CHAPITRE III
De f homme pacifique.
a Si tu veux réunir à mettre en paix Us autres , Commence è vivre en paix chez toi (t); Leurs esprits aisément se règlent sur les nôtres , L'exemple est là plus douce et la plus forte loi.
Ce calme intérieur est le trésor unique Qui soit digne de nos souhaits s L'homme docte sert moins que l'homme pacifique, Et le fruit du savoir cède à ceux de la paix.
Le savant qui reçoit sa passion pour guide ,
N'agit sous elle qu'en brutal; Le bien lui semble un crime » et sa croyance avide Vole même au-devant de ce qu'on dit dé mal*
Qui se possède en paix est d'une autre nature T .
Il sait tourner 1e mal en bien - y Il sait fermer l'oreille au bruit de l'imposture,. Et jamais d'aucun autre il ne soupçonne tien.
h MaU qri vit nuU^ontent et suti l'impatience De ses bouillants et vains désirs; Celui-là n'est jamais sans quelque défiance , Et voit partout matière à de prompts déplaisirs.
a Pane te prime inpaeé, et tune alios poterie pécifiiar*.
b Qui maie contentus est it oemmotus, variis suspicionibus a$i~ tatur$ nec ipse quiéscit, net alias quiesccre permittit. Dicit sœpe et facit quod dicere non debçret etfacere; ei omitlit quod sœpe sibi magisfacere expediret.
Comme tort fliït ombrage aux soueis qu'il se donné,
Tout le èksee, tout M dépMt ; II n'a point de repos , et n'en laisse à personne, II ne sait ce qu'il veut, ni même ee qu'il est.
Il tait n qu'il doit dire y U M ce qu'il doit taire ;
Il va quand H doit s? arrêter ,* Et son esprit troublé quitte ce qu'il faut faire, Pour faire **ec chaleur ce qu'il faut éviter (a) .
Quand sa sévérité veillé à toute heure et glose
Sur Us plus légers torts d f autrui ; lui , sur ce qu'il a fait, tranquille , se repose, Comme si Dieu jamais n'avoU rien-dit pour lui (&)*
Réfléchis donc un peu , . malheureux , et regarde
Quel zèle aveugle te confond ; Mets sur ton propre cœur une soigneuse garde , Et considère après ce que les autres font.
Tu sais bien t'excuser, et n'admets point d'excuses
Pour les foiblesses du prochain; Il n'est point de couleurs pour toi que tu refuses , Ni de raisons pour lui qui ne parlent envain .
Sois-lui plus indulgent , et pour Joi plus sévère; En voyant tes défauts , crois-moi, c Excuse ceux d'un autre , et souffre de toH frère , Si tu veux que ton frère aime à souffrir de toi.
Vois-tu combien ton âme est encore éloignée
De l'humble et vive charité , - Qui jamais ne s'aigrit , jamais n'est indignée , Jamais ne veut de mal qu'à sa fragilité f
c Si portari pis, porta et tu aliuni.
to