‹ Corneille AgrippaChapitre 3 sur 22 · X.NXIX · texte numérisé non relu

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fondre dans le vaste ensemble de cette science universelle, sans en occuper cependant le cadre complet qui renfermait beaucoup d'autres choses encore.

La magie comprenait notamment, avec la sorcellerie et les arts magiques proprement dits, la divination soit conjecturale procédant de l'observation des signes, soit plus spécialement magique fondée sur des pratiques mystérieuses.

A la divination conjecturale se rapportaient l'astrologie, conjectatio ex astris ; l'art de tirer des probabilités de l'examen des corps, conjectatio ex démentis, meteoris, plantis, arboribiis, brutis, des aspects divers de la figure de l'homme ou de ses membres, coyijectatio ex physionomia, ex manus lineis, chiromantia, metoposcopia, de l'explication des songes, conjectatio ex somniis , hziç>Q%o\da , de l'élude des sorts, conjectatio ex sortibus, cleromantia -/.Xripoij.avTefa, cubomantia, palomantia vel rabdomantia, stoicheiomantia, Indus dodecaedron, alectryomantia, onomantia, arithmanlia.

A la divination magique appartenaient les révélations obtenues du démon par divers procédés, tnancjaneia sive yoeteia, yeoma?itia, hydromantia per annulum, per lapillos, aut alia ex pelayi ayitatione , payomantia , aeromantia, pyromantia, necromantia, lecanomantia, yastromantia, catoptro- ''nn-antiayCristallomantia,dactylomantia, onychoman-

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tia , pharmaccia , coscinomantia , axiîiomantia , cephalgeonomantia, cleidonomaniia; et enfin les oracles, amjuria^ auspicia, haruspicina vel ariolatio, vaticinia, fur or.

La sorcellerie consistait dans les pratiques effectuées avec l'intervention directe des démons, dœmonomantia, lycanthropia; avec les pactes, explicita sive latentia pacta; les évocations, steganographia^i theurgia , conjurationes per litteras, numera^ verbos, carmina, imagines; les sacrifices, ohlationes, consecrationes ; les charmes et les prestiges, fascinationes ; les maléfices, maleficia somnifica^ amatoria, hostilia, venenaria, p)er murbum^ per mortem,} per inceudium; les alligations, aliigationes per annula, per si.gilla.

Les arts magiques proprement dits, magia naturalis seuphysica, operatrix vel artificiosa, comprenaient la médecine magique avec les fumigations, suf/ita, les philtres, les. onguents, les collyres, unctiones, ei enfui l'alchimie, chrysopeia, argijropeia ^

. Cette longue énumération n'est pas encore complète; elle suffit cependant pour donner une idée de l'infinie variété des doctrines et des pratiques

1. Celle iiornoiicliiUu-o, qu'on pourraiL sans grande utilité (!n,enclré encore, est empruntée, pour la plus grande partie, aux écrits d'Agrippri, ol à l'ouvragn dè Del Rio mentionné plus loin.

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comprises dans le cadre de la magie au moyen âge, et pour justifier ce que nous avons dit, que celle-ci était alors, comme le prétendait en effet Agrippa, l'encyclopédie en quelque sorte des sciences et des arts occultes. Ces théories bizarres et leurs applications étaient dominées par certaines spéculations sur les esprits et sur les nombres ; conceptions idéalistes qui en constituaient la métaphysique. Leur fondement reposait sur une foi absolue dans la vieille mythologie orientale des esprits et des génies, des anges et des démons , et sur une sorte de spiritualisme grossier assez voisin du panthéisme de la cabale, avec la croyance à l'intime liaison de tout ce qui existe soit dans l'ordre matériel, soit dans l'ordre spirituel, et à l'action toute puissante de l'esprit sur la matière, du céleste sur le terrestre. Ces doctrines impliquaient, avant tout, l'intervention du surnaturel dans le développement des faits humains et la possibilité de disposer à volonté de cet agent mystérieux, au moyen de certaines opérations dont les méthodes constituent les différentes branches de la science magique, comme nous les avons énumérées tout à l'heure, suivant l'objet spécial qu'elles concernent ou les procédés qu'elles emploient.

La magie embrassait tout par ses principes et dans ses applications. Son domaine était univer-

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sel ; mais ses pratiques aussi bien que ses théories étaient réputées coupables au premier chef, proscrites et condamnées au mystère. Ce n'était pas, du reste, chose nouvelle que ces singulières spéculations dont nous voyons l'épanouissement au moyen âge. La magie est de tous les temps. Elle est signalée dès la plus haute antiquité.

Les plus anciens écrits, les livres de la bible et les chants de l'odyssée en témoignent. Pline dit qu'on la trouve partout, en Perse et dans l'Orient tout entier, chez les Juifs et chez les Grecs, en Italie et dans les Gaules ^ Il parle amplement de la magie en différents endroits de son Histoire naturelle, ouvrage véritablement encyclopédique où il traite successivement de l'astronomie, de la minéralogie, de la géographie, de la zoologie, de la botanique et de la médecine. C'est dans cette dernière partie surtout, il n'est pas sans intérêt de le faire observer, qu'il a groupé les particularités relatives à la magie. Il constate son origine orientale^, sa diffusion et son crédit chez tous les peuples 3, le secret caractéristique oii elle se ren-

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