Cette lettre est reproduite à peu près mot pour mot dans
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Af^t'ippa de ceLLe cause, dans son traité de l'incerti- Ludo et de la vanité des sciences, au chapitre xcvi, consacré à ce qu'il appelle Tart des inquisiteurs. Nous emprunterons à ces diverses sources réunies ce que nous avons à dire sur ce sujet.
Les détails consignés dans le chapitre du traité de l'incertitude et de la vanité des sciences consistent surtout dans l'exposition des raisons que l'inquisiteur faisait valoir pour justifier sa poursuite, et des considérations qu'Agrippa lui opposait pour en démontrer l'inanité. Les lettres au vicaire et à l'official sont des requêtes ayant le caractère de deux pièces originales de la procédure. Enfin la missive à Cantiuncula est un compte rendu dans lequel Agrippa se propose surtout, il le dit formellement, de signaler les abus ctlcs irrégularités dont il a fait argument pour triompher, sur le terrain du droit, des adversaires en présence desquels il se trouvait.
une autre missive adressée à un conseiller de l'empereur à Luxembourg, D. Henricus kguin doctor, etc., provincial Lucemhurijensis cxsareus consUiarius, qui avait manifesté le même désir que Cantiuncula. Cette seconde lettre qui n'est pas datée commence ainsi : « Retulit mihi dum essem apud Theonisvil- « lam civis noster NIcolaus Aquensis (Nicole Dex) le cupere <.< qaaî gesta sunt adversus mulierculam illam de Wapeyo, '< etc.. » Elle a été omise dans la Correspondance générale où elle aurait lait à peu près double emploi avec celle adressée à Cantiunoula (Ep. II, 40). On la trouve imprimée dans un volume de 1531 qui contient les documents relaiifsà la polémique sur la monogamie de sainte Anne.
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Il tient à mettre en relief, clans cette occasion, son talent de jurisconsulte.
— Voilà, dit-il en finissant, quelles exceptions j'ai su faire valoir contre l'inquisiteur et ses procédés exorbitants. Je te donne, en style du palais, titres, lois, chapitres et paragraphes, avec les gloses et l'opinion des docteurs; tu ne refuseras pas après cela, je l'espère, de me reconnaître pour un juriste accompli (Ep. II, 40).
Nous ne pouvons mieux faire, pour donner une idée de la cause, que de citer d'abord ce qu'il en rapporte dans cette lettre.
— Tu m'as demandé, dit-il, mon cher Cantiuncula, de te raconter comment il a été procédé à l'égard de cette pauvre femme de Woippy, muliercula de villa Wapeya, que j'ai réussi à tirer des griffes et comme de la gueule de Nicole Savini, l'impétueux frère prêcheur, inquisiteur de la foi. Je t'envoie toutes les pièces du procès; tu pourras juger toimême delà question; mais auparavant, je veux te faire brièvement le récit des excès dont cette pauvre vieille a été l'objet.
— Au début de l'affaire, une troupe ignoble de paysans conjurés contre elle envahit sa maison au milieu de la nuit. Ivres de vin et de débauche, ces misérables s'emparent de la malheureuse et, de leur autorité privée, sans aucun droit, sans licence de juge, ils la jettent en prison. Cependant le chapitre de la cathédrale, seigneur du lieu, la fait amener à MoLz et la remet aux mains de son juge
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ordinaire, l'orflcial de la cour épiscopale. Un terme est assigné aux paysans pour qu'ils aient à décider entre eux s'ils veulent se porter accusateurs ou bien procéder simplement par voie de dénonciation. Au jour dit, huit de ces coquins viennent audacieusement se déclarer accusateurs. Ils reçoivent, en conséquence, l'ordre de se constituer prisonniers avec l'accusée. Mais, grâce à l'inquisiteur qui siégeait comme assesseur avec l'official, il leur est accordé deux jours de répit, et c'est alors que commence l'œuvre d'iniquité. L'official Jean Léonard livre, à notre insu, pour quelques florins, à ses accusateurs cette pauvre femme, dont nous avions pris la défense. Quatre de ces misérables avaient été déjà écartés comme des scélérats notoires. Les quatre autres s'emparent de la victime et l'accablent d'injures, de coups et des plus mauvais traitements. Informé du fait, nous opposons en vain l'exception de loco non tuto. La malheureuse gémit dans la plus dure captivité, tandis que ses accusateurs se livrent en liberté à de bruyantes orgies. Cependant, après quelques jours de ces traitements indignes, l'official arrive à Woippy, pour instruire raff"aire. On produit alors un mémoire ou plutôt un libelle tout farci d'impostures ; et, contre les plus sûrs principes de droit; le procès se poursuit à la fois et par voie d'accusation et par voie d'inquisition. De notre côté, nous protestons, en refusant de comparaître in loco siispecio. Pendant ce temps-là, le mari de la pauvre femme est écarté, accessu ad judicium prohi-
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bito, pour éviter, do sa part, LouLe excepLion ou appellation.
— C'est alors que, sur l'avis de l'inquisiteur, de ce gros moine qui, sous son épaisse enveloppe, cache l'âme cruelle d'un bourreau, et conformément aux ineptes conclusions du libelle fabriqué dit-on par lui, ainsi qu'aux articulations sans consistance des accusateurs, l'official livre la malheureuse aux atroces épreuves de la torture. Il est lui-môme, aussi bien que ses acolytes, mis en fuite par cet horrible spectacle ; mais il laisse la victime aux mains de ses ennemis et des suppôts de l'inquisition. La pauvre femme continue à être tourmentée par ceux-ci, hors de la présence du juge, et ensuite elle est plongée de nouveau dans sa prison, où on la laisse inhumainement souffrir de la soif et de la faim.
— Cependant quel motif allègue-t-il, cet impitoyable inquisiteur, pour martyriser ainsi la malheureuse? Quelle preuve donne-t-il que cette femme soit réellement sorcière? Il dit que sa mère a été brûlée comme telle. Et moi, je lui réponds en face que les faits d'autrui soni sans valeur contre un accusé. Veux-tu savoir quelle raison il va emprunter alors à l'arsenal de sa théologie péripatéticienne? Il prétend que c'est la coutume des sorcières de consacrer le fruit de leur corps au diable; et que d'ailleurs, comme elles se livrent ordinairement à lui, il est tout naturellement le père de leurs enfants, et leur transmet héréditairement sa malice (Ep. II, 40).
C'est ainsi que l'affaire s'est engagée. En fait
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de théologie, Agrippa, grand docteur lui-môme, n'entend pas êire on reste avec son contradicteur, et, le suivant sur ce terrain, il lui oppose des objections qui lui semblent invincibles. « Avec ta perverse doctrine, dit-il à son adversaire, tu méconnais la vertu du baptême et de ses formules sacramentelles ; car si l'enfant reste au diable, même après que le prêtre a dit, sors esprit immonde et fais place au Saint-Esprit, que vaut dès lors le sacrement? Et qui te prouve d'ailleurs que le diable puisse engendrer? Sans doute, et la foi nous l'enseigne, les flls des hommes ne lui appartiennent que trop en naissant; mais le baptême les affranchit de la dépendance de Satan et les renouvelle en Jésus- Christ. Maintenant, ose-t-il ajouter, toi l'inquisiteur de la foi, avec tous tes arguments, tu n'es qu'un hérétique. » L'inquisiteur de son côté retourne l'accusation et s'écrie: «. Que parles-tu d'hérétique? Tu en es un toi-même, Agrippa; je saurai le prouver » (Ep. Il, 40).
Agrippa trouve heureusement pour sauver la pauvre femme dont il a pris généreusement la défense un moyen plus efficace que de convaincre d'hérésie le ministre de l'inquisition. Il adresse au vicaire de Metz une supplique où 11 résume ses exceptions de droit et oii il conteste la juridiction de l'inquisiteur.
— Il ne lui appartient pas, dit-il dans sa requête, de connaître du crime de sorcellerie ; et quant à celui d'hérésie, la présomption ne suffit pas pour le saisir de la cause. Il faut que l'hérésie soit manifeste.
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définio, el de plus cxprcssémcnL condamnée. Rien de semblable dans les l'aiLs présenLs. Ce moine cfïVonto cL altéré de sang ne mérite pas qu'on l'écoute, mais bien plutôt qu'on le chasse, pour s'être, arrogamment et sans raison, ingéré dans cette affaire, contre le droit et les canons, et en outrepassant les privilèges eux-mêmes de l'inquisition (Ep. II, 38).
Les seigneurs du chapitre se décident alors à faire ramener à Metz la pauvre villageoise. L'official meurt inopinément sui- ces entrefaites, et à son lit de mort, cédant au cri de sa conscience, il dicle à un notaire une déclaration par laquelle il reconnaîl, et proclame l'innocence de la malheureuse accusée. L'inquisiteur ccpendani, r.e lâ'jhc pas sa proie. La poursuite se trouvant arrêtée par la mort de Tofficial, i] prétend la reprendre lui-même pour soumettre sa victime à de nouveaux tourments, et finalement la livrer au feu. « Car, dit Agrippa, ces suppôts de l'inquisition croientne s'être acquittés de leur office, que quand ils ont brûlé ceux qui sont exposés à leurs poursuites. »
Agrippa néanmoins ne perd pas courage. Une requête pressante est adressée par lui au nouvel officiai; il remet en avant, sans se lasser, tous les arguments déjà produits par lui, et rappelle pathétiquement les remords du précédent Juge, avec la déclnration faite par lui àson lit de mort (Ep, IT, 39)- Enfin l'inquisiteur est débouté par le chapitre, seigneur Justicier du lieu, de son exorbitante prétention. Repoussé honteusement, battu dans son for, il
est sifflé et montré au doigt, dit Agrippa, pendant que la pauvre femme est déclarée innocente par le vicaire de Metz. Quant à ses accusateurs, ils sont plus tard condamnés eux-mêmes et punis d'une amende (Ep. II, 40.).
L'année suivante le curé de Sainte-Croix écrivant à son ami Agrippa, lequel avait alors quitté Metz, l'informe de ces faits.
— La vieille femme de Woippy, vetula de Vapeyia, que tu as sauvée du bûcher, vient me voir souvent, lui dit-il, et m'apporte en souvenir de toi de petits présents (Ep. II, 53.). Ses ennemis ont été condamnés à 100 francs d'amende ' ; ils craignaient, à ce qu'elle raconte, une peine plus rigoureuse encore, pour l'avoir injustement emprisonnée, sans licence de juge, ni commission de leurs seigneurs (Ep. II, 46.).
Telle est l'affaire de la prétendue sorcière de Woippy. Agrippa s'y était jeté avec une ardeur passionnée qui faithonneur tout à la fois à son esprit et à son caractère ; car il y avait déployé autant de sagacité que d'honnêteté et d'énergie. Il y réussit, malgré les difficultés très réelles de l'entreprise eu égard à la condition des adversaires auxquels il avait osé s'attaquer. Ce triomphe si légitime ne pouvait avoir cependant que de fâcheuses consé-
1. Somme assez considérable pour l'époque, et à peu près èquivalenLe à ce que seraient 1,800 francs de nos jours, comme on peut le voir par les explications rournies dans une note de l'appendice (n" XIVi)
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quences pour celui qui l'avait obtenu, et il devait en résulter finalement contre lui des rancunes dont il ne tarda pas à éprouver les effets. La vivacité avec laquelle il allait être combattu dans la querelle sur la monogamie de sainte Anne s'en ressentit certainement. Ce n'est pas là une simple présomption ; elle serait naturelle du reste. Nous avons le témoignage du fait dans un billet du Célestin Claude Dieudonné oii, parlant à Agrippa des ennemis qui s'acharnaient contre lui dans cette dernière polémique, il ajoute : — Une autre cause de la fureur des ignorants contre toi est la vigueur et le succès avec lesquels tu as pris dernièrement la défense de cette pauvre femme accusée d'hérésie et de maléfice. Mais ne t'en émeus pas, et reste fidèlement attaché à la défense de la vérité (Ep. II, 24).
Agrippa l'avait emporté dans sa querelle avec l'inquisition et ses suppôts. Mais, comme nous venons de le dire, le succès, qu'il avait obtenu ainsi, avait soulevé contre lui une passion et une haine avec lesquelles il avait maintenant à compter. Nous allons voir ces sentiments se manifester dans une circonstance oii ses ennemis réussissent à lasser sa persévérance, à ébranler même, non sans de sérieux motifs, son courage, et à lui faire quitter la place. Il s'agit cette fois d'un débat sur une question dont il peut sembler étrange, à première vue, que se soit préoccupé un esprit comme le sien, la question de la monogamie de sainte Anne. Pour expliquer cette singularité, il faut faire connaître quelques traits du
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mouvcmcnL des idées en France, à celle époque, touchanl les controverses religieuses, el signaler celle en particulier que souleva la thèse bizarre que nous venons d'indiquer. Il faut dire aussi quelques mots de l'homme qui, le premier, l'avait Ibrmulée et mise en discussion.
Vers la fin du xv" siècle et au commencement du de 1493 à 1507, vivail au Collège du Cardinal Lemoine, à Paris, un professeur de philosophie aussi savant que hardi, nommé Jacques Lel'èvre d'Elaples, Faber Stapulensis. Né vers 1435, il élait alors âgé d'environ cinquante ans ; il avait étudié à Paris, mais il ne s'était pas élevé jusqu'au doctorat; il était simplement maître ès-arts ou tout au plus bachelier. Briçonnet, évêque de Lodève, doué lui-même d'un esprit assez aventureux, l'avait attaché à sa personne en 1507, et plus tard quand il fut, en 1516, transféré au diocèse de Meaux, il l'y emmenait et en faisait son grand-vicaire. A celte époque, Jacques Lefèvre avait déjà publié divers travaux sur des sujets religieux, avec une traduction nouvelle des Épîtres de saint Paul. Il donne alors des dissertations qui attirent vivement l'atlenlion et soulèvent immédiatement une ardente polémique, bien moins pour leur importance propre, qu'en raison du caractère connu de leur auteur, porté vers les nouveautés dont l'Eglise s'effrayait à ce momcnl, non sans quelque raison.
Ces premiers essais de discussion et de ciilique historique appliqués aux traditions ot aux croyan-
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ces religieuses paraissaient téméraires. Ils semblaient répondre aux recommandations des novateurs qui prêchaient alors le renouvellement des études ecclésiastiques. C'étaient les débuts de l'exégèse moderne; science à peu près inconnue jusqu'alors, qui, appelant la lumière sur toutes les questions, donnant pour quelques-unes des solutions nouvelles, et répandant au moins un doute philosophique sur le plus grand nombre, est considérée comme un danger pour l'édifice de la foi. Car dans celui-ci une hardiesse malavisée a pu faire entrer parfois des assises peu solides, dont la chute serait de nature à compromettre la stabilité du monument lui-même. Tel est incontestablement le caractère des questions qui offrent prise non seulement aux démonstrations scientifiques, mais encore aux investigations de l'histoire. Le xvi" siècle et le xviie voient commencer ce travail; le xviii-" siècle devait le pousser avec vivacité ; de nos jours on cherche à réagir contre lui, en ressaisissant, avec plus d'ardeur que de prudence peut-être, bien des fils brisés dans les discussions antérieures.
Au commencement da xvi« siècle, les esprits étaient déjà puissamment attirés par ces polémiques, et l'ardeur qu'on y apportait de part et d'autre relevait bien plus de l'influence exercée par le courant général des idées, dans l'attaque comme dans la défense, et par l'esprit de lutte avec son cortège de passions aveugles, que du mérite et de la portée véritable des questions elles-mêmes dans la dis-
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CLission desquelles on se rencontrait ainsi. C'est ce qui explique les singulières querelles dont nous avons à parler ici, sur deux questions traitées par Lefèvre d'Étaples ; questions d'un intérêt très minime en elles-mêmes assurément, et dont la solution complète est d'ailleurs à peu près impossible, faute de documents. L'une est celle des trois Magdeleine; l'autre, celle des trois Marie.
La première de ces deux questions consiste à décider si la femme de mauvaise vie citée par saint Luc (ch vu, v. 37), la femme possédée qu'il nomme Marie Magdeleine (ch. viii, v. 2), et Marie sœur de Marthe et de Lazare mentionnée par saint Jean (ch. xi, v. 2), sont une seule et même personne ou trois personnes différentes. Les Évangiles, il faut le reconnaître, ne contiennent rien qui doive inviter à les confondre. L'Église grecque les a toujours distinguées, mais l'Église latine, conformément à une déclaration du pape saint Gro^^oire qui vivait au commencement du vn^ siècle, n'en faisait qu'une seule personne; doctrine généralement admise dans son sein jusqu'au xvi" siècle. Depuis lors, l'Église s'est rangée à l'autre opinion ^ Lefèvre d'Étaples devançant l'heure avait adopté et défendu, malgré d'ardents contradicteurs, cette distinction des trois Magdeleine, en même temps qu'il donnait aussi une solution nouvelle à celle des trois Marie dont nous
1. Tillemout, Mémoires pour seroir à l'histoire ecclésiastique drs six premiers siècles ; lom. II, note I sur sainte Marie Magdeleine.
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avons surtout à nous occuper ici, parce que c'est celle-là précisément que concernent les polémiques soutenues à Metz, en 1519, par Agrippa.
La question des trois Marie, beaucoup plus obscure et plus incertaine encore, s'il est possible, que celle des trois Magdeleine, touchait h l'histoire de la sainte Vierge, dont les Évangiles ne disent presque rien, mais dont les légendaires se sont beaucoup occupés. Il s'agissait de savoir si la sainte Vierge avait eu oui ou non deux sœurs portant comme elle le nom de Marie, ainsi que le voulaient certaines légendes. L'évangile de saint Jean donne, suivant Tillemont \ une sœur à la sainte Vierge, Marie de Cléophas, mère, est-il dit ailleurs, de saint Jacques le mineur, de José, de saint Jude et de saint Simon. Saint Jérôme, dit encore Tillemont, et d'autres Pères suivent cette opinion. La légende ajoute à ces indications que Salomé, épouse de Zébédée et mère de saint Jacques le majeur et de saint Jean, nommée aussi Marie dans le martyrologe romain sans qu'on sache sur quelle autorité, était également sœur de la sainte Vierge. Telle était la croyance générale admise par l'Église sur les trois Marie, au commencement du xvi"" siècle.
Une opinion ancienne que Baronius a adoptée, voulait pourtant que la sainte Vierge n'eût eu ni frère ni sœur. Cette opinion paraît l'ondée sur une légende apocryphe très ancienne également de la