‹ Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-ChristChapitre 14 sur 107 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Ce chapitre sur la Vaine Espérance n'offre guère dans la traduction que cette strophe à citer :

Ciel, que l'homme est vain, qui met $on espérance

Aux hommes comme lui !

Qui sur la créature ose prendre assurance ,

Et se propose un ferme appui

Snr une éternelle inconstance !

L'image contrastée de ces deux derniers vers appartient au poëte. Le curé de Montauban a mis dans ce passage une fermeté qui semble empruntée à Corneille :

a Malheur à l'homme vain dont l'aveugle imprudence Met sur un bras de chair sa folle confiance ! Pauvre aux yeux des humains , forcé de les servir, Si c'est pour Jésus-Christ, gardez-vous d'en rougir. • Uniquement fondé sur le secours céleste , Agissez , travaillez , et Dieu fera le reste.

Faites votre devoir, et laissez faire aux dieux ,

«dit le vieil Horace à son fils , à son gendre , en les en-

a Vanus est, qui spem suamponit in hominibus, aut in creaturi*. Non te pudeat aliis servire pro amore Chri&ti, et pauperem in hoc seculo vider i. Non stes super te ipsum , sed in Deo spem constitue. Foc quodin te est, et De us aderit bonœ voluntatu

IMITATION DE J. C. LIV. I, CH. VlII. 61

voyant mourir pour leur patrie. Ce vers, un des plus bemx de situation qui soient dans Corneille , est la traduction presque littérale de V Imitation. Mais le sacrifice des illustres guerriers, inspiré par une extraordinaire circonstance , a pour but la gloire , et pour témoins deux peuples tout entiers ; tandis que le chrétien , dans ses combats continuels , doit à chaque instant; lui , cacher ^ tous les hommes ses plus grands sacrifices, &H1 veut que Dieu tes voie»

ju.

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