‹ CorneilleChapitre 7 sur 19 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

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dont il entendait riiistoirc, surtout à la fin do sa vie.

Les romanciers, Alexandre Dumas, Balzac, Eugène Sue, se donnent la main. Le premier a célébré le plaisir, plus encore, la volupté; le second n'a vu que l'or nécessaire au plaisir et la volonté à la poursuite de l'or; le troisième est le romancier de l'envie, qui fait convoiter l'or pour arriver à la jouissance. De ces trois hommes, deux sont morts sans Dieu. Ils ont laissé au peuple, en place de la foi, la haine. Que leur roman s'appelle social ou d'un autre nom, c'est le roman sensuel. Par respect pour les dames qui assistent à ses cours publics, M. Charaux n'a i)oint parlé de George Sand.

Après les romanciers, les poêles. Lamartine, c'est le sensualisme raffiné, presque idéalisé, si délicat qu'il devient insaisissable. Lamartine est voluptueux, en face même du crucifix et de la mort, par la langueur de ses trop longues peintures. Jamais il n'a chanté la sainte Vierge; il avait un autre idéal moins chaste, plus sensible. — Victor Hugo est l'homme de l'effet retentissant : il va à l'absurde, do sang-froid, pour étonner et retenir le public. Son théâtre fausse les caractères, donne à l'exception la plus large place, embellit la laideur du vice, travestit la vérité, ferait aimer le mal en exagérant une seule vertu dans un personnage livré du reste tout entier au vice. — Alfred de Musset, le plus français de nos poêles, aboutit au

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libertinage par le scepticisme. — Déranger est le chantre populaire de l'impiété.

Parmi tous ces écrivains, philosophes, poètes, historiens, orateurs, quelques-uns ont été grands, par instants, à leurs débuts, lorsqu'ils étaient chrétiens; ils sont tombés, toujours plus bas, à mesure qu'ils abandonnaient la vérité catholique. Voilà ce qu'on a fait des lettres, en les séparant de la religion. Aussi ne nous étonnons pas si des hommes graves, si même les amateurs d'une fausse littérature qui les a empoisonnés la méprisent et la définissent mal.

Après avoir déraciné le préjugé contre les lettres, préjugé dont les écrivains anti-chrétiens sont les auteurs et dont nous sommes les victimes , après être remonté jusqu'à la croix qu'ils ont méconnue, M. Charaux applique au grand Corneille, à son histoire et à ses œuvres, au Cid particulièrement, cette critique qu'il aime à nommer idéale et catholique, dont il faut voir l'exemple avec la théorie dans son livre même.

L'admirable poëte est tout aussi héroïque que pas un^de ses héros. Notre professeur prouve cela parfaitement. 11 peint dans Corneille et par Corneille l'esprit de famille , le génie et ses tourments , surtout les épreuves du génie chrétien , d'autant plus exposé à

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l'envie, livré à la douleur, à la pauvreté, à la croix, qu'il est plus près de la vérité , plus près do Jésus- Christ dont il reproduit les traits , jusqu'à l'extrême souffrance. Corneille est bon, simple, crédule, comme les gens de bien, impressionnable , fier, brusque, tendre, aimant, plein d'une foi sublime. Il a les habitudes chrétiennes de nos ancêtres ; c'est le traducteur de l'Imitation. Après un premier triomphe , celui du Ciel, le noble poëte entre, comme le Christ au lendemain des Rameaux , dans la voie de la Passion. Il est escorté de quelque honneur, mais aussi livré à la raillerie , à l'insulte , à la pauvreté. Son cœur de père est déchiré; deux fils lui sont enlevés par la mort. A mesure qu'il souffre davantage, son caractère grandit, jusqu'à celte beauté de transfiguration qui jette un doux reflet sur ses derniers jours, sur son dénûment et sa profonde misère. A soixante-seize ans , le grand Corneille n'avait pas même de quoi se vêtir convenablement; et il refusa en toute simplicité le secours pécuniaire que lui offrait un parent. Celui-ci nous a raconté que cette indépendance fière de Corneille lui tira les larmes des yeux.

Après cette esquisse de la vie du poëte, M. Charaux aborde les oeuvres tragiques de Corneille. La vraie, définition de la tragédie doit se tirer de notre cœur et de !a bataille qui s'y livre souvent dans le silence. Si la tragédie antique était beaucoup plus majestueuse à

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