II, C. XIIl). ~ ■ Ko
2. c< B vedendone cosi gran mercato. assai sene feciono, che « innanzi à quell'hora niuno pensiero havieno havutb di farsi Ga- « valiere, nè proveduto quello che richiede a volere ncevere ca- « valleria. Ma con lieve movimento si faceano portare sopra le « braccia a coloro ch'erano intorno al Patriarca; e qiiand'erano « aluinella via, lo levavano alto e Iraevangli lo cappuccio usato ; « e ricevuta la guanciata usata in segno di cavallena, h nietle- « vano un cappuccio accattalo col fregio deiroro o Iraevanlo « délia pressa; ed cra iatto Cavalière. » (Mnt. Vdlani A ou., 1 V, c. XIV. - Muralori, Rcr. HaL scripL, t. Xiy , p. àu.)
que des hommes sans naissance, sans courage et sans mœurs, des gens même de vile condition et de vie souillée étaient élevés à l'honneur de la chevalerie ^
Suivant Sainte-Palaye, les guerres du xiv** siècle et du xve ayant considérablement multiplié les chevaliers en France, ils étaient abaissés dans leur caractère, ignorants, corrompus, violents. On en avait créé, dit-il, jusqu'à cinq cents au siège de Bourges; enfin, ajoute-t-il d'après un écrivain de ce temps, « l'honneur de la chevalerie devint si « commun, que chacun crut pouvoir s'en arroger le « titre de sa seule autorité. Un homme de rien pre- « nant l'épée prenait en même temps le titre d'é- " cuyer. Pour peu qu'il l'eût porté, il tranchait du « chevalier. Tel est le portrait que nous fait de son « siècle Eustache Deschamps = ». Citons un dernier trait qui appartient au xvi<^ siècle, et qui montre ce qu'était devenue alors la chevalerie. Brantôme, dans l'article de ses Capitaines français, consacré au roi Charles VJII, mentionne l'usage très pratiqué
I. « Verum ne quid clissimulem, auctor est Francus Sacche- « lus... circiler an. Chr. 1390, cjuo ille Ilorebat, miliLia3 hujus « honorem in abjeclam omnino conditionem proruisse, quum « homines nuUa nobililalis aut fortiludinis aut morum prœro- « galiva insigniti, immo vilis et contaminatas vitse, ad liono- « rem militiaj promovcrenlur. »(Muratori, Anliquilales llaliccV, t. IV, p. 689.
l. Sainte-Palaye, Mémoires sur l'ancienne chevalerie, t. H, p. 80.
de créer des chevaliers sur le champ de bataille, en leur donnant l'accolade, comme la donna au roi François l«r l'illustre Bayard, à Marignan. « Mais aujour- « d'huy, dit-il, l'on se dispense assez d'ailleurs pour « se faire chevaliers, que les moindres se créent « d'eux-mesmes assez sans aller au roy ; si qu'il se « peut dire qu'il y a aujourd'huy plus de chevahers « tels quelz et de dames leurs femmes, que jadis « n'avoit d'escuyers ny de damoiselles ; tant est grand « l'abus parmy la chevalerie 1 »
Brantôme est tout à fait de la fin du xvie siècle, et même du commencement du xvn^ mais les abus dont il signale le dernier terme remontent assez haut, comme nous venons de le voir, pour qu'on soit fondé à reconnaître qu'au temps d'Agrippales honneurs de la chevalerie pouvaient n'être pas d'un accès bien difficile. L'insuffisance, d'ailleurs évidente, des titres de celui-ci pour les obtenir n'aurait peutêtre pas été un empêchement absolu à ce qu'il les eût réellement reçus; mais leur usurpation pure et simple ne présentait pas non plus beaucoup de difficulté, et nous sommes très disposé à penser que le personnage très peu scrupuleux qui nous occupe a bien pu, un beau jour, se les attribuer ainsi ; car il ne dit nulle part, et cela ne s'accorde guère avec sa vanité et sa jactance habituelles, ni k quel moment précis, ni de la main de qui non plus il les aurait reçus. • Nous sommes ainsi conduits à penser qu Agrippa n'était pas véritablement chevalier. Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est, après un silence inex-
AG11IP1>A A COLOGNE, A GENÈVE ET A FlUBOUUG 6o
plicable de plusieurs années sur l'honneur qui lui aurait éLé concédé de la chevalerie, la mention tardive qu'il fait inopinément et d'une manière incidente, en 1326, de cette dignité conquise par lui, assure-t-il, depuis longtemps déjà, c'est-à-dire entre 1511 et lois au plus tard, a l'époque de son séjour en Italie (Ep. IV. 62) ; c'est encore l'exagération, pour ne pas dire plus, avec laquelle il parle des prétendus services militaires qui lui auraient valu, dit-il, cette distinction, et l'évidente inexactitude de ses assertions sur son origine, hiimano sanguine sacralus miles (Ep. V, 19); c'est enfin, dans certains cas, le peu de précision, dans d'autres, l'absence de sincérité avec lesquels il s'exprime à propos de cette importante particularité de sa vie. Nous rappellerons l'ambiguité que nous avons relevée dans les termes de la première indication qu'il en donne, ex aurato mi-
^i^e medicum ^en(Ep. IV, 62), et dans ceux d'un
autre passage de ses lettres, oîi il mentionne les insignes de la, Toison d'or, de manière à laisser croire que, en possession de la chevalerie dorée dont il s'est arrogé le titre, il pourrait même appartenir, ce qui serait mieux encore, à cet ordre illustre (Ep. YI, 20) .
Nous avons établi, dans les pages précédentes, que la chevalerie dorée dont Agrippa entend se faire honneur est la chevalerie militaire elle-même, et que les titres sur lesquels il fonde ses prétentions a cette distinction seraient les services de guerre rendus par lui à l'empereur Maximilien, en Italie. Nous avons montré, en outre, qu'il y a grandement lieu de
gg CHAPITRE CINQUIÈME
douter de la valeur de ses déclarations sur ce point. 11 n'est d'ailleurs que très rarement question de cette prétendue chevalerie dans ses écrits, notamment dans sa correspondance, oû les lettres émanant de lui en fournissent seules quelques rares mentions ; tandis qu'en même temps, et cela est assez sigmflcatif, celles qu'on lui adressait n'en ^^^^ f " solument aucune H nous reste maintenant à dire quelques mots de la manière dont le titre de chevalier se trouve, dans certaines circonstances, associé
à son nom. ^
Agrippa ne parle qu'incidemment et d une manière indirecte de sa prétendue chevalerie, la première fois qu'il en fournit la mention positive, dans la lettre précédemment citée de 1526, à propos de l'office qu'il a accepté de médecin de la reine, mère de François 1". Une occasion toute naturelle devait se présenter un peu plus tard pour 1 écrivain de se parer de ce titre de chevalier dont il se faisait gloire. Cette occasion lui est offerte par. la publica-
1. Cette observation porte naturellement sur la teneu^^^^^ lettres Quant aux suscriptions quelles avaient reçues e tt un fort petit nombre nous ont été conservées. . pournu se faire qu el es eussent contenu quelquefois des qualifications 0 Itês par courtoisie à cette place, pour Natter la vamte de celui à qui elles étaient adressées. Encore n - PO-^^-^^ L'une seule présentant cette particularité ,Ope> a,i. II, o78) et i^ e t m me douteux qu'elle ait le caractère et la s.gmficaUoa 1 iTlon. d'indi uer. On trouvera quelques md.cat.ons r ce sujet dans la note de l'appendice (no III) où U est question de la prétendue chevalerie d'Agnppa.
tion de ses ouvrages, circonstance où un auteur se montre ordinairement au public avec toutes ses marques d'honneur. Là, en effet, le nom d'Agrippa est accompagné de la qualification de chevalier, non pas tout d'abord cependant, car elle est encore omise dans les premières publications (1529-1530), mais par la suite, en tête des publications ultérieures, à partir de septembre 1530. Là déclaration de la chevalerie d'Agrippa se produit alors avec un accent un peu plus prononcé qu'auparavant, dans des conditions cependant qui ne peuvent que justifier encore la réserve avec laquelle nous croyons devoir l'accueillir \ A la mention qui en est faite ainsi, se trouve jointe celle du doctorat, de la noblesse de naissance, et du surnom de Nettesheim, dont Agrippa juge également à propos de se parer; ce sont là autant de titres retentissants dont la légitimité est malheureusement fort contestable.
Il y a lieu de reconnaître, cependant, qu'entre les publications de 1529-1530, au frontispice desquelles le nom d'Agrippa se présente sans aucune qualification accessoire, et celles de la fin de 1530 et de date ultérieure, où il est accompagné des titres revendiqués par lui, se placent les lettres de privilège octroyées à l'auteur, le 12 janvier 1529 (1530 nouveau style), pour l'impression de ses ouvrages ; et que
1. Voir la notice bibliographique donnée à l'appendice (noXXXTV).
gg CHAPI'mE CINQUlfCME
dans ces lettres, délivrées à Malines au nom de l'enapereur Charles-Quint, Agrippa est qualifié docteur ès deux droits et chevalier. L'énonciation de ces qualités, dons un pareil document, pourrait induire à penser que les prétentions d'Agrippa en ce qui les concerne, étaient fondées. Mais leur présence dans le privilège impérial ne prouve nen, quant a leur légitimité ; parce que c'était un usage de chancellerie, de reproduire sans autre examen, dans un privilège, les noms et qualités fournis par impétrant, dans la requête qu'il avait dressée pour obtenir. La mention de ces titres, dans les lettres impériales , ne prouve donc qu'une chose, c est qu'Agrippa les avait pris lui-même en soliicilant l'expédition de ces lettres. Elle attache simplement une date à la première manifestation publique de ses prétentions à cet égard. Cette observation nous donne tout naturellement occasion de faire, en nous expliquant sur ce sujet, un examen d'ensemble des divers titres, qualifications et marques de distinction que s'attribue Agrippa, et d apprécier les circonstances dans lesquelles il les pro-
'^^La première mention, en quelque sorte publique, des qualifications redondantes adoptées par Agrippa, est motivée, comme nous venons de le dire, par la publication de ses ouvrages. Déjà, dans notre premier chapitre, nous avons parlé de cette publi- 17Z Nous avons dit qu elle n'avait eu heu qu a divoment, et dans les dernières années seulement
AGniPPA A COLOGNE, A GKNÈVE ET A FUmOUno 09
de la vie do l'auteur'. Les premiers volumes publiés ainsi datent des années '1S29 et 1530. Ils sont consacrés à de petits traités de philosophie morale et religieuse notamment, écrits en différents temps, de '1309 à 1326, et à l'histoire du couronnement de Charles-Quint à Bologne, récemment composée alors par l'écrivain, en sa qualité d'historiographe et archiviste impérial; emploi dont il venait d'être investi à la cour de Brabant. Les frontispices qui figurent en tête de ces ouvrages ne portent que le nom de l'auteur, Henricus Cornélius Agrippa. Sur le dernier seulement, et l'on comprend pourquoi, son nom est accompagné du titre de son office de cour, Sacratissimse maiestatis ab archivis et comiliis indiciarius.
Ce n'est qu'à la fin de 1530, sur l'édition donnée par Jean Graphe à Anvers du traité de l'incertitude et de la vanité des sciences, qu'on trouve pour la première fois le nom d'Agrippa fastueusement accompagné des titres et qualifications de noble, de chevalier et de docteur, ainsi que du surnom aristocratique de Nettesheim : Splendidx nobilitatis viri et armatx militiœ eqicitis aurati, ac utriusque juris doctoris, sacrm cœsarex maiestatis a consiliis et archivis indiciarii, Henrici Cornelii Agrippas ab Nettesheym, De incertitudine et vanitate scientiarum. etc. Les éditions ultérieures de ce traité, exécutées en 1531 et 1532 à Anvers
1. Ces faits sont exposés dans notre chapitre premier, t. I, p. 39.
et à Paris, présentent quelquefois la même particularité ; tandis que sur celles données à Cologne, en ces mêmes années, on ne trouve, joint au nom d'Agrippa, que le surnom de Nettesheim seulement \ Sur les autres ouvrages d' Agrippa publiés de 1531 à 1535, même à Cologne, on rencontre quelquefois le surnom de Nettesheim avec les qualifications d'mcUcmrms, de doctor in utroque jure et d'eques auratus \ Quant au titre de medicinae doctor, il ne paraît que sur les livres imprimés plus ou moins longtemps après la mort de l'auteur. Nous expliquerons ultérieurement comment Agrippa, en 1530, dès 1529 peut être, avait pu se trouver obligé de renoncer à le prendre s'il l'avait, en effet, porté auparavant.
La mention de la noblesse, de la chevalerie et du doctorat d'Agrippa n'est évidemment introduite dans la teneur du frontispice de son traité de l'incertitude et de la vanité des sciences, que pour augmenter le prestige de cet ouvrage, sur lequel il tenait tout particulièrement à fixer l'attention ; car il le regardait comme son œuvre capitale; et, de plus, au moment de sa publication, il avait, comme nous le verrons plus tard, h réagir contre l'effet d'une mésaventure qui, en mettant brusquement fin à sa carrière de médecin, avait pu nuire à sa considéra-
1. Nous donnons à l'appendice (no XXIX) quelques renseignements sur ces publicalions.
2. Voir à l'appendice (no XXXIV) une note sur la bibliographie des ouvrages d'Agrippa.
tion. Voilà comment se produit publiquement pour la première fois, au frontispice des livres d'Agrippa, la mention des qualités et titres honorifiques attachés plus ou moins légitimement à son nom. Auparavant on trouve déjà dans sa correspondance, comme nous l'avons dit, quelques traits on se manifestent ses prétentions à la chevalerie, au doctorat et à la noblesse. Nous avons parlé tout à l'heure de ceux de ces passages qui concernent la chevalerie. Les conclusions auxquelles nous a conduit leur examen, sont peu favorables aux prétentions d'Agrippa sur ce fait particulier i. Les doutes que l'on peut concevoir sur l'authenticité de son titre de chevalier, s'élèvent aussi, comme on va le voir, contre la légitimité du titre de docteur qu'il prend également.
Sur la question controversable du doctorat d'Agrippa, nous rappellerons ici ce que, précédemment déjà, nous avons dit à plusieurs reprises de ses travaux et de ses titres scientifiques ou universitaires. Nous avons reconnu que les premières études d'Agrippa, dans les écoles de sa ville natale, avaient pu le conduire, on a quelques raisons de le croire, au grade de maître ès-arts 2; qu'il n'y a aucun motif sé-
1 . On trouvera, dans une note de l'appendice (n» III), l'ensemble des indications relatives à la prétendue chevalerie d'Agrippa.
2. Nous avons présenté quelques observations sur ce sujet au commencement de notre chapitre II, t. I, p. 126.
rieux de révoquer en doute ce qu'il dit à ce sujet; mais que ce grade était probablement le seul dont il eût jamais été régulièrement en possession. Nous avons' constaté, en effet, qu'on avait grandement lieu de douter qu'il en eût jamais obtenu aucun en théologie; car il s'accuse lui-même de n'avoir pas poussé très loin ses études sur les matières qui font l'objet de cette science. On ne le voit, au reste, dans aucune circonstance que nous connaissions, prendre le titre de docteur en théologie \ comme il fait quelquefois de ceux de docteur en lois et de docteur en médecine.
Quant h son doctorat en lois, c'est-à-dire en droit civil et en droit canon, ainsi qu'en médecine, la vie agitée d'Agrippa ne laisse guère place, comme nous l'avons déjà fait observer, pour les études que ces grades auraient exigées. Les années qu'il a passées, pendant sa première jeunesse, à l'université de Paris, où il était arrivé pourvu du titre de maître ès-arts, semblent avoir été employées, bien moins à des travaux réguliers concernant l'étude suivie du droit et de la médecme, qu'à l'acquisition des connaissances singulières qui lui permettent de donner, dès cette époque, le premier jet de sa philosophie occulte, et de se livrer en même temps aux mystérieuses pratiques de l'alchi-
1 II avoue même implicilemenl, quelque pari, qu'il n'est nuUemenl docteur on théologie. Voir sur ce sujet une note de l'appendice (n" V).
mie. Cependant, après sept ou huit années de vie errante et d'aventures en Espagne, en France, en Angleterre, en Italie, Agrippa, dès 1519, parle de son triple doctorat en droit civil, en droit ecclésiastique et en médecine, qu'il rappellera plus tard encore, en 1332 (Ep. II, 19; VII, 21). Il omettra, il est vrai, à la date de 1S30, le titre de docteur en médecine, qu'on ne trouve plus dans la pompeuse énumération des qualités jointes à son nom sur le frontispice imprimé de ses ouvrages ; mais c'est qu'il aura eu auparavant à compter avec des oppositions qui l'obligent un certain jour à interrompre brusquement sa carrière médicale. Le titre de docteur ès-lois est donc seul indiqué alors sur la première page de ses livres, et il n'y subsiste vraisemblablement que par cette unique raison, qu'il ne s'est trouvé personne ayant intérêt à le lui contester. Les droits qu'Agrippa pouvait avoir à le prendre sont fort douteux. Quant à ceux qui auraient pu lui assurer le titre de docteur en médecine, ils sont certainement tout à fait nuls.
Une dernière observation nous reste à faire sur le caractère du doctorat d'Agrippa, d'après les termes eux-mêmes de ses déclarations à cet égard; c'est que les expressions qu'il emploie pour le signaler, dans un de ses écrits, docteur d'éclatante renommée, splendida fama doctor (Ep. VI, 22), donnent à penser qu'il ne pouvait guère justifier cette qualité ôminente que par une sorte de notoriété publique, principalement fondée sur une réputation de savoir que lui
avait faite partout la crédulité générale éblouie par son charlatanisme. S'il en eût été autrement, si Agrippa eût possédé des titres portant l'attache formelle d'une des universités de son temps auxquelles il appartenait de les décerner, il n'eût pas manqué de le dire, dans un document où il semble vouloir ne rien négliger de ce qui peut augmenter l'idée qu'il entend donner de son mérite et de ses droits à la considération. Son silence sur ce point est significatif. Les expressions splendida fama doctor, qu'il emploie dans ce cas, faute d'autres, pour qualifier son doctorat, ne le sont pas moins '.
Agrippa n'était probablement pas plus docteur que chevalier. Reste à parler de sa noblesse, dont le prestige souffre un peu de cette particularité, que la déclaration formelle en est publiée pour la première fois en même temps que celle de ces Litres de chevalier et de docteur, sur la légitimité desquels planent des doutes si sérieux. La première indication que nous fournisse Agrippa dans ses écrits sur la condition de sa famille, se trouve, sous la date de 1526, dans une lettre à son ami Jean Chapelain; lettre dans laquelle, pendant son séjour à Lyon, il récrimine violemment contre la disgrâce dont il est en ce moment l'objet de la part de la cour de France (Ep. IV, 52). Il s'en veut d'avoir eu l'imprudence de s'y exposer par excès de confiance, lui que tant de
1. Nous donnons dans une noie de l'appendice (n° VI) les textes relatant les prétentions d' Agrippa au grade de docteur.
raisons auraient dû éloigner de cette situation : la distinction de sa naissance, non moins que les titres d'honneur conquis précédemment par lui, et dans la guerre et dans les lettres. En parlant des conditions de sa naissance, Agrippa emploie, dans cette circonstance, les expressions clarus imaginibus avitis, qui seraient d'une exagération évidente, si elles étaient autre chose qu'une simple forme de discours empruntée à la langue et aux coutumes de l'antiquité romaine.
Un peu plus tard, Agrippa est plus précis, mais
11 ne saurait encore échapper au reproche d'abusive amplification, lorsque, dans une lettre adressée le
12 mai 1531 à son protecteur l'évêque de Liège, il s'étend avec un peu plus que de la complaisance sur les services rendus par lui à l'empereur Maximilien, et auparavant par son père et par ses aïeux, dit-il, aux ancêtres et prédécesseurs de ce prince (Ep. VI, 18). A la même époque, dans une requête au conseil privé de Malines, il revient sur les mêmes idées, et parle encore dans les mêmes termes des images de ses ancêtres et de ses mérites personnels (Ep. VI, 22) . Dans une supplique enfin à la reine Marie, en 1532, il rappelle de nouveau les services de ses aïeux (Ep. VII, 21)
On ne saurait décider ce qu'il y a de vrai ou de
1. On trouvera dans une note de l'appendice (n» II) ces textes, et, avec eux, quelques observations sur les prétentions d'Agrippa à la noblesse de naissance.
faux dans les assertions d' Agrippa, touchant les services rendus aux souverains par ses devanciers; cependant on ne peut pas méconnaître une certaine redondance peu convaincante dans ce qu'il en dit. Il est, en tout cas, impossible de voir, comme nous l'avons reconnu, autre chose qu'une forme littéraire dans l'expression imagines avitx, qu'il applique au souvenir de ses aïeux. Celles beaucoup plus simples d'homme libre par sa naissance, ingenuus, et distingué par son origine spectabilis génère, qu'en 1S31 , parlant de lui-même, il emploie en même temps (Ep. VI, 22), sont vraisemblablement plus près de la vente. Elles s'accordent parfaitement avec la situation d'une famille de condition modeste, comme on en trouvait dans la bourgeoisie urbaine à laquelle appartenait, selon toute apparence. Agrippa. Auprès de ces qualifications tout à fait acceptables, détonne évidemment l'idée d'éclatante noblesse dont l'expression, splendidœ nobilitatis vir, figure en 1530 au frontispice placé en tête du traité de l'incertitude et de la vanité des sciences.
C'est là que se trouve également le surnom^ de Nettesheim, qui paraît alors pour la première fois et qui, par sa tournure aristocratique, semble des-
1 « SplendidEe iiobililalis viri et armala3 miliUœ equiUs au- « rali ac ulriusque Juris doctoris, sacra3 cœsareœ maieslaUs a « consiliis et arcliivis imliciarii, llenrici Conielii Agrippa) ab « Neltesheym, De inoertitudine et vanilale scienliarum et ar- « tium. atque excellentia Verbi Dei. declamatio. - mdxxx, « mense septembri. »
AGniPPA A COLOGNE, A GENÈVE ET A FRIBOUIIG 77
tiné à justifier la haule noblesse annoncée dans la formule qu'il accompagne. Les présomptions défavorables qui résultent de ces circonstances contre la légitimité du surnom de Nettesheim pris ainsi par Agrippa, sont d'accord avec les observations que nous avons présentées sur le même sujet, au commencement de notre chapitre ii^ Le surnom de Nettesheim, quelle qu'eu soit l'origine, est tout personnel à Agrippa et n'a pas été conservé par ses fils. Le nom de sa famille paraît être, nous l'avons dit, Cornelis; forme originaire consignée dans des titres contemporains en langue vulgaire ; représentée ensuite dans les textes latins par la forme Cornélius, qui résulte d'une modification de ce nom conforme aux usages du temps; et qui figure seule dans les documents les plus dignes de foi, avec le prénom Henricus et le surnom Agrippa, pour désigner le personnage qui nous occupe. Rappelons maintenant le rapprochement, réalisé au frontispice daté de 1530, des formules consacrées par Agrippa à sa prétendue noblesse et des qualifications correspondant à sa douteuse chevalerie et à son très peu certain doctorat; et constatons que ce rapprochement n'est pas fait, pour donner à ces formules une autorité capable d'inspirer la confiance.
Ainsi pâlit jusqu'à s'évanouir l'enseigne nobiliaire
1. Ces observalibns sonl relatées au lome i, p. 121. On trouvera également, dans une note de l'appendice (a" I), quelques indications relatives au même objet.
qu'Agrippa juge à propos d'attacher tardivement à son nom, au frontispice de quelques-uns de ses livres et dans certaias passages de ses écrits. Ses prétentions à la noblesse ne sont pas plus fondées, vraisemblablement, que celles qu'il affiche également, et dont nous avons démontré le peu de solidité, pour les titres retentissants de docteur et de chevaher.
Il nous semble piquant de rapprocher de ces indications sur les prétentions nobiliaires d' Agrippa, ce qu'il dit lui-même de la noblesse de naissance et de celle des armes qui en serait, suivant lui, le fondement, dans son traité de l'incertitude et de la vamte des sciences, en tête duquel précisément il inaugure en quelque sorte l'usurpation faite par lui de ces distinctions recherchées. Du contraste que Ton peut constater ainsi entre les paroles d' Agrippa et sa conduite à ce sujet, ressort un trait de caractère à ajouter au portrait que nous voulons faire ici du personnage. Dans la rapide analyse que nous avons donnée au commencement de notre travail du traité de l'mcertitude et de la vanité des sciences, nous n'avons pu placer que quelques mots de ce que le livre contient sur la police sociale et, à cette occasion, sur la vie des cours et la noblesse. Voici un aperçu un peu plus étendu, sans être encore complet, de ce qui est dit dans l'ouvrage d' Agrippa sur ce dernier sujet.
- Renverser les murailles, incendier, piller, ravager violer, tuer, voilà tout l'art de la guerre ; et, sous le règne même du Christ, cet art a pris rang dans la hiérarchie de l'Église. Là pullulent les ordres mili-
taires dont toi;te la religion n'est que guerre et piraterie, sous prétexte de défendre et de répandre la foi; comme si le Christ voulait la propagation de son Évangile, non par la prédication, mais par la force des armes. Cependant le meurtre est un crime, même dans une juste guerre; car ce n'est pas pour la justice, c'est pour le gain et pour le butin qu'on se fait soldat. Mais le meurtre, le rapt et l'incendie, punis par les lois chez les brigands, sont anoblis quand ils sont couverts par le nom de guerrier; et la noblesse en est la récompense. Elle est le prix du sang répandu et de la damnation des âmes. Telle est, en effet, la source de la noblesse de race, en possession chez nous de tous les honneurs publics et de leurs distinctions. Voyez-la dans ses commencements, voyez-la dans tout les temps. La séparation de la famille humaine en deux branches commence aux enfants mêmes d'Adam. De la victime, Abel, viennent les plébéiens ; de Cain, le meurtrier, viennent les nobles, dont l'œuvre sera le mépris des lois de Dieu et de celles de la nature, la confiance dans ses propres forces, l'usurpation de l'autorité, la fondation des villes et des empires, la domination sur la créature que Dieu avait faite libre, et qui se voit soumise à la servitude et à l'iniquité. Cartel est, depuis l'origine, l'office de la noblesse.
— Cependant, après les longs désordres de ces temps anciens, Dieu suscite un homme juste, le patriarche Abraham, d'oîi doit sortir le peuple de sori choix. Abraham a deux fils, Ismaelj le bâtard, et
yQ CHAPITaE CINQUIÈME
Isaac, reniant de l'épouse légitime. Ismaël est cruel et voué aux armes; U est prince d'un peuple auquel il donne son nom, et Dieu bénit sa noblesse dans l'exercice de la guerre, en disant : mcums ejus contra omnes et manus omnium contra eum. Quant u isaac, persévérant dans les voies de la justice tenues par son père, il est pasteur et donne naissance à douze fils d'où sortent les douze tribus qui iormen le peuple d'Israël. L'un de ses Qls, Joseph, habile a multiplier les impôts et à faire naître les richesses .ac^ne ainsi la faveur du roi Pharaon, qui d esclave le fait noble, comme le devient plus tard aussi le iuif Mardochée, par la grâce du roi Artaxerce. De à l'usage des anoblissements qui s'est perpétue jusqu'à no^is, et que les uns acquièrent à prix d argent, les autres par de honteux commerces et même par des crimes; ou bien, et ce sont là les moins coupables par l'adulation, par les calomnies, les trahis n les artifices de tout genre et par les plus vile m laisances; se procurant ainsi. Bon-seulemen la noblesse, mais encore la richesse et les biens de
toutes sortes. .„„„i,.„ Chez les descendants de Jacob, le sceptio
était destiné aux enfants de son «'^ ^'^''^Te violent, incestueux, le plus n.éohant de dou.e frères, à qui fut réservée k ee ftre la force et rbénédict on de noblesse. De lui venait Dav.d, simple pasteur, qui, anobli par le titre de ro, ton.be au"s tôf dans le péché, le sacrUégc, l'adultère et 1 hom cid- Vo.l;. ce que les livres sacrés nous ap-
prennent des origines de la noblesse ; et par là nous voyons que, depuis le commencement du monde, elle n'a pas d'autre source que le crime et la violence!
— Plus la vie de l'homme est souillée, plus elle est honorée. Telle se montre la noblesse au sein du peuple de Dieu lui-même ; telle on la retrouve chez toutes les nations; consultez leurs histoires; étudiez ce qu'on sait des quatre grandes monarchies de l'antiquité, de celle des Assyriens, de celle des Mèdes, de celle des Grecs, de celle des Romains ; lisez l'histoire des royaumes modernes d'Espagne ou d'Angleterre, de ceux fondés par les Burgondes, par les Lombards, par les Francs. Chez ceux-ci voyez les crimes des premiers rois jusqu'à Pépm qui les supplante par la trahison, et jusqu'à Hugues Gapet, homme de sang, gladiateur' hardi • en faveur par là auprès du peuple de Paris, malgré sa basse extraction, car il est fils d'un ignoble boucher'. Secondé par une troupe de scélérats, il s'empare de la couronne, et, passant de la boucherie paternelle au trône, il peut transmettre celui-ci à ses descendants, qui l'occupent encore, jusqu'à ce que quelque basse intrigue de courtisane fasse tomber un jour cette couronne de leur front.
1- Le marquis de la Grange face pour le roman de Hugues opinion singulière, dont on a lui donnent pas pour cela saurait déterminer l'origine.
T. rr.
a relevé, en 1864, dans sa pré- Capct, cette assertion d' Agrippa; des témoignages anciens qui ne plus d'autorité, et dont on ne
— Mais il faut se borner et je ne puis, dit Agrippa, présenter que sommairement ce que j'ai développé ailleurs dans un ouvrage plus étendu i, pour prouver qu'il n'est pas au monde un royaume m une seigneurie qui n'ait commencé par le parricide, par la trahison, l'homicide, et par tous les crimes ; œuvres spéciales de la noblesse. Si telle est la tête du monstre, jugez de ce que peuvent être ses autres membres Il est fait pour le meurtre et la rapine, pour la violence, pour le luxe et pour les excès de tout genre Voulez-vous devenir noble, si vous ne l'êtes pas? Faites-vous d'abord chasseur; c'est le premier degré; puis soldat mercenaire; puis homicide à prix d'argent. Telle est la véritable essence de noblesse. Si vous arrivez jusqu'au brigandage, vous aurez conquis le grade le plus élevé. Si vous n'êtes pas capable de ces grandes vertus, payez à deniers comptant ce que vous désirez. Autrement, faites-vous parasite du prince; mêlez-vous aux courtisans de sa cour, amenez-lui votre femme ou vos filles ; ou bien prêtez-vous aux débauches des princesses ; épousez, si vous le pouvez, la maîtresse du roi, sinon alliez-vous à ses bâtards. G est \h le degré le plus éminent de la noblesse. Voilà comment
1. „ Nimis longum foret... regnorum omnium initia recen- ,sere E-o hanc rem quam hic sumraario conceptu tet.g., . a,n;Hor:volu.me desoripsi alibi, ipsam -omu^er^ sn. co « loribus et lineamenlis exacte expressi... » etc. p. 177). On ne connaît pas l'ouvrage auquel Agrippa Idit ainsi allusion.
on franchit les échelons qui y conduisent. Les plus estimés parmi ceux qui en jouissent, ceux qui priment tous les autres, sont ceux qui peuvent reporter tous ces mérites aux ancêtres d'oîi ils descendent, et qui prétendent venir d'étrangers, scélérats, transfuges et vagabonds, Troyens ou Macédoniens.
— Nous avons dit quels vices font les nobles ; mais plus nobles que les autres sont ceux chez qui ces vices sont héréditaires, ceux chez qui ils ont passé authentiquement des pères aux enfants. Cependant on voit en même temps ces hommes hypocritement parés de certaines vertus, feindre la bonté, la probité, la prudence, l'affabilité ; prodiguant libéralement aux uns ce qu'ils ont pris aux autres, et se donnant ainsi un vernis de générosité. Ils se couvrent du masque de la piété et de la justice ; ils se chargent des intérêts des pauvres contre les riches, pour nuire à ceux-ci bien plus que pour servir les autres ; sachant se faire craindre ; opprimant finalement ceux dont ils se portent les défenseurs. Pour échapper à cette tyrannie, les Suisses ont jadis immolé tous les nobles qui vivaient au milieu d'eux, et en ont proscrit la race de leur pays; de là leur haine contre les nobles; de là aussi la liberté dont ils jouissent dépuis quatre siècles.
— Toute noblesse, en un mot, est mauvaise en son essence. Parmi les animaux, ceux qu'on estime plus nobles que les autres, sont partout les plus nuisibles; ce sont les aigles, les vautours, les lions, les
tigres. Parmi les arbres, ceux qui sont réputés nobles et consacrés aux dieux sont ceux qui sont stériles, et dont les fruits ne sont d'aucun usage, comme le chêne et le laurier. Parmi les pierres, ce n'est pas la meule avec laquelle on broie le grain, c'est la gemme sans utilité qui est honorée. Parmi les métaux, enfin, les plus nobles sont l'argent et l'or, causes de plus de crimes que le fer luimême ; l'or surtout, pour lequel les peuples se combattent et prodiguent leur sang
Cette violente diatribe est avant tout un développement déclamatoire, comme l'ouvrage tout entier du reste d'où elle est tirée. Cependant on ne saurait se refuser à lui reconnaître, en quelque mesure, un certain accent de conviction; et il est permis de croire qu'au moment où il l'écrivait — on sait que c'est pendant une période de misère, à la fin de son séjour en France - l'auteur était loin de se ranger lui-même dans cette noblesse qu'il attaquait si violemment. Cette- disposition d'esprit devait changer cependant, et il est piquant de voir Agrippa, quelques années plus tard, quand il juge à propos de publier cet écrit même, attacher à son nom pour la première fois, et sans trop de raison, nous l'avons montré, les retentissantes qualifications qm se lisent sur le frontispice de l'ouvrage, Splendidx mhilitatis vir et armatx milùiœ eques auratus.
1. De incerIMudine el vanilaie Miarum alque arlium dedamalio. Gap. lxxx. tOpera, i. II, P- ^'ôl.)
Il est temps de nous arrêter dans cette digression. La première mention faite par Agrippa de sa prétendue chevalerie, à propos de son arrivée en France, nous a fourni l'occasion toute naturelle de nous enquérir de ses droits à cette distinction. Nous y avons joint l'examen des prétentions analogues qu'il manifeste dans quelques circonstances, au titre de docteur en l'un et l'autre droit ainsi qu'en médecine, et à la noblesse de naissance, dont il se targue, sur la fin de sa vie surtout, en certaines occasions. Il convenait de réunir ces différentes enquêtes sur des sujets en quelque sorte connexes à un certain point de vue. Elles aboutissent à des conclusions à peu près identiques, et prouvent l'évidente inanité, pour une bonne part, de toutes ces fantaisies De
1. Les prétentions d'Agrippa au caraclère de guerrier, aux lionneurs de la chevalerie militaire, à ceux du doctorat en médecine et en l'un et l'autre droit, ainsi qu'à la noblesse de naissance ont été généralement acceptées jusqu'à présent par les historiens qui se sont occupés de lui. M. Henry Morley, qui l'un des derniers a consacré à ce sujet un travail étendu, ne parle pas à cet égard autrement que ceux qui l'ont précédé, et suit les mêmes errements dans un ouvrage en deux volumes publié à Londres en 1856 sur la vie d'Agrippa: Tli,e life of Henry Corncliiis Agrippa vonNellcsheim, doclor and kniglU, commonhj knoivn as a magician. Pour M. Henry Morley, Agrippa est issu d'une noble famille, celle des Nettesheim attachés depuis plusieurs -générations à la maison d'Autriche. Henry, Cornélius et Agrippa sont des noms iiersonnels reçus par lui au baptême. Voué par sa noble naissance au service des Empereurs, il prend dès que l'âge le lui permet co parti indiqué, oii il suit les traces de ses ancêtres, dans les fonctions auliques
l'ensemble de ces conclusions ressort comme conséquence la mise en relief d'un des traits essentiels du caractère d'Agrippa: la vanité,. jointe à l'absence de tout scrupule dans le choix des moyens pour la satisfaire. 11 était bon de signaler ces particularités et d'en fournir, en quelque sorte, la démonstration.
Ce résultat constaté, nous reprenons le fil de notre récit, au moment où Agrippa, quittant Fribourg, arrive à Lyon, au commencement de l'année 1524.
aussi bien que dans la vie des camps. M. Henry Morley ne doute pas que son héros n'ait, comme il l'affirme, guerroyé en Italie pendant sept années coupées par quelques interruptions, mais sans perdre jamais son commandement militaire ; et que dès le début de ces exploits il n'ait été lait chevalier, en 1511 ou 1512, sur un champ de bataille. Pour ce qui est des titres scientifiques revendiqués par Agrippa, M. HeniT Morley croit savoir qu'il a été reçu docteur en théologie à l'université de Dole, en 1509, puis docteur en médecine, ainsi qu'en l'un et l'autre droit à celle de Pavie en 1515; que dès 1517, il a pu être médecin du duc de Savoie à Turin ; après quoi il aurait encore exercé la médecine à Metz, à Fribourg, à Lyon, et enfin à Anvers. M. Henry Morley paraît ignorer la brusque interruption imposée à cette pratique médicale, vers 1529, dans cette dernière ville. Plusieurs des solutions proposées par l'historien anglais sur les questions que nous venons d'énumérer n'ont d'autre fondement que les assertions très contestables d'Agrippa lui-même. Il en est quelques-unes en outre qui sont tout-à-fait gratuites. Sur d'autres questions dont nous parlerons ailleurs (Appendice nos VIII et XI), les conclusions de M. Henry Morley ne sont, croyons-nous; pas moins sujettes à caution.