INTRODUCTION IX
cure ; généreuse pour Corneille , impitoyable pour Voltaire.
La critique , comme les autres œuvres littéraires de ce temps , est sortie de ses voies pour s'être éloignée du type divin. Elle n'a voulu voir que la forme; et, quand elle n'est pas allée jusqu'à prendre le modèle en horreur , elle n'a point osé le contempler dans toute sa perfection. Le catholicisme seul relèvera la critique jusqu'au parfait exemplaire de toute littérature et du beau en général ; seul, il lui fera découvrir et apprécier, comprendre et révéler le beau dans les œuvres réellement belles ; seul , en effet, il peut tirer du fond de l'âme l'idée vague de beauté et fournir un modèle qui serve de règle infaillible pour admirer ou pour écrire.
M. Charaux a raison de croire , et il a très-bien fait de dire hautement, dans son premier cours, qu'un professeur d'université catholique , pour être digne de son rôle et triompher des lettres païennes, renouvelées par la Révolution, doit être chrétien parfait, c'est-à-dire, confirmé dans la foi catholique, apostolique et romaine, sans nuance et sans nuage. C'est réellement à cette hauteur qu'il faut se mettre pour enseigner la littérature , pour définir les règles du goût et les lois du beau. Étroitement uni au vrai , le beau a sa source la plus profonde