INTRODUCTION VII
(ions, le plan d'un ouvrage, sa doctrine et son esprit. Ce goiU manquait à Laliarpe ; il a fait de la critique au microscope. Or, si vous examinez dans les détails un auteur comme Horace , il est plein de vérités particulières ; mais , si vous le voyez de haut , vous l'apprécierez tout autrement.
MM. Nisard et Villemain ont voulu gagner les hauteurs ; malheureusement l'esprit de leur critique n'est qu'une fausse et vaniteuse impartialité. Leur éclectisme a placé le vrai et le beau dans une sorte de juste milieu. Le gallicanisme de Bossuet est une merveille pour M. Nisard ; mais aussi n'est-ce pas un monstre que l'ultramontanisme ! D'autre part , Fénelon qui s'est soumis au pape a un grand tort, le « sens propre. » Critique contradictoire! M. Villemain, lui, blâme Voltaire de son impiété et le loue d'avoir été le « rénovateur de l'esprit européen. » Et cela s'appelle impartialité !
Cette critique, qui aboutit à l'éloge discret du mal, à l'éloge rétréci du vrai et du beau, paraît à M. Charaux ressembler exactement à l'hérésie catholique libérale. « Celle-ci, dit-il, prétend avoir l'amour de la vérité ; elle laisse communier ses adeptes , plus adroite que le jansénisme ; elle s'intitule catholique, elle a ses journaux et ses revues catholiques : elle plie un genou devant la vérité. Mais si Rome , par la voix du Saint- Père , demande la définition nouvelle d'un dogme de tradition ; s'il est question de proclamer l'infaillibilité