XXVI . INTRODUCTION
de cabale, qui implique l'idée de tradition, suffirait au besoin pour montrer que cette science doit remonter plus haut que les premiers témoignages écrits qu'on en possède. Il est impossible de ne pas être frappé de ses rapports avec les croyances panthéistes de l'Orient asiatique, avec les mythologies de la Ghaldée et de la Perse et leur double hiérarchie céleste et infernale. On a cru pouvoir assigner une origine à quelques-uns des éléments essentiels de la cabale, en tirant de ce rapprochement l'explication de sa formation initiale, par l'action naturelle et l'influence des idées chaldéennes sur l'esprit juif, pendant la captivité de Babylone. Telle serait, suivant certains critiques, la source première des doctrines cabalistiques ; doctrines d'emprunt, d'origine orientale, cultivées et propagées en secret à la faveur du mystère, influencées et complétées plus tard par la métaphysique néoplatonicienne des écoles d'Alexandrie.
Les Juifs ont pu apporter de bonne heure en -Occident les théories et les procédés de discussion de la cabale; mais cette science paraît y être restée secrète et en la possession exclusive de leurs docteurs et de leurs rabbins, jusqu'au xin" siècle, époque de sa divulgation parmi les chrétiens. Les principes de la cabale se mêlent alors il ceux de la science hermétique pour les-
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quels, en plus d'un point, ils avaient de rai'finité.
Raimond Lulle (1235-131S) paraît s'être, un des premiers, occupé de cabale parmi les occidentaux. Il a écrit un livre intitulé, De auditii kabbalistico , sive ad omnes scicntias introdiictoriiim. Pic de la Mirandole (1463-1494) étudie plus tard aussi la cabale; vient Reuchlin (14SS-1522) qui travaille beaucoup avec les docteurs juifs et qui publie le De arte kabbalisticâ et le De verbo mirifico, composés par lui à l'aide des méthodes et par les procédés cabalistiques ; ouvrages qui servent de fondement à ce qu'on a, dans la suite, appelé la cabale chrétienne. Agrippa, au xvi° siècle, et le père Kircher, au xvn^, font encore de la cabale.
Les cabalistes occidentaux du moyen âge perdent, au reste, généralement de vue le côté métaphysique de ces vieilles doctrines, pour concentrer leur attention sur le côté dogmatique et mystique de l'ancienne cabale, touchant la hiérarchie des esprits et la mythologie des génies, des anges et des démons, avec la mise en œuvre des combinaisons de lettres et de mots empruntées à la symbolique de cette antique science. Rs entrent par là dans la démonologie et dans . le domaine de la magie, avec les pratiques mystérieuses au moyen desquelles ils prétendent évoquer les puissances supérieures et provoquer leur action sur le monde inférieur. Rs croient pouvoir
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ainsi produire des effets surnaturels et des miracles, deviner les choses cachées, prédire l'avenir, exorciser les possédés et guérir les malades, à l'aide de certains mots prononcés ou simplement écrits. Cette cabale pratique, maasith, que les cabalistes modernes distinguent de la cabale théorique ou spéculative, iyyounith, dont nous avons parlé "surtout jusqu'ici, n'était pas étrangère à la science antique, pour ce qui est notamment de la divination ; mais elle devait prendre, au moyen âge, une grande importance en s'associant à la science hermétique et en fournissant le contingent de ses "méthodes à la magie alors en grand crédit.
La magie que nous venons de nommer est le dernier mot et la plus haute expression des sciences et des arts occultes au moyen âge. Aussi quelques uns ont-ils prétendu mettre sous son nom la science universelle et absolue elle-même. Agrippa voulait faire de ce nom le titre de l'ouvrage qu'il a intitulé « Philosophie occulte », De occulta philosophia. La magie est, à proprement parler, l'encyclopédie des sciences et des arts occultes et des pratiques diverses qui s'y rapportent. L'art hormétique avec l'alchimie qui en dépend, avec l'astrologie qui s'en détache, et la cabale dont la mngie emprunte les procédés symboliques, viennent se
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