sous l'aile de la vieille duchesse de Bourgogne, Marguerite d'York, qui l'y avait autrefois reçue enfant. Elle ne la quitte, un peu plus tard, que pour épouser, en 1501, le duc de Savoie Philibert le Beau, qu'une mort prématurée enlève à son tour en 1504. La duchesse douairière de Bourgogne, Marguerite d'York, qu'on
appelait Madame la Grande, meurt elle-même à Malines, le 23 novembre 1505. Deux années après , Marguerite d'Autriche venait s'établir dans cette ville , qu'elle ne devait plus quitter: elle y mourut en 1530. Marguerite d'Autriche avait reçu de son père Maximilien, le 18 mars 1506 (1507, n. s.), le gouvernement des Pays-Bas et de l'héritage entier de Bourgogne, lequel, par la mort du frère de la princesse, l'archiduc Philippe le Beau, venait d'échoir au fils de ce dernier, au prince enfant qui devait être un jour Charles-Quint. Après la mort de Marguerite d'Autriche, le corps de la princesse fut porté à la maison des Annonciades de Bruges qu'elle avait fondée, et, l'année suivante, près de Bourg en Bresse, dans cette magnifique sépulture do Brou, qu'on peut admirer encore aujourd'hui, et qu'elle avait construite pour elle-même, pour son dernier époux, Philibert, comte de Savoie, et pour la mère de ce prince, Marguerite de Bourbon. L'oraison funèbre de Marguerite d'Autriche fut alors pi-ononcée à Brou, le il juin 1532, par Antoine de Saix ; une autre fut prononcée à Cologne, en présence de Charles-Quint, par Jean Fabri. Agrippa en avait antérieurement composé à Malines une première qui nous a été conservée dans ses Œuvres {Opéra, t. II, p. 1098), mais dont nous ne saurions affirmer qu'elle eût été réellement prononcée comme l'ont été les deux autres.
Malgré ses trois mariages, Marguerite d'Autriche n'avait eu en réalité que deux maris, le mariage avec le dauphin de France n'ayant pas été consommé. Elle n'eut pas d'enfant du dernier ; mais elle avait eu du précédent un fils mort en naissant, comme nous l'avons dit. Cette particularité semble en contradiction avec l'épitaphe bien connue de cette princesse rapportée par M. Le Glay, entre autres, en sa notice sur Marguerite d'Autrich^ dans les termes suivants : — « Cy gist Margot la génie « damoiselle — Qu'eut deux maris et si morut pucelle. » — L'oraison funèbre composée en 1530, par Agrippa, pour la princesse contient une version un peu diiïérenle de cotte épilaphe que Marguerite avait faite pour elle-même, dans des circonstances relatées également par le panégyriste avec d'au-
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ires faits qu'il est bon de rappeler. Ces particularités, qui ne semblent pas avoir été toujours appréciées comme il convient, permettent seules de comprendre le sens exact de l'épitaphe, d'où l'on a quelquefois conclu à tort que Marguerite n'avait jamais eu d'enfants. Le texte de l'épitaphe donné par Agrippa dans son oraison funèbre est ainsi conçu : — « Gy gyst Margo « la noble damoiselle — Que fut deux fois maries et encore « est puelle. » — Dans cette dernière version, le distique se termine comme une épigramme faite pour une personne encore vivante, plutôt que comme une épitaphe proprement dite, destinée à une morte. Nous inclinerions volontiers à l'accepter de préférence à l'autre, parce qu'elle est donnée ainsi par un contemporain, avec le récit des faits qui en forment le commentaire. Mariée, dit Agrippa, à l'âge de trois ans, le 23 juin 1483, à Charles, fils de Louis XI, qui la renvoya ensuite pour épouser Anne de Bretagne, sans que ce mariage eût été consommé, Marguerite considérait néanmoins ce prince comme son premier mari. Le second était dès lors Jean de Gastille, qui en réalité est le premier. Agée de dix-sept ans en 1497, elle venait d'épouser celui-ci par procureur, et allait le rejoindre en Espagne, lorsque, dans la traversée, battue par la tempête, menacée de périr dans un naufrage, elle écrivit en français l'épitaphe badine que son panégyriste cite comme une preuve de sa force d'âme dans un pareil moment, et dont on comprend d'après ces particularités la véritable signification. 11 est, ce nous semble, permis de croire, comme nous venons de le dire, que la version donnée par Agrippa de la fameuse épitaphe contient, malgré son incorreîtion comme mesure, peut-être même en raison de cette incorrection, le texte originaire composé par la princesse elle-même ; et que celle plus correcte donnée par les historiens résulte d'un arrangement fait après sa mort. •
Malines avait pris, sous le gouvernement de Marguerite d'Autriche et au temps d'Agrippa, le caractère de ville capitale des Pays-Bas, et le conserva longtemps après elle. Cette ville ne jouissait pas auparavant de cet avantage ; elle le dut à diverses circonstances qu'il est bon de rappeler. Les ducs de
NOTE xxm.
Bourgogne, à l'époque de leur domination sur ces pays, n'avaient pas môme de résidence propre à Malines ; et, quand ils y venaient, ils prenaient gîte dans les dépendances du couvent des Récollets. Mais, en 1468, Malines était entré dans la constitution du douaire de Marguerite d'York, troisième femme de Charles le Téméraire, et cette princesse, voulant s'y fixer après la mort de son époux, y avait acheté, en 1477, une ancienne maison des évêques de Cambrai, qu'on nommait pour cette raison la Cour de Cambrai, laquelle devint dès lors la Cour de Bourgogne, et ultérieurement la Cour de l'empereur, au xvi« siècle. La vieille duchesse donnait plus tard cette demeure aux petits enfants de son mari, Philippe et Marguerite d'Autriche, qui l'un et l'autre y avaient, en divers temps, vécu auprès d'elle. Ce n'est pas là pourtant que Marguerite d'Autriche se fixa définitivement, quand elle adopta elle-même Malines pour sa résidence. Les enfants de Philippe le Beau, son frère, étant élevés alors dans l'ancien palais de Marguerite d'York, à la Cour de Bourgogne, Maximilien avait acheté tout auprès et donné à sa fille, Marguerite d'Autriche, en 1506, un hôtel qui avait appartenu au conseiller Jérôme Lauwrin, chevalier seigneur de Watervliet. où la princesse établit sa demeure. De plus, en 1520, elle reçut la ville et le territoire de Malines en viager, comme représentant sa part de l'héritage paternel. Nous avons dit précédemment par erreur (tome î, p. 101) que c'est à ce titre qu'elle jouissait du domaine utile des comtés de Bourgogne et de Charolais. C'est en réalité à une date antérieure, et comme représentation de la dot qui lui avait été assignée pour son mariage en 1483 avec le feu roi Charles, alors dauphin, que, par acte du 17 lévrier 1508 (1509, n. s.), Maximilien, empereur et son petit-fils, Charles archiduc d'Autriche prince d'Espagne, avaient accordé à. Marguerite, fille du premier, tante du second, la jouissance des comtés de Bourgogne et do Charolais, et des seigneuries de Salins, Noyers, Chastelchinon, Chaulcin et La Perrière, avec lus profits, juridictions et déi)endances y appartenant, pour en jouir sa vie durant, comme de sa chose propre. En 1519 seulement, s'ouvrit peut-
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Marguerite, par la mort de l'empereur Maximilien, son droit à la succession paternelle, et. le 28 septembre 1520. elle reçut pour cet objet, de son neveu, l'empereur Charles-Quint, outre une somme d'argent considérable, la ville et le territoire de Malines et leurs dépendances, pour en jouir également sa vie durant.
Le palais de Marguerite d'Autriche à Malines fut occupé après elle par sa nièce Marie, reine de Hongrie, qui lui succéda au gouvernement des Pays-Bas. Presque entièrement détruit par une explosion de poudre, en 1546, cette demeure fut reconstruite, mais après d'assez longs délais, par le cardinal de Granvelle qui l'habita. Elle devint ensuite, au xvii' siècle, le siège du grand conseil, qui occupait auparavant ce qu'on appelait" le vieux palais de Malines, ancienne maison de ville datant du XIV» siècle, où ce grand conseil avait été installé lors de sa création en U73.
On voit à quelle suite de circonstances la ville de Malines dut son rôle de capitale ou siège du gouvernement dan'i les Pays-Bas, au commencement du xvi« siècle, à l'époque ou Agrippa vint momentanément habiter cette contrée. Nous avons consulté avec fruit, sur les particularités qui précèdent, l'ouvrage de M. le comte E. de Quinsonas, intitulé : Matériaux pour servir à l'histoire de Marguerite d'Autriche, 1860. et la notice de M. Le Glay, à la suite de la correspondance de Marguerite avec son père Maximilien, 1839.