AGRIPPA ET I.E CONNÉTABLE DE BOURBON
Les relations d' Agrippa avec le connétable de Bourbon sont certaines; mais il plane plus d'un doute sur leur caractère précis et sur la manière dont elles ont commencé. Il est assurément permis de rattacher au souvenir de ces relations l'intention, manifestée ultérieurement par Agrippa, d'écrire l'histoire des faits de guerre accomplis en Italie par ce prince, pour le service de l'Empereur : « Gallici belli pro Ccesare in Italia per Borbonium gesti historiam concepi » (Ep. VU, 21). On a prétendu qu'Agrippa s'était borné à tirer des horoscopes pour l'ennemi du roi. Il était certainement question d'autre chose entre eux. Lu duc lui avait fait des propositions et l'avait appelé à lui. Agrippa le dit plus tard formellement dans son mé-
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moire à la reine Marie : « In Lugdunensem Galliam concessi c< quousque a duce Borbonio primum, dein eliam a Mercurino « cancellario evocatus (fuissem) » (Ep. VII, 21). De qaoi s'a gissait-ii dans ces propositions? Une lettre d'Agrippa au duc nous donne sur ce sujet de sérieux indices. Agrippa y remercie le prince de l'offre d'un commandement qu'il lui a faite ■ « De oblata mihi ab Excellentia Tua pro^fectura, inlinitas gra - « t.as ago » CEp V. 4). En même temps, il indique, de son côté. aU duc de Boarbon les services qu'il peut lui rendre : « Quid « ^;°«tesfacturisint pr^videris...atqueinhis quantum tibi pL- << tare va eam hic preesentium lator indicabit atque alia multa . 7' Z' ^' qu'il ne s'agît en cela que d'ob-
e. valions, de calculs et de prédictions astrologiques^ Sous ^:!::::^.^jr'"'' présages, auxque. Agripja'd.anir: H es vl ' -T ''''' '^^'"^ °° bien
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nem.. Mais, quand on est chez cet ennemi lui-même, on peut
les pour voir ce qu U prépare, alin d'en informer son adversaire. Ces fausse rapportent à l'année 1527. Ils donnent bien l'idée
remonter beaucoup plus haut, et jusqu'en 1523, les rannorts crui ont existé entre Agrippa et le duc de Bourbon On pourra ou tau J.US les rattacher à ce que dit Agrippa l'annéeprS
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mus milhus obseqmum traducere conabantur. Quid iu illis
500 APPENDICE
c< tune responderini. quidque egerim, teslabuntur cum ejusdem c< ducis aliquol capitanei, lum illi primipilares nobiles ab Ey- « lens, agnati mei, qui cum Borbonio faverent, ego lUos... in- « duxi../devolos régi » (Ep. IV, 6-2). Une letlre sans date, de cette époque, contient une invitation à Agrippa de venir au camp du duc de Bourbon (Ep. IV, 65). Il avait pu être question antérieurement déjà de ces provocations; mais rien, vraisemblablement, n'avait encore été fait alors.
Il est difficile, on le voit, d'admettre que les relations dAgrippa avec le duc de Bourbon remontent jusqu'à 1523, année de la sortie de ce dernier du royaume, antérieurement par conséquent à l'arrivée d'Agrippa en France; ce qui mettrait celuici en communauté d'idées et d'intérêts avec les ennemis du roi François I". avant même d'être entré au service de ce prince. C'est ce qu'on a cru pouvoir avancer cependant. C'est notamment ce que dit M. A. Daguet dans son travail Agrippa chez les Smsses. Il ne propose d'ailleurs pas d'autre preuve du fait qu une lettre de 1523 (Ep. 111,40). dans laquelle Agrippa seinble recommander simplement à son disciple Christophe SchiUmg un ami de vingt ans. Godefroy BruUart. trésorier de France a litre de curieux investigateur des secrets de la nature : « Homo « arcanarum rerum curiosus explorator... Mihi ante annos vice ginti peramicissimus, -. ajoutant que Christophe Schilling pourra rencontrer cet admirateur de la nature chez le général Nurbec à Berne. La lettre est écrite de cette ville, où Agrippa , est lui-même à ce moment. Certaines expressions de la missive paraissent, il est vrai, indiquer, en outre, l'existence de quelque secret entre Agrippa et son ancien disciple. Christophe Schilling : « Neque insuper audeo quod inter nos secretissi- „ mum esse velim, malè tutis committere literis... Caeterum « nuce inter nos ex antiquo adhuc negotia sunt. de us alias scri- « bam latius ex Friburgo. >. On ne saurait deviner ce que sont ces anciens secrets entre Agrippa et son disciple; mais rien n'autorise à penser qu'il soit ainsi question de négocia ion commencées, prétend-on, alors entre Agrippa et le connétable
do Bourbon.
NOTE xxvr.
AGRIPPA ET CATHERINE DARAGON REINE d'anGLETERRE
On connaît les tentatives faites auprès d'Agrippa pour l'engager à se charger de la cause de Catherine d'Aragon, tante de Charles-Quint, dans l'affaire de son divorce avec Henri VIII. Nous avons exposé, dans notre chapitre vu (t. II, pp. 261-277), les instances pressantes que lui adresse pour cet 'objet son am'i Chapuys, alors envoyé de l'empereur près du roi d'Angleterre. Nous avons dit aussi que, malgré certaines dispositions favorables manifestées par Agrippa, il est plus que douteux qu'il ait rien fait, rien écrit notamment pour la reine Catherine. On ne trouve, en effet, rien pour cette cause dans les ouvrages d'Agrippa. Il s'explique même quelque part à ce sujet de telle sorte qu'il n'y a aucunement lieu de penser qu'il s'en soit jamais sérieusement occupé. Dans le mémoire adressé par lui, en 1532, à la reine Marie, gouvernante des Pays-Bas, près de laquelle il s'efforce de faire valoir, non sans les exagérer beaucoup, les services de tout genre dont il a pu s'acquitter envers l'empereur, il dit bien, à propos de la reine d'Angleterre, proche parente du souverain, qu'il avait accepté de la défendre, mais non pas qu'il l'ait en effet défendue. En disgrâce à ce moment à la cour des Pays-Bas, il ajoute qu'il n'attend que le retour de la faveur de la reine Marie et ses ordres pour continuer l'œuvre commencée : « Negotium pro... Anglia3 cele- « bratissima regina meis liumeris impositum suscepi... Idque « jam aggressus prosequar, si tua celsitudo insuper jusseril. « Allas refrigescet animus, si mihi extra gratiam laborandum ont (Ep. VII, 21). Or la faveur de la reine Marie était en ce moment déjà, on le sait, perdue pour Agrippa sans retour, et les ordres de la princesse furent vainement attendus par lui, on a tout lieu de le croire. Il est permis de conclure de
APPENDICE
ces considérations qu'Agrippa ne fit rien et n'écrivit rien pour la reine Catherine d'Aragon, dans l'affaire de son divorce avec le roi d'Angleterre. C'est, du reste, l'opinion de Bayle (Dicl. histor., t. I, p. 156, note o); c'est aussi celle de M. A. Daguet {Agrippa chez les Suisses, p. 37).