‹ Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-ChristChapitre 42 sur 107 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Du chemin royal de la sainte croix. .

a Homme, apprends qu'il te faut renoncer à toi-même, Que pour suivre Jésus il faut porter ta croix : Pour beaucoup de mortels ce sont de rudes loix , . Ce sont de fâcheux mots pour un esprit qui t'aime. Mais il sera plue rude encore et phis fâcheux, Pour qui n'aura suivi ce chemin épineux , D'entendre au dernier jour ces dernières paroles : <t Loin de moi , malheureux , loin , maudits criminels , Qui des Mens passagers avez fait vos idoles , Trébuchez loin de moidans les feux étemels. »

En ce jour étonnant qui du sein de la poudre Fera sortir nos os à leur, chair rassemblés ,

' Les bergersM les rois également troublés Craindront de cet arrêt V épouvantable foudre. Les abîmes ouverts des célestes rigueurs , D'un tremblement égal rempliront tous le$ cœurs Où cette auguste croix ne sera point empreinte; Mais ceux qui maintenant suivent son étenàart , Verront lors tout frémir d'une trop juste crainte , Et dans ce vaste effroi n'auront aucune part.

' a Duras multis videtur hic sermo , abnéga iemetipsum , toile cru* cem tuam, et sequere Jeaum. Seâ multo du ri us erit au dire illud extremum verbum : discedile a me, maledicii, in ignem œternum»

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Porte donc de bon cœur cette croix salutaire Que tu vois attachée à ton infirmité; Fais un hommage à Dieu d'une nécessité, Et d'un mal infaillible un tribut volontaire. Tel est notre destin , telles en sont les loix , Tout homme pour luir-même-est une vive croix , Pesante d'autant plus, que plus lui-même il s'aime ; Et comme il n'est en soi que misère et qu'ennui , En quelque lieu qu'il aille , il&e porte lui-même , Et rencontre la croix qu'il y porte avec lui.

Ne crois pas te soustraire à cette loi commune Dont aucun des mortels n'a pu se dispenser; Quel monarque par là n'a-t*-on point vu passer f Qui des saints a vécu sans croix,. sans in fortune f Ton maître Jésus-Christ , jusques à son tombeau , N'a-t-ikpas, comme nous , porté son lourd fardeau f N'est-Upas dans les deux monté par les supplices 9 Et tune veux pour toi que pompe et que plaisirs, Qu'une oisiveté vague où flottent les délices , Qu'une pleine, licence. où nagent tes désirs!

Tu. t' abuses , pécheur, si ton dme charmée.

Cherche autre chose ici que tribulations , Elle n'y peut trouver que des afflictions , / Que des croix dont la vie est toute parsemée : Souvent même, souvent nous voyons arriver Que plus l'homme en esprit apprend à s'élever, .

tiorem viam supra, nec securiorem viam infra, nisi viam sanctœ crucis.

d ToiavitaChristi crux- fuit et marlyrium-, et tu tibi quœris requiem etgaudium! Erras, erras si aliud quœris quant pat i tribulationes: quia tota vita isia mortalis plena est miseriis, etcircumsignata crucibus.

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