‹ Corneille Agrippa (volume 2)Chapitre 38 sur 46 · AU XV1° SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XV1° SIÈCLE

Nous avons indiqué succinctement, au commencement de notre chapitre vu (t. H, pp. 189-192), quel était le régime politique et administratif des Pays-Bas au commencement du xvi' siècle, époque à laquelle Agrippa vécut dans cette contrée. Nous avons dit notamment ce qu'étaient le grand conseil, cour souveraine de justice qui remontait à 1473, et les deux conseils de gouvernement que Charles-Quint y avait institués en 1517, le conseil privé et le conseil des finances. Il est souvent question de ces conseils dans la Correspondance d'Agrippa, de 1528 à 1532; mais il est parfois assez difficile de les distinguer l'un de rkutre, dans ce qu'il en dit, et de les reconnaître sous les formes arbitraires de son latin factice.

Le conseil des finances et le conseil privé sont assez clairement désignés néanmoins dans le passage suivant : « Marga- « reta princeps... jussit... cœsareos publicanos quos finantia- « tores vocant... mihi... statuere stipendium, quod dum... « prosequerer nunc apud Hochstratum comitem, nunc apud <c Panormitanum protopreesulem, hoc publicanorum, illo pri- « vati consilii prœsidibus... bono animo esse jubent. » (Ep. VII, 21). Le grand conseil, ou parlement, et le conseil privé se reconnaissent aussi dans une requête adressée à l'un d'eux : « Praesidi et senatoribus Cresarei parlamenti apud Mechli- <!. niam » {Op. II, p. 2G3), où il est fait mention d'une décision

de l'autre : « assensus est privali consilii senatus » {Op. Il, p. 329). Le même rapprochement est reproduit encore avec la môme significalion dans cet autre passage : « Hinc ad priva- « tum Gœsaris consilium remissi, inde ad parlamentarum {sic) « senatum Mechliniam relegati...versabantur... Tandem... sup- « plicavi apud utrumque senatum » {Op. Il, p. 258), — D'un autre côté, c'est évidemment le conseil privé de Malines qui, dans les écrits d'Agrippa. est désigné par les expressions « Gfesareas majestatis consilium privatum » (Ep. VI, 21. 22); « Privatum Ca;sareum concilium per Inferiorem Germaniam et « Burgundiam » (Bp. VI, 10, 23); « Privati concilii senatus » {Opéra, t. II, p. 329). — Il y a moins de certitude dans l'interprétation des dénominations suivantes qui pourraient désigner le grand conseil ou parlement, mais qui pourtant peuvent aussi parfois s'appliquer au conseil privé : « Goncilium Gœsareum » (Ep. VI, 23 ; VU, 26) ; « Senatus Gœsareus apud Mechliniam » (Ep. VI, 7); « Senatus Mechliniensis (Ep. VII, 14).

Les conseils de justice et de gouvernement des Pays-Bas siégeaient au xvi" siècle à Malines, qui servait alors de résidence à la princesse gouvernante de la province, et qui avait pris le caractère de capitale dans cet Étal, comme nous l'avons montré précédemment (Append., n" XXIII),

'x.s.xrwi

l'imprkssion des ouvrages d'agrippa

L'impression des ouvrages d'Agrippa ne date que des dernières années de sa vie. Ce n'est pas que précédemment ses amis ou lui n'aient pensé déjà, et à diverses reprises, à leur publication. Voici, dans leur ordre chronologique, quelques passages extraits de sa Correspondance qui en témoignent :

Le premier en date appartient à une lettre de Cantiuncula qui, le 12 dos calendes d'août 1519, écrit de Baie à Agrippa :

APPENDICE

« Tiiam apologiam adversus Glaudium Salini si miseris liic ex- « CLidendum curabo » (Ep. an. 1534 impressa}. Celle proposition de Cantiuncula à Agrippa pourrait bien avoir été provoquée par quelque ouverture de celui-ci, analogue à la suivante adressée la même année à Lefèvre d'Etaples, à propos encore du factum contre Salini : « Defensionem propositionum nostrarum... tra- « didimus adversario illo theologastro... libi vero, quod maxime « debeo, duplum missurus eram, nisi deesset mihi notarius... «c Mittam autem alias vel manu scriptam (copiam), vel typis ex- « cussam » {Ep. II, 35). Je veux publier tout cela, écrit-il de Cologne, en février 1520, à Brennonius ; Ego intérim scripta « nostra simulque illa quse ipsemet Claudius Salini in chartam « effudit... in lucem dabo » (Ep. II, 43). Il semble même être alors entré en pourparler avec les imprimeurs pour cet objet, car, le 4 mai suivant (L520), il dit à Brennonius : « Ego jam cum « typographis conveni quô nostra opuscula excudantur » (Ep.II, 50).

Les difficultés, la dépense et l'incertitude de recouvrer les frais d'une publication semblent avoir arrêté l'auteur dans la voie où il était près d'entrer. Dans une lettre du 22 janvier 1524, il s'explique ainsi à ce sujet : « Hœc omnia aliquando in publi- « cum daturus essemmodô ne et operam et impensam omnino « perditurus sim » (Ep. III,. 56). Celle année même, Brennonius lui écrit de Metz qu'il vient d'hériter de tout un attirail d'imprimeur : « Mulier quaedam apud nos e vita discessit, quœ «c singula arlis impressorias instrumenta ac necessaria mihi « testartiento donavil, quibus per otium quandoque insudare « potero » (Ep. III, 61). Que ne puis-je te donner à imprimer mes ouvrages, réplique aussitôt Agrippa : « Relicta tibi typo- « graphiœ instrumenta gaudeo ; atque utinam essent pênes te « opuscula mea , ut excuderes. Sed deest mihi notarius, et « mihi nonnisi unica sunt exemplaria. Curabo tandem aliqua « duplari, tibique excudenda remitti » (Ep. III, 62). Agrippa s'était adressé aussi à Cantiuncula qui vivait à Bâle auprès du célèbre imprimeur Froben et qui lui écrit, le 12 novembre 1524 : « Bgi cum ipso Frobenio de tuo opère adversus Doniinicanum

« monachum, imo de omnibus tuis operibus imprimendis. Is ait, M ubi reddita fuerint, se curaturum ne quicquam eorum quœ « ex bono et tequo prœstare debuerat posthabuisse videatur » (Ep. III, 64). Un peu plus tard, en 1527, répondant au religieux augustin d'Anvers, Aurelio d'Aquapendente, qui lui avait demandé des livres, Agrippa lui parle de l'intention où il est de publier sa philosophie occulte : « Quos postulas libres, ali- « qui illorum aliquando faerunt pênes me; sed jam non sunt. « Qui vero pênes vos circumferuntur libri adolescentiœ meae « de occulta philosophia intitulai!, horum priores duo in mul- « tis deliciunt; tertius totus mancus est, nec nisi scriptorum « meorum epitoma quoddam continet. Sed ego totum opus, fa- « vente Domino, integrum recognitumque aliquando in lucem « dabo » (Ep. V, 14). Le IG avril 1529 enfin, à la veille de commencer l'impression des petits traités, il écrit à Max. Transsylvanus, à propos de l'un d'eux, le traité de la prééminence du sexe féminin, composé jadis pour la princesse Marguerite : « Quod si nunc tua prudentia hoc meum consilium « non improbaverit, faciam ut libellus iste cum plerisque aliis « meis progrediatur in publicum » [Opéra, t. II, 513).

La même année, en effet, paraît à Anvers le traité de la prééminence du sexe féminin, dans un volume qui contenait en même temps quelques autres écrits de peu d'étendue. C'est le plus ancien livre imprimé, ayant date certaine, que l'on possède des œuvres d'Agrippa. Quelques mois plus tard, il obtient, pour la publication de ses autres ouvrages, un privilège impérial expédié à Malines le 12 janvier 1529 (1530, n. st.). L'impression des grands traités commence alors (1530;. Les autres écrits d'Agrippa ne tardent pas à paraître également. Nous avons expliqué la marche de ces publications dans notre chapitre i" (t- J, pp. 39-44), et dans nos chapitres vu et viii (t. II, pp. 278, 359, 394, 399). On remarquera, si l'on s'y réfère, qu'un des derniers ouvrages donnés ainsi au public, on 1534 seulement, est celui qui concerne la polémique pour la monogamie de sainte Anne, le premier cependant de ceux qu'Agrippa ait eu, parait-il, dès 1519, la pensée de faire imprimer.

APPENDICE

Le plus ancien livre imprimé avec date certaine que nous possédions des œuvres d'Agrippa, est, comme il vient d'être dit, de 1529. Mais il y a vraisemblablement lieu de faire passer chronologiquement avant lui deux livres sans date, et sans nom de lieu ni d'imprimeur, qui paraissent remonter à 15Î6 au moins. L'un d'eux contient le traité « de Sacramento matrimo- «c nii » avec sa traduction française; très petit in-S", imprimé en caractères gothiques dont nous avons parlé précédemment déjà (t. II, p. 119). Nous avons sous les yeux un exemplaire de ce livre appartenant à la Bibliothèque nationale (Invent, n" 65136). Il y a lieu d'en rapprocher un autre livre conservé à la bibliothèque de l'Arsenal fS. A. 8°, 2409), qui contient une traduction française du traité de la prééminence du sexe féminin, imprimé également et dans le même format en caractères gothiques, avec la marque de Lyon, 1537 « chez François Juste devant Nostre- (t Dame de Confort ». Ce rapprochement donne à penser que le traité « de Sacramento matrimonii » avec sa traduction française sort aussi des presses de Lyon. Qua.nt à sa date probable, elle est fournie par la correspondance même d'Agrippa qui, le 18 avril 1526, annonce l'envoi du volume à un ami de Chambéry : « Mitto... declamatiunculam de matrimonio lalinam, « eamque in vulgare gallicum idioma traductam... mitto etiam « prognosticum quoddam. idque meum ex quo judicabis quam « egregius evaserim astrologus » (Ep. IV, 4). L'ami d'Agrippa lui accuse réception de ce double envoi, en disant qu'il a reçu les petits livres « libellules » qui lui ont été expédiés (Ep. IV, 5). L'expression « libellules'» s'accorde assez bien avec le caractère de livres imprimés en très petit format, comme celui dont nous parlons. Il serait possible que cette édition du traité « de Sacramento matrimonii » suivi de sa traduction, eût été exécutée pour être présentée à la sœur du roi, Marguerite, duchesse d'Alençon, à l'intention de qui l'ouvrage avait été composé et à qui Agrippa l'adressait en cette même année, 1526, avec; une épître dôdicatoire qui porte cette date, sinon dans l'édition originaire, du moins dans celle de la Correspondance générale (Ep. IV, 1). Une particularité qui vient à l'appui de

coite hypothèse, c'est que, en 1526, Agrippa, mentionnant dans une lettre à Chapelain l'envoi du traité à la mère et à, la sœur du roi, semble indiquer qu'il s'agit, en effet, non de copies manuscrites, mais de livres : « libellos illos meos, » dit-il (Ep. IV, 3). Ces expressions rappellent les « libellules » envoyés alors également à l'ami de Chambéry et dont l'un renfermait le même ouvrage.

Les petits livres consacrés à la publication du traité « De Sacramento matrimonii, » avec sa traduction, et du « Prognosticum, » peuvent remonter, on le voit, jusqu'à l'année 1526 au moins. Ils seraient, dès lors, les plus anciens livres imprimés que l'on possédât des œuvres d'Agrippa. Signalons en outre ce fait, que le passage cité à cette occasion de la lettre du 18 avril 1526 (Ep. IV, 4), contient la seule indication que nous connaissions touchant le « Prognosticum idque meum » dont

Agrippa se déclare ainsi l'auteur.

On trouvera un complément d'informations sur la publication des œuvres d'Agrippa dans les notes de l'Appendice qui viennent ci-après.

LA PUBUCATION DU TRAITÉ DE l'inCERTITUDE ET DE LA VANITÉ DES SCIENCES

Le premier des grands traités à la publication duquel pense Agrippa, est le traité de l'incertitude et de la vanité des sciences, un de ceux mentionnés dans le privilège impérial du 12 janvier 1529 (1530, n. s.). La première édition de cet ouvrage est donnée dès l'automne 1530, à Anvers, par l'imprimeur Jean Scryver Johannes Grapheus, en un volume in-4o, signé àla fin: « loan, Grapheus excudebat, anno a Ghristo nato m.d.xxx, mense « septembri, Antuerpiee. » Cette première édition est suivie, à bref délai, de plusieurs autres exécutées à Anvers de nouveau, à Cologne cl à Paris, en 1531 et 1532, dont la classification

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nous a donné quelque peine parce que la plupart ne nous sont connues que par de simples descriptions, et que leur véritable origine a pu être parfois dissimulée par des altérations ou des suppressions de date, de nom de lieu et de nom d'imprimeur, à cause de la condamnation dont la Sorbonne avait frappé l'ouvrage dès le 2 mars 1531. Ces descriptions se trouvent dans deux ouvrages de bibliographie, l'un de David Clément, Bibliothèque curieuse historique et critique, Gœttingen, 1750; l'autre de Panz&r, Annales typographici de 1501 à 1536, Nuremberg, 1793, 1803. Les indications que nous y trouvons, rapprochées de celles que nous avons pu emprunter à quelques rares exemplaires des livres d' Agrippa conservés dans nos bibliothèques, nous ont permis de reconnaître trois types différents pour le titre du traité, lesquels paraissent caractériser, d'une manière distincte, les éditions de ce traité données soit à Anvers, soit à Cologne, soit à Paris.

Aux éditions d'Anvers appartiendrait le titre ainsi conçu : « Splendidse nobilitatis viri et armatie militias equitis aurati ac « utriusque juris doctoris, sacrée Cœsarese maiestatis a consiliis « et archiuis indiciarii, Henrici Cornelii Agrippée ab Nettesheym, « de incertitudine, etc.. declamatio » (Append., n» XXXIV, 5, 7, 12). Aux éditions de Cologne, le titre : « Henrici Cornelii « Agrippée ab Nettesheym, de incertitudine... etc.. declama- « tio invectiva , qua universa illa sophorum giganlomachia « plus quam Herculea impugnatur audacia, doceturque, etc.. » Ubid., 6, 11, 15). Aux éditions de Paris, le titre : « Henrici « Cornelii Agrippée ab Nettesheym splendidissimte nobilita- « tis viri et armatee militiae equitis aurati ac LL. doctoris sa- « crée Ceesareee maiestatis a consiliis et archivis indiciarii, de « incertitudine, etc.. declamatio » {Ibid., 8, 17). Ce dernier titre ne se présente absolument dans ces termes qu'en tête de l'exemplaire formellement daté de Paris, 1531 (Ibid., 8). Dans l'exemplaire sans nom de lieu daté de 1532 (Ibid., 17), le nom d'Agrippa ne vient qu'après l'énoncé de ses titres, comme au frontispice des éditions d'Anvers. L'exemplaire de 1532 se rapproche par là de ces éditions d'Anvers. Mais il se rapproche de l'édi-

NOTE XXIX

tion de Paris, 1531, par l'emploi du superlatif 5|)/endidmm« au lieu de splendidx. Il n'y a là que des nuances. Le lieu d'origine de l'édition de 1532 reste donc quelque peu douteux. Nous sommes d'accord dans son attribution à la typographie parisienne avec David Clément, qui y voit le résultat d'une exécution clandestine effectuée à Paris après la condamnation de l'ouvrage par la Sorbonne le 2 mars 1531 (Append., n» X).

D'après ces indices et quelques autres dont nous omettons la mention pour abréger, nous classons comme il suit huit éditions du traité de l'incertitude et de la vanité des sciences exécutées, si l'on s'en rapporte à, leur date, du vivant d'Agrippa; toute réserve faite pour celles de ces éditions qui pourraient rentrer dans la catégorie des publications clandestines revêtues de marques fictives, qui, de tout temps, ont été faites de ses ouvrages ;

1° 1530 septemb. Anvers. — Antuerpise. Joan. Grapheus. In-4°. (Append., n» XXXIV, 5) ;

2° 1531 januar. Cologne. — Apud Eucharium (Cervicornu) Agrippinatem. (sans nom de lieu). In-S" [IMd., 6);

3" 1531 januar. Anvers (?j. — (sans nom de lieu ni d'imprimeur). In-8° (Ibid., 7);

4° 1531 februar. Paris, — Parisiis. Apud Joannem Petrum in vico sorbonico. In-8° [lUd., 8);

5° 1531, Cologne.— Coloniœ. M.N. (Melchior Novesianus). In-S" (Ibid., 11);

6" 1531, Anvers. — Apud florentissimam Antverpiam. Ex officina nostra (sans nom d'imprimeur) In-8°. [Ibid., 12);

7" 1532 januar. Cologne (?). — (sans nom de lieu ni d'imprimeur). In-8o {Ibid., 15);

8» 1532 septemb. Paris (?). — (sans nom de lieu ni d'imprimeur). In-S» {Ibid., 17) ;

^ Nous mentionnerons encore avec ces éditions datées, deux éditions sans date, qui pourraient être à peu près de la même époque, et que certaines particularités permettent d'attribuer peut-être, en les rapprochant de celles mentionnées ci-dessus, l'une (Apijond., n» XXXiV, 25^ aux presses d'Anvers (ci-

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dessus n" 6), l'autre (Append., n» XXXIV, 26) aux presses de Paris (ci-dessus n» 4).

Il avait été fait, on le voit, du vivant même d' Agrippa, bon nombre déjà d'éditions de son traité de l'incertitude et de la vanité des sciences. Elles se sont, en outre, plus que celles d'aucun autre de ses ouvrages, multipliées après sa mort. Sans être certain de les connaître toutes, nous pouvons en mentionner une vingtaine sous les dates de 1536, s. I.; 1537, s. 1.; 1539, s. 1.; 1544, s. 1.; 1S64, Lugdun,; 1568, Colon.; 1575, Colon.; 1584, Colon.; 1598, Colon.; 1609, s. 1.; 1621, Lugdun.; 1625, Lugdun.; 1643, Lugd. Batav.; 1644, Lugd. Batav.; 1653, Haga; Corn. ; 1662, HagsB Com. ; 1693, Francf. et Lips.; 1714, Francf. et Lips.; indépendamment de quelques-unes sans date, et de celles qui font partie des recueils des Œuvres complètes (Append., n° XXXII). Nous signalerons encore comme preuve de l'attention accordée à cet ouvrage, les traductions qu'on en a publiées : en italien en 1547, Venet. ; 1549,Venet. ; 1552, Venet. ; en anglais, en 1569, London; 1575, London ; 1596, London; 1676, London; 1694, London ; en français, en 1582, s. 1. ; 1603, Paris; 1605, s. 1.; 1608, s. 1.; 1617, s. 1.: 1623, s. 1. ; 1630, Lyon; 17)4, Paris; 1726, Leyde; 1727, La Haye; en hollandais, en 1651, Haerlem; 1661, Rotterdam; en allemand, en 1713, Cœln; et sans date, Ulm.

I,A PUBMCA.TION DE LA PIULOSOPllIli OCCULTE

La publication de la philosophie occulte, commencée à la l'ois à Anvers par Joan. Grapheus et à Paris par Christian. Wcchelus, s'était arrêtée en même temps, en 1531, dans l'un et l'autre lieu, après l'impression du livre I (Appendice, XXXIV, 9, 10). Cette double édition porte le millésime de 1531, accompagné en outre de l'indication du mois de février, sur le

NOTE XXX

volume publié à Anvers. L'impression de ce dernier au moins avait dû commencer dès l'année 1530, car, au 10 janvier 1531, les cinq premiers cahiers du volume étaient terminés et déjà entre les mains d'un ami d'Agrippa, qui pouvait les montrer alors à l'archevêque de Cologne, ainsi qu'il l'écrit à cette date : « Domino principi Goloniensi... signiflcavi... (librum) de oc- « culta philosophia... et quôd jam imprimeretur Autuerpiœ; « ostendique quaterniones quinque, quos apud me habebam.... « Curia intra dies quinque hinc abibit Aquisgranum ; ubi, « facta coronatione, rex Ferdinandus revertetur in Germa- « niam... Ex Golonia, décima die Januarii anno 1531 » (Ep. VI, 14). Il y a quelque intérêt à relever, dans cette lettre du 10 janvier 1531, la mention tout à la fois de l'impression en cours d'exécution du livre I«' de la philosophie occulte, et du couronnement prochain du roi Ferdinand, lequel eut lieu en effet à Aix-la-Chapelle, le 13 janvier 1531. La date de ce dernier fait, historiquement fixée, montre que ce n'est pas à février 1531, a. s., c'est-à-dire à 1532, mais bien à février 1531, n. s., qu'appartient la publication de ce livre du traité d'Agrippa. Tels sont les faits qui concernent l'impression du livre I" de la philosophie occulte en 1531.

A peu de temps de là, un libraire de Cologne, Pelrus Quentel, voulant reprendre le travail et donner du traité une édition complète, s'était adressé pour cet objet à un imprimeur de cette ville, Melchior Novesianus, qui venait d'exécuter, sous la date de 1531, une édition du traité de l'incertitude et de la vanité des sciences. L'entreprise de Petrus Quentel n'aboutit pas, comme on le voit par la manière dont il en est parlé par Agrippa et par le libraire Hetorpius (Ep. VII. 33, 34), lorsqu'on 1533 celui-ci entreprit à son tour la publication du fameux trailé imprimé alors pour lui à Cologne parle typographe Jean Soter. Se voyant arrêté dans cette opération par les oppositions de l'inquisiteur Conrad d'Ulm (Ep. VII, 26), Hetorpius avait ressaisi les traces de l'affaire ébauchée antérieurement par Petrus Quentel. Il avait trouvé la preuve d'une autorisation obtenue par celui-ci do Courad d Ulm "lui-môme, dans une lettre où

APPENDICE

l'inquisiteur disait alors qu'il n'y avait pas lieu d'empêclier la publication d'un livre tout consacré aux choses naturelles et ne tendant nullement à séduire les simples : « Non vellem contra- « niti quoniam liber plenus est naturalibus, nec porrigit se ad « simplicium seductionem.. Sinite imprimi si volunt(Ep. VII, 33). En possession de cette lettre, Hetorpius prétendait, non sans raison, en tirer argument contre l'opposition présente de l'inquisiteur. Il n'y réussit pas sans peine, comme nous l'avons dit (t. II, pp. 366-381\ L'œuvre put cependant être menée à bonne lin. Son livre est celui daté de 1533, que nous possédons. C'est la première édition complète qui ait été faite du traité de la philosophie occulte (Append., n» XXXIV, 18, 19). Ce que nous en avons dit d'après la Correspondance d'Agrippa (t. II, pp. 359-381) ne laisse subsister aucun doute sur ce qui la concerne. Nous rappellerons notamment que cette impression avait été faite. Agrippa le déclare formellement (Ep. VII, 31), sur le manuscrit unique existant alors de l'ouvrage encore inédit pour la plus grande partie. Cette observation prouve qu'aucune autre édition du traité ne peut avoir été exécutée ailleurs en même temps. Elle démontre l'inexactitude d'une indication fournie par le catalogue de La Vallière (Paris, 1767), où est mentionné (n» 1667) un exemplaire d'une édition de la philosophie occulte, portant les marques de Matines, 1533. Nous ferons valoir à l'appui de la même démonstration un renseignement que nous devons au savant auteur de la Bibliotheca Belgica. M. van der Haeghen juge inexacte l'indication en question parce que, dit-il, t'imprimerie n'a été introduite qu'à la fin du xvr' siècle seulement à Malines, et que le premier livre imprimé dans cette ville porte la date de 1582. David Clément, qui avait trouvé la même indication dans la Biblioth. Selecliss., de M. Schoenberg (1743), l'explique en disant (Z?i&Z. Our., t. I, p. 92) qu'il s'agit de l'édition donnée à Cologne en 1533, sans nom de lieu, mais avec l'épître dédicatoire datée de Malines, 1531; ce qui avait induit à penser (jue le livre avait été imprimé dans cette ville.

L'indication des marques de Malines, 1533, n'est peut-être

NOTE XXX

pas aussi inexacte qu'elle semble l'être. Il pourrait se faire que ces marques figurassent réellement sur des exemplaires de la philosophie occulte, à titre d'indications fictives, comme en ont reçu beaucoup d'éditions clandestines des œuvres d'Agrippa exécutées dans ces conditions, en raison des condamnations qui avaient frappé ses écrits. Ainsi pourrait s'expliquer également une assertion singulière de M. Guizot (Biogr. Michaud), suivant laquelle l'année 1533 aurait vu paraître simultanément quatre éditions de la philosophie occulte, à Malines, à Bâle, à Lyon et sans nom de lieu. Celle-ci est nécessairement l'édition de Cologne. Nous venons de dire ce que pouvait être celle attribuée à Malines, d'oi:i l'on peut inférer que telles étaient probablement aussi les prétendues éditions de Bâle et de Lyon. On doit considérer comme portant des marques fictives toute édition de la philosophie occulte datée de 1533, autre que celle donnée cette année à Cologne, sans nom de lieu. C'est la première qui ait été exécutée du traité complet. Les dédicaces à l'archevêque de Cologne, qui précèdent chacun de ses trois livres, rappellent par quelquesuns de leurs traits, les phases de la publication laborieuse commencée en 1531 et terminée en 1533, dont nous avons fait l'histoire.

Une singularité dont il est difficile de donner une explication satisfaisante, c'est qu'il a été exécuté de la publication de 1533, deux tirages différents qui sont comme deux éditions distinctes de l'ouvrage (Append., n» XXXIV, 18, 19). Nous les avons tous deux sous les yeux. Le premier, représenté par deux exemplaires appartenant l'un à la Bibliothèque nationale (Z 1983 A), l'autre la bibliothèque de l'Arsenal (S. A. in-f° 1252); le second, par un exemplaire appartenant à ce dernier dépôt (S. A. inf" 1251). Ces deux éditions sont également terminées par la signature « finis anno m.d.xxxih mense Julio. » Elles sont l'une et l'autre de format petit in-folio, et comptent le môme nombre de pages. La seconde est caractérisée par la correction elfectuée de certaines fautes, par une plus belle impression de la lettre de privilège, par l'emploi de quelques initiales ornées

MA

APPENDICE

de meilleur style, et, chose notable qu'on a quelque peine à s'expliquer, par la suppression d'un portrait qui figure au frontispice de la première. La présence de ce portrait pourrait être considérée comme une amélioration donnant à l'édition qui le possède un caractère de postériorité par rapport à l'autre. Plusieurs bibliographes en ont jugé ainsi. Des améliorations d'un autre genre, la correction, par exemple, de certaines fautes dans l'édition privée du portrait, invitent au contraire à considérer celle-ci comme la seconde ; le portrait ayant pu en disparaître à cause, par exemple, de quelque accident arrivé à la planche. Ce portrait, gravé sur bois, paraît être le plus ancien qu'on ait d'Agrippa. Si nous n'afQrmons pas positivement le fait, c'est que nous n'avons pas pu voir tout ce qui, à cette date de 1533, était déjà imprimé de ses ouvrages. Il n'est pas inutile de faire observer que ce portrait est contemporain du personnage dont il reproduit les traits et qu'il a été exécuté et publié dans sa ville natale, en un lieu où Agrippa était bien connu, et où il avait reparu depuis peu, non sans un certain bruit autour de sa personne, après en être resté assez longtemps éloigné (Append., n° XXXIII).

La double publication, donnée à Cologne en 1533, de la philosophie occulte est, avons-nous dit, la première édition complète qui ait été imprimée de ce célèbre traité. C'est aussi la seule qui en ait paru du vivant de son auteur. Nous n'en connaissons pas après celle-là de plus rapprochée qu'une édition de 1541, sans nom de lieu ni d'imprimeur ; puis une autre de 1550, imprimée à Lyon par les frères Godefroid et Marcel Béring; une exécutée à Bàle en 1565, une encore à Paris en 1567, et une marquée à Lyon s. d. (Paris, 1567? Catal. mus. brit.); une dernière, enfin, exécutée longtemps après, en 1713, à Lyon. Mentionnons avec ces publications celles données du môme traité dans les recueils des Œuvres complètes, et, pour tout dire de ce que nous savons à ce sujet, une traduction anglaise publiée à Londres en 1651, une traduction française imprimée à La Haye en 1727.

On trouvera un peu plus loin (Append., n» XXXII) quelques renseignements sur la publication du livre IV de la philosophie

NOTE XXX

occulte, addition apocryphe faite à l'ouvrage d'Agrippa en 1565 ou 1567, longtemps après sa mort. L'édition de Paris, 1567, de la philosophie occulte est signalée, observation essentielle, par David Clément {Bibl. cur., t. I, p. 93) comme étant la plus ancienne du traité avec l'addition du livre IV. Celle donnée en 1565, à Bâle, présenterait déjà cette particularité d'après une indication fournie par M. van der Haeghen qui mentionne l'existence d'un exemplaire de cette édition en ces termes, « Libri ly de occulta philosophia: Basil. 1565 », à la bibliothèque de l'université d'Ulrecht.

LA PUBLICATION DE l' APOLOGIE ET DE LA PLAINTE CONTRE LES THÉOLOGIENS DE LOUVAIN

Agrippa ne réussit pas facilement à publier son Apologie sur les accusations portées contre lui par les théologiens de Louvain. Lo ton agressif de ce factura faisait, avec raison, reculer les éditeurs. Au lieu de voir le jour en 1532, comme l'aurait voulu l'auteur, il ne parut qu'en 1533, sans nom de lieu ni d'imprimeur. La Correspondance imprimée fournit quelques renseignements sur les difficultés que rencontra celte publication (ci-dess. t. II, pp. 312, 324. 394j. Agrippa dit formellement à un ami, le 13 novembre 1532, que l'Apologia est sous presse à Bâle, avec une dédicace au cardinal Campegi, et qu'il y a joint la Querela dédiée à Chapuys (Ep. VU, 1-1). Nous avons, en outre, sous la môme date, une lettre adressée par lui à l'imprimeur Gratander, à Bâle, pour lui rappeler que la copie de cet ouvrage lui a été remise à la dernière foire de Francfort (Ep. VII, 16). Agrippa lui demande où en est l'exécution; il le presse d'en finir, et le prie de lui envoyer quelques exemplaires du livre dès qu'ils seront prêts. Ceci est d'accord avec ce qu'Agrippa écrit encore, sous la date du 11 janvier 1533, qu'il

APPENDICE

va paraître à Bàle un ouvrage théologique composé par lui, ii la recommandation du légal (Bp. VII. 26). D'un autre côté, dans une lettre adressée à Erasme, le 10 avril 1533, il dit qu'il a donné à imprimer à Bàle son libelle contre les théologiens de Louvaiti, mais que l'ouvrage lui a été renvoyé sans qu'on eût rien fait, parce qu'on le trouvait offensant pour quelques-uns. Il faut maintenant, ajoute-t-il, le faire imprimer ailleurs (Ep. VII, 38).

De tout cela il ressort que VApologia avec la Querela n'ont pu paraître qu'en 1533 au plus tôt, et qu'Agrippa eut quelque peine à trouver un imprimeur pour les publier. La plus ancienne édition qu'on en trouve porte, en effet, cette date de 1533, sans indication de lieu ni d'imprimeur. On croit qu'elle a été exécutée à Cologne. Celte édition réunit à VApologia la Querela, adressée sur le même sujet à Chapuys (Append.,

n» XXXIV, 21).

Nous n'avons trouvé que deux éditions de l'apologie et de la plainte : celle de 1533, dont il vient d'être question, la seule qui ait été publiée du vivant de l'auteur, et dont un exemplaire se trouve relié à la suite d'un ouvrage qui n'est pas d' Agrippa, à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris (H. 1203. 2) ; l'autre de 1605, imprimée à Lyon par les frères Béring avec deux autres traités d' Agrippa réunis dans le môme volume: la polémique pour la monogamie de sainte Anne et la table des Commentaires sur l'Ars brevis de Raymond Lulle. Nous avons vu a Paris trois exemplaires de cette édition de 1605, à la bibliothèque Sainte-Geneviève- (R, 6,, à la bibliothèque Mazarme (27924 A«'*) et à celle de l'Arsenal iS» S. A. 715). Indépendamment de ces deux éditions, l'Apologie et la Plainte sont imprimées dans le tome II de tous les recueils des Œuvres complètes cl'Agrippa.

NOTE XXX II

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