INTRODUCTION XIX
du Cid est moins espagnole qu'humaine; moins humaine encore, par la peinture et le développement des passions, que chrétienne et surnaturelle; idéale, en un mot, comme la grande tragédie doit l'être pour occuper dignement le cœur et l'esprit , en charmant les oreilles et les regards. »
L'œuvre du savant et religieux maître de l'université du Nord n'est pas finie. Il la continuera; d'après le même critérium doctrinal, il jugera les grands écrivains des âges catholiques et ceux d'aujourd'hui. C'est ainsi que peu ù peu , par leurs efforts persévérants , les docteurs de nos nouvelles écoles inoculeront aux lettres , aux sciences et aux arts, l'esprit chrétien, la sève et la vie.
Pour un catholique tel que M. Charaux , il n'est pas de meilleure joie ni de plus puissant encouragement que de retrouver, dans des documents pontificaux , l'expression de sa propre pensée. Le vaillant critique aura éprouvé celte ineffable consolation, s'il lui a été donné de lire une lettre latine que le Saint-Père adressait récemment à M. le baron Taccone-Galiucci. Pie IX félicite le noble écrivain de «" placer dans le Verbe de Dieu l'idéal suprême du beau et d'assigner, comme raison dernière de la supériorité des arts chrétiens, l'union do ce même Verbe divin avec la nature humaine. Car, en contemplant dans le plus beau des enfants des hommes le type parfait de toute beauté, les arts ont pu enfin
allier rélégance de la forme si merveilleusement cultivée par les Grecs avec ce que les hommes inspirés de l'esprit d'en haut avaient enseigné sur Dieu et sur ses œuvres. C'est en unissant de la sorte ce qui était auparavant séparé que les arts sont parvenus à cette perfection dont l'âme est ravie encore plus que les yeux. » (Bref du 27 août 1877.)
E. Marquigny. s. J.