Polygraphia cim clave seu enucleatorio
4. Sleganograplvla; hoc cstarsper occullam scriplurani animi sui voluntalem ahsenlibus aperiendi certa.
avaient pour fondement les procédés de la science cabalistique , étaient beaucoup plus innocents au fond, que ne le faisait supposer l'appareil de combinaisons bizarres que l'auteur y étalait. L'abbé de Spanheim est, dit-on,- le premier qui ait parlé avec une certaine étendue de Faust, ce fameux docteur, cette espèce de magicien, dont la figure est devenue plus tard si populaire. On reprochait à Tritheim certaines opinions hasardées, comme de prétendre qu'à force de science et de vertu, on pouvait enlever et transporter les corps. On a remarqué sa fréquente insistance à affirmer sa parfaite orthodoxie, ses incessantes recommandations de s'en tenir surtout au texte des livres saints, en faisant passer avant tout l'autorité de Jésus-Christ et des apôtres ; au lieu d'abuser, comme on le faisait dans les écoles de son temps, de celle d'Aristote et des philosophes de l'antiquité. Par ces traits divers que nous retrouvons dans les écrits d'Agrippa, joints à un certain fonds d'érudition historique, et à des discussions mystiques, en ce qui touche notamment sainte Anne et la Vierge, on est à même d'apprécier quelle influence ont pu avoir sur ce dernier, Tritheim, ses idées et ses ouvrages.
Les écrits de Tritheim n'ont été pour la plupart imprimés que tardivement, comme cela du reste avait lieu généralement des ouvrages de son temps ; et un certain nombre d'entre eux ne l'ont même été qu'après sa mort. Il est donc difficile de savoir à quelle époque précise ils ont été composés, et de
dire par conséquent quels sont ceux qu'Agrippa pouvait connaître quand il fut pour la première fois conduit vers leur savant auteur. A défaut de ces ouvrages eux-mêmes qu'il ne connut certainement pas tous alors, ses entretiens au moins avec le célèbre abbé, avaient fait sur lui une profonde impression. Il en témoigne dans la lettre dont nous avons parlé déjà, où il rappelle sa visite à Wurtzbourg.
— Révérend père, dit Agrippa, lorsque naguère j'étais près de toi, dans ton couvent de Wurtzbourg, où nos entretiens roulaient sur la chimie, la magie, la cabale et autres sujets mystérieux, appartenant au domaine des sciences et des arts occultes, nous nous demandions pourquoi la magie estimée si haut par les anciens philosophes, vénérée dans l'antiquité par les sages et les prêtres, était devenue, dès les premiers temps de la Religion, suspecte et odieuse aux Pères de l'Église, et avait été bientôt repoussée par les théologiens, condamnée par les sacrés canons, et proscrite par les lois. En y réfléchissant, il m'a semblé que la cause unique de tout cela, était la dépravation des temps et des hommes, grâce à laquelle de faux philosophes , pseudo-p/ulosophi, des magiciens indignes de ce nom, mentito nomine magi, purent introduire d'exécrables superstitions et des rites funestes ; entasser, au mépris de Dieu et pour la perdition des hommes, leurs infâmes sacrilèges contre la religion orthodoxe ; et publier enfin cette quantité de livres condamnables que nous voyons
circuler de tous côtés, et auxquels est indignement donné, pour titre, le nom très respectable de magie. En s'efforçant d'assurer ainsi quelque crédit à leurs rêveries, ils ont fait de ce nom sacro-saint de magie un objet de haine pour les honnêtes gens, et une source de graves accusations contre les savants; de sorte que personne n'ose plus maintenant, par sa doctrine ni par ses œuvres, s'avouer magicien, sinon peut-être ces bonnes femmes de la campagne, qui voudraient faire croire qu'il est en leur pouvoir, comme dit Apulée, d'abaisser le ciel, d'enlever la terre, de solidifier les sources, de fondre les montagnes, et de faire toutes sortes de prestiges, dont parlent Homère, Virgile et Lucain.
— J'étais étonné et indigné tout à la fois de voir que, jusqu'à présent, il ne se fût trouvé personne pour venger du crime d'impiété de sublimes et saintes doctrines, et pour les présenter dans leur intégrité et dans leur pureté ; car tous ceux que j'ai vus annoncer l'intention de le faire, avec Roger Bacon, Robertus Anglicus, Petrus Apponus, Albertus Teutonicus, Arnoldus de Villanova, Anselmus Parmensis , Piccatrix Hispanicus , et beaucoup d'autres moins connus, au lieu de la magie qu'ils prétendaient nous faire connaître, ne nous ont donné que des extravagances dénuées de toute valeur, ou d'indignes superstitions. Aussi, cédant à mon indignation et au juste sentiment de mon admiration, curieux et intrépide explorateur des mystères de la nature, j'ai cru que ce serait une œuvre louable que
de restaurer l'antique magie, la doctrine des sages, après l'avoir purgée des erreurs de l'impiété et reconstituée sur ses solides fondements.
— Cette pensée me préoccupait depuis longtemps, mais je n'avais jamais osé m'y arrêter, quand nos entretiens de Wurtzbourg sur ce sujet, tes avis éclairés et tes exhortations, enflammèrent mon courage et me décidèrent à me mettre à l'œuvre. Je me suis appuyé sur l'opinion de philosophes d'une sincérité reconnue, pour dissiper les ténèbres accumulées par une fausse science, qui prétendait tout tirer de livres réprouvés. J'ai donc composé, en ces derniers temps, trois livres où se trouve concentrée toute la magie, sous le titre moins décrié de philosophie occulte ^ Je te les envoie, en te priant de les revoir et de les corriger, dans le cas où ils contiendraient quelque chose qui fût contraire à la vérité ou à la religion. N'approuve rien qui soit nuisible, mais ne me cache rien non plus qui puisse servir à mon objet, afin que, approuvé par toi, mon ouvrage soit digne d'être livré au public et d'affronter le jugement de la postérité. Vale. Pardonne à ma téméraire entreprise (Ep. I, 23).
Si l'on s'en rappor-tait aux termes précis de cette lettre, il faudrait, comme nous l'avons dit, admettre qu'Agrippa, presque au lendemain de sa visite à Wurtzbourg, eût conçu et exécuté dans un temps très court le traité de la philosophie occulte. L'évi-