‹ CorneilleChapitre 3 sur 19 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

des papes, elle s'agite, elle proteste, elle supplie la vérité de ne point paraître dans tout son éclat , de se cacher encore quelque temps, elle conseille à Dieu la prudence : elle plie un genou devant l'erreur. »

Si la critique de M. Villemain et de M. Nisard peut être nommée catholique libérale , celle de Sainte-Beuve est la critique du mal. Ceux-là , par fausse impartialité, ont cherché le bien dans le mal ; celui-ci cherche le mal partout, même dans le bien. « Je ne suis content, a-t-il dit, que quand j'ai découvert le côté faible ou le point vulnérable d'un grand homme. >j C'est la critique prise dans le sens étroit et vulgaire : ou plutôt ce n'est pas la critique , mais la malignité littéraire. Disons au contraire : « Ce sera pour nous un bonheur d'ajouter un trait de plus à la beauté du caractère ou des œuvres d'un grand homme. »

La critique que 31. Charaux recommande et qu'il exerce est « idéale et catholique. » Par l'étude des grands écrivains , elle cherche à former, pour la perfection de l'intelligence et du cœur , un modèle du beau qui réponde à cette idée que nous en avons tous dans l'âme. Elle admire la beauté de l'expression , qui colore et embellit la vérité ; mais elle place au-dessus de tout la beauté de la vérité qui illumine la parole. Elle s'éclaire , par contraste , des modèles mêmes que fournissent les génies du mal ; elle est charitable pour les grands hommes, sans cesser d'être sin-

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