Eustochio... pro publico munere populariter, nec tam ex
a vero quam ex opinionc %'ivendum est Symposio vestro
« amœnissimo intéresse nequit, ad aliud efllagitantius ex mag- « natuni ([uorumdam imperio pertractus » (Ep. III, 1?>)i
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CIIAPITUE CINQUIÈME
logiens de Louvain (Ep. VII, 1-4). Cette correspondance montre également qu'après le départ de Genève d'Agrippa, Chapuys y conserva près de lui assez longtemps un des enfants de son ami, qu'il semble avoir traité comme le sien propre, et dont il était le parrain. L'échange de lettres entre Chapuys et Agrippa est naturellement à peu près nul pendant le séjour de celui-ci à Genève [Io21-lo22), Le billet que nous venons de citer est, après une lettre d'Agrippa pour réclamer les bons offices de son ami auprès du prince (Ep. III, 21), le seul document de ce genre qui porte cette date dans leur correspondance. Pour les époques ultérieures, celleci contient treize autres lettres dont nous parlerons en arrivant aux temps qu'elles concernent i.
Nous avons au contraire sous les yeux, avec des dates qui correspondent au séjour à Genève d'Agrippa, un certain nombre de lettres échangées entre lui et un personnage dont nous avons déjà parlé, le célestin Claude Dieudonné qu'Agrippa, quelques années auparavant, avait connu à Metz, et qu'il retrouve alors dans une maison de son ordre à Annecy. Nous avons dit comment s'étaient nouées à
1. La correspondance entre Agrippa el Euslache Chapuys (1522-1531) comprend 15 leUres imprimées dans la Correspondance générale, L. III, 21, 28, 38, 30, 49, 58, 63, 08, 74, 7G, 78; L. VI, 19, 20, 29, 33. Celle correspondance particulière est l'objet d'un travail spécial de M. Léon Charvet que nous avons déjà cité, el dont la première partie, seule publiée jusqu'à présent, a paru dans la Revue Savoisienne. en 1874.
AGUIPPA A COLOGNE, A GENfCVE ET A FIUQOUUG 17
MeLz les relations entre Agrippa et Claude Dieudonné. Celui-ci s'était laissé séduire par les hardiesses de l'esprit et la singularité des doctrines du savant étranger. Nous avons raconté comment les supérieurs de Claude Dieudonné, justement inquiets des conséquences que pouvaient entraîner ces relations, avaient jugé à propos de couper le mal à sa racine, en éloignant inopinément de Metz le religieux ainsi compromis.
Cependant Claude Dieudonné, envoyé à Paris, était entré en correspondance- épistolaire avec son cher Agrippa resté à Metz ; il s'était même fait le porteur d'une lettre de celui-ci pour Lefèvre d'Étaples, et s'était ainsi trouvé bientôt en relations suivies avec ce personnage, mis également à l'index par la pure orthodoxie. C'est probablement là ce qui avait fait encore éloigner de Paris, comme on l'avait éloigné déjà de Metz, le frère Claude Dieudonné. On l'avait envoyé en 1521, avec quelques autres religieux, à Annecy, pour y fonder une communauté de son ordre, dans une maison que venait de construire et de doter un chanoine do l'église de Genève, Pierre de Lambert, plus tard évôquc de Caserte. Claude Dieudonné arrivait à Annecy, comme on le voit, à peu près en même temps qu'arrivait à Genève Agrippa lui-même. Les deux amis de Metz, fortuitement rapprochés ainsi, rentrent bientôt en correspondance, avec vivacité do la part du religieux; mais, à ce qu'il semble, avec une certaine réserve qui du reste ne s'explique guère, de la part d'A- •I' II.
grippa. Trois lettres du Célestin, datées successivement du 26 juin, du 10 septembre et du 2 octobre 1521, témoignent de l'entraînement qui porte celuici à cette reprise de relations antérieures, qu'au l'aient pu resseiTer à ce moment, entre lui et son ancien ami, les communs rapports de l'un et de l'autre avec rofficial de Genève, Claude Chapuys, dont nous venons de parler (Ep. III, 12).
— Très savant docteur, dit Claude Dieudonné dans la première de ces trois lettres, j'apprends tardivement que tu es à Genève, Je vais donc revoir ton visage aimé, jouir de ta conversation, et profiter de ta sagesse et de ta science. J'en éprouve une joie inexprimable, car jamais commerce ne m'a plu avec personne autant qu'avec toi. Que ne puis-je passer ma vie entière près de toi ! Ne le pouvant pas, puissé-je au moins y suppléer par un échange de lettres! As-tu reçu celles que je t'ai écrites après notre séparation? Apprends-moi si la seconde Recognitio d'Érasme sur le nouveau Testament est imprimée. Je mande aux libraires de Lyon de me l'envoyer à tout prix". Et Luther? Sa traduction du psautier a-t-elle paru? J'éprouve aussi un ardent désir de la posséder. Porte-toi bien, très savant Agrippa, et compte-moi au nombre de tes serviteurs. D'Annecy, le 6 des calendes de juillet, 26 juin 1521 (Ep. m, 7).
Agrippa ne semble pas s'être rendu d'abord à ce véhément appel.
— Hélas, dit le religieux dans sa seconde lettre,
ne céderas-tu pas âmes prières? Quelque afl'aire ne pourrait-elle pas t'amener de notre côté? Tu sais quel empressement je mettrais à te recevoir. Ta vois avec quelle familiarité j'agis avec toi, ' encoui-agé par toi-même à oublier la distance qui nous sépare. Certains maîtres encapuchonnés de la faction de saint Dominique, vrais persécuteurs à mon sens, inquisiteurs veux-je dire de notre foi, ont pénétré ces jours derniers dans notre maison;- et, après divers propos tenus incidemment sur Érasme et sur Luther, ils ont enfin vomi leur poison, déclarant, tout en déblatérant, que dans le royaume du Christ il y a aujourd'hui quatre docteurs antechrists, antichristos, Érasme, Luther, Reuchlin et Lefèvre d'Étaples. Que dis -tu de pareils sycophantes , ennemis des bonnes lettres ? Tu peux te fier au porteur de la présente lettre. Salue de ma part, je t'en prie, le très savant seigneur officiai ; et portetoi bien, très docte Agrippa, avec ton fils i et tous les tiens. Du monastère d'Annecy, le 10 septembre 1321 (Ep. III, 9).
Agrippa continue à ne pas répondre, malgré ces pressantes avances.
— - Cher Agrippa, voilà trois fois que j'ose t'écrire, dit maintenant Claude Dieudonné. Tu no t'en étonneras pas, si tu daignes revenir aux sentiments
1. Thôodoric, né en 1515 ù PavLc, llls d'Agrlpp.i et de aa prcmlcro fummo, lar(iiolle venait de mourii' cetlo année môme (1521) à MeU.
de bienveillance que tu m'as si généreusement accordés quand nous étions ensemble à Metz. C'est ce souvenir qui me donne ù moi cette audace de t'importuner ainsi. Je ne saurais perdre le goût de ton admirable science. J'ai appris que tu avais produit une très docte apologie dirigée contre le prieur du couvent de Metz. Consens, je t'en prie, ?i enrichir de cet ouvrage ma pauvre bibliothèque. Daigne aussi me dire ce que tu penses des travaux de Luther. Tu n'as pas oublié, sans doute, comment à Metz tu louais ses écrits, en me les faisant connaître. Ta réputation se répand partout, dans ce pays de Savoie. J'aurais un vif désir de te voir, et. Dieu aidant, je serais bientôt près de toi, si mes moyens et ma santé me le permettaient. Si tu voulais venir ici, quel bonheur ce serait pour moi de te recevoir! Porte-toi bien, très savant Agrippa, avec ton fils et toute ta famille. Salue pour moi le révérend officiai Eustache Chapuys. Annecy, 2 octobre 1521 (Ep. in, 10).
Nous ne voyons pas Agrippa se rendre avec beaucoup d'empressement à ces chaleureux appels. Deux billets fort courts, dont l'attribution n'est même pas absolument certaine, sont la seule réponse qu'on puisse y rapporter K Le premier est du 25 novem-
1. Ces deux billels(Bp. III, 1 1, li), intitulés seulement* Agrippa ad àmicum», sont attribués à lacorrespondance de Claude Dieudonné avec Agrippa, pendant le séjour de celui-ci à Genève, par M. Ilerminjarrt, dans sa Correspondance des rélormatcurs ;
bre '152 l;le second ne porte pas d'au I re marque chronologique que le millésime de celte année seulement. Agrippa, dans ces missives succinctes , accuse du long retard qu'il a mis à répondre, le manque de loisirs ; il promet, du reste, de s'expliquer plus complètement dans une visite qu'il annonce comme prochaine à son ancien ami. Faisant ensuite allusion à une demande de son correspondant, il lui dit avoir vu, pour une affaire qui est en question, leur ami commun, l'official de Genève; ajoutant que celte affaire n'est pas sans difficultés, et qu'elle doit entraîner beaucoup de frais (Ep. III, II, 12).
Dans la première de ces deux lettres se trouve un détail qui explique peut-être le peu d'attention donné, à ce qu'il semble, depuis quelques mois, par Agrippa aux pressants appels du Célestin d'Annecy. Le porteur de cette lettre est, dit-il, son oncle par alliance ou, pour parler avec plus de précision, l'oncle de sa femme, uxorius avunculus (Ep. III, 11).
La femme dont il est ainsi question ne saurait être celle qu'Agrippa venait de perdre, cette Italienne de Pavie, laquelle ne devait avoir, on a tout lieu de le croire, aucun parent à Genève. Il s'agit évidemment ici d'une autre femme qu'Agrippa, devenu veuf, venait d'épouser dans cette ville, oii il était depuis quelques mois à peine. Ces premiers mois pendant
ol (l'aprô3 lui par M. Li'ion Charvcl, tlnns sa notice sur la Correspondame d'Eiislache Gliapuys et de Corneille Agrippa, ilonnéo par la Bévue Savoisicnne, en 1871.
lesquels il se plaignait d'avoir si peu de loisirs, il les avait employés vraisemblablement ii négocier ce mariage, qui dut se faire à la date du 17 septembre 1521 à peu près ; Agrippa disant plus tard à propos de la mort de cette seconde femme, arrivée le 17 août 1S29, que leur union avait duré huit ans moins un mois (Ep. V, 81). Pour mettre d'accord cette indication avec certaines inductions ressortant de la correspondance du célestia Claude Dieudonné, il faut que celui-ci n'ait pas connu encore le second mariage d' Agrippa, lorsqu'il lui écrivait, le 2 octobre de cette année, la lettre dans laquelle, sans faire aucune mention de la nouvelle épouse, il souhaitait bonne santé h lui et à son fils ainsi qu'à sa famille, c'est-à-dire aux serviteurs composant sa maison, vale, cum libero tuo et tota familia (Ep. III, 10). L'ignorance de Claude Dieudonné en ce qui concerne, à cette date, le récent mariage d'Agrippa est fort admissible, étant donné le peu d'empressement mis, comme on l'a vu, par-celui-ci à se rapprocher du religieux célestin, et à renouveler ses anciens rapports avec lui.
Nous ne savons rien de plus que ce qui vient d en être dit, de la reprise de relations tentée à cette époque par le célestin Clat^de Dieudonné avec Agrippa. Ce que nous connaissons de ces relations, à une époque antérieure, nous montre quelle sorte d'influence et quelle action celui-ci a exercées sur cet esprit si vivement attiré par les opinions nouvelles, et suffit pour nous expliquer, ce qu'on sait encore, des
destinées ultérieures du Célestin que nous avons vu passer successivement de la maison de Metz à celle de Paris, et de celle-ci à la maison d'Annecy. Ce dernier monastère, fondé en 1321 , ne tarda pas à changer de condition. Les doctrines nouvelles qui commençaient h se répandre firent désirer un ordre plus militant que celui des Célestins, lesquels ne se livraient pas à la prédication. Une communauté de Franciscains y fut installée à leur place, vers 1533. Claude Dieudonné n'y était plus à ce moment; il avait quitté, depuis plusieurs années déjà, l'habit de religieux pour se rapprocher du réformateur OEcolampade, Jean Hausschein. Celui-ci l'avait adressé ensuite à Parel avec qui, au mois d'avril 1328, il fut arrêté par ordre du duc de Savoie, et enfermé au château de Chillon. Il ne sortit de cette prison que grâce à l'intervention du conseil de Berne. Un peu plus tard il était, nous dit-on, pasteur du pays d'Aigle, avec Farel et Simon Robert. En avril 1S35, on le trouve encore pasteur à Ollon i. On n'entend plus ensuite parler de lui.
Nous avons dit deux mots tout à l'heure du second mariage contracté par Agrippa, vers le milieu de septembre 1321, à Genève; presque au lendemain de son arrivée dans cette ville ; quelques mois à
1. Ces renseignements sont donnés par M. Léon Gliarvet, Correspondance d'Eust. Cliapuys et de Corneille Agrippa, d'après Jacq. Fodéré, Hisloire générale des couvents de. l'Ordre de Saint- François dans la province de Bourgogne, et Herminjard, Correspondance des réformaleurs.
peine après la morLdc coLLc chère épouse, qu'il avait perdue à Metz au printemps de la même année, et à laquelle il donnait des marques d'estime si chaleureusement exprimées. Doit-on attribuer à la mobilité de caractère dont Agrippa fournit plus d'une preuve au cours de son existence agitée, ce passage si rapide d'un sentiment à l'autre? On aimerait à expliquer plutôt sa conduite, dans cette occurrence, par les idées systématiques sur la condition du mariage exposées par lui dans le traité qu'il a consacré à cet objet, et dont nous parlerons bientôt. Peut-être aussi cette grave détermination a-t-elle eu plutôt pour cause quelque circonstance fortuite que rien ne nous révèle malheureusement? C'est ce que nous ne saurions décider. Toujours est-il que six mois à peine après la mort de sa première femme, et malgré la peine qu'il semble en avoir ressentie, Agrippa en épousait une seconde pour laquelle, on doit le reconnaître, il a montré aussi beaucoup de tendresse, tout en cultivant la mémoire de celle qu'il avait perdue auparavant; car, de loin, il continue à s'occuper de celle-ci, recommandant souvent à ses amis de Metz de ne pas négliger les marques de souvenir qu'il entend lui être données, et les prières qu'il prescrit de dire pour le salut de son âme.
Nous ne savons que fort peu de chose, comme nous l'avons dit, de la première femme d'Agrippa, et nous ignorons même comment elle se nommait. Nous ne sommes guère mieux informés de ce qui concerne la seconde; mais nous connaissons au moins
AGRIPPA A COLOGNE, A GENÈVE ET A FRIBOURG 2o
son nom, grâce à quelques LraiLs de la correspondance de son époux, grâce aussi à une épigramme louangeuse écrite en son honneur par Hilaire Ber- Lulphe qui la connut à Anvers Elle se nommait Jeanne Loyse Tissie, Jana Loysia Tytia -, et aurait appartenu, croit-on, à une famille noble du pays de Genève, à laquelle seraient alliés les seigneurs d'Illins; personnages compromis plus tard dans le parti du duc de Bourbon, et ramenés par Agrippa, si on
1. Suivant M. A. Daguet, Agrippa chez les Suisses, Hilaire Berlulphe, Hilarius Bertulphus Ledius, était un médecin flamand de Gand. M. Léon Gharvet, dans son écrit sur la Correspondance d' Eust. Chapuys, dit de lui qu'il était Flamand, sinon Liégeois; qu'il avait étudié à Paris, et qu'il fut, comme secrétaire, au service d'Érasme; qu'il était en 1524 à Avignon, attaché à la duchesse d'Alençon; et qu'il mourut de la peste à Lyon en 1532. Il lui attribue, non sans raison, une des lettres de la Correspondance générale d'Agrippa, la quarante-quatrième du livre III, et cite à son sujet une lettre d'Érasme du 31 août 1533. Les éditeurs des œuvres d'Agrippa ont joint à celles-ci dix pièces de vers d'Hilaire Bertulphe, parmi lesquelles se trouve l'épigramme composée à la louange de la seconde femme de son ami: « In generosam dominam Janam Loysiam Tytiam Gebennensem » {Opéra, t. II, p. 1150).
2. Le nom de famille de celte femme ne nous est révélé que par la forme latine Tytia, donnée en tête de la pièce de vers où elle est célébrée, et qu'on peut traduire Tissie ou Tissié. De ces deux noms, nous adoptons celui do Tissie d'après M. Gharvet, qui est genevois, et mieux qu'un autre au courant des formes de noms usitées ou admissibles dans sa ville natale. On trouvera à l'appendice (n» VIII), quelques indications sur cette seconde femme d'Agrippa et sur les enfants qu'elle lui a donnés.
l'en croyait, à celui du roi i. Jeanne Loyse Tissie était, quand Agrippa l'épousa, une jeune fille de dix-huit ans (Ep. V, 81). Agrippa célèbre, en plus d'un endroit, ses excellentes qualités (Ep. 111,60; IV, oO; V, 81 à 85). Nous reviendrons ultérieurement sur ce qui la concerne, à propos de ses enfants, et à Toccasion de sa mort vivement déplorée par son époux; ce qui n'empêcha pas celui-ci de prendre encore, par fidélité au mt)ins à ses principes sur le mariage, une troisième femme, peu de temps après la perte de celle-là.
Serait-ce en raison de son second mariage à Genève, que la bourgeoisie aurait été accordée à Agrippa dans cette ville ? Elle lui fut concédée le 11 juillet 1522, à titre gratuit, est-il dit. Cet octroi gracieux est la seule faveur publique qu'il ait reçue des Genevois, chez lesquels il était venu avec l'espoir de trouver là un emploi lucratif. La fonction qu'il sollicitait n'était pas, au reste, d'ordre municipal ; c'était, paraît-il, l'office de médecin du duc de Savoie, de qui d'ailleurs il attendait depuis longtemps une pension, ou quelque autre avantage (Ep. m, 24).
Agrippa croyait ses espérances à ce sujet solidement fondées sur des promesses formelles. Cependant, malgré des engagements qu'il semble indiquer
1. Nous donnons quelques renseignemenls sur cette famille des seigneurs d'Illins et sur leur parenté ou alliance avec Agrippa, dans une note de l'appendice (n" XX).
et dont nous ne connaissons pas les termes, malgré les démarches, malgré les efforts de son ami Chapuys, qui avait invoqué en vain à cette occasion le crédit de Vulliet, chancelier du duc i, il n'obtint pas ce qu'il désirait (Ep. III, 24). Il se pourrait que, malgré tout son savoir-faire. Agrippa n'eût pas réussi à fournir alors des preuves suffisantes de capacité, ppur une profession qui exigeait des connaissances à l'acquisition desquelles il ne semble pas qu'il se soit encore beaucoup appliqué, quoiqu'on l'ait vu donner parfois accidentellement des avis et des conseils sur des questions do santé, de maladies et de remèdes ; témoin ceux que le célestin Claude Dieudonné lui demandait deux ou trois ans aupai^avant, au début de leurs relations à Metz (Ep. Il, 20). Il commençait cependant, vers le temps oh nous sommes parvenus maintenant, à être accepté comme médecin par l'opinion ; car on le voit qualifié ainsi dans une lettre qui lui est adressée sous la date du 23 avril 1522 (Ep. III, 15).
A en juger d'après divers indices, les titres d'Agrippa à l'exercice de la médecine n'étaient pas très sérieux. Ses capacités, à cet égard, résultaient probablement bien moins d'études spéciales et régulières, que de connaissances générales acquises par la lecture des anciens auteurs, par la pratique aussi des sciences secrètes et des arts occultes, par celle de l'alchimie notamment, qui comprenait alors la pré-