‹ Corneille et Gerson dans l'Imitation de Jésus-ChristChapitre 46 sur 107 · CHAPITRE IK · texte numérisé non relu

CHAPITRE IK

Continuation 4

a ParU, parie, Seigneur, ton serviteur écoute ^ Je dis ton serviteur, car enfin je te suis, Je le suis, je veux l'être, et marcher dans ta routé , Et le» jours et les nuits.

Remplis-moi d'un esprit qui me fasse comprendre Ce qu'ordonnent de moi tes saintes volontés, Et réduis mes désirs au seul désir d'entendre Tes hautes vérités.

Mais désarme d'éclairs ta divine éloquence, Fais-la couler sans bruit au milieu de mon c&ur ,* Qu'elle ait de la rosée et la vive abondance , Et l'aimable douceur.

Fous ta craigniez , Hébreux, vous pensiez que ta foudre, Que la mort la suivît , et èâttoutàèsoltr, Vous qui dans le désert ne pouviez vous résoudre A V entendre parler.

b « Parte-noWj parjerr^ous , disiez-voys à Moïse , Mais obfims^Seign^r qu'tf uç. nous parle pas $ Des éclats de sa voix tâtonnante surprime Seroit notre trépas* »

a Loque re, Domine, quia audit se ru us tuus. Servus iuus ego sum*

Da mihi intellectum , ut sciam testimonia tua. Inclina cor m$um in verba oris lui: ftuat ut ros eloquium tuum* b Dicebàni olim filii Israël ad Mqysen : Loquere nobis tu, et au-

diemui : non loauatur nobis Domitius , ne forte morianmr*

c Je n'ai point ces frayeurs alors que je te prie , Je te fais d'autres vœux que ces fils d? Israël ; Et plein de confiance humblement je m'écrie Avec ton Samuel :

« Quoique tu sois te seul qu'ici-bas je redoute , Oest toi seul qu'ici-bas je souhaite d'ouïr ; Parle donc , 6 mon Dieu, ton serviteur écoute, Et te veut obéir. »

Je ne veux ni Moïse à m 9 enseigner tes voies , Ni quelqu'autre prophète à m f expliquer tes loix ; C'est toi qui les instruits , c'est toi qui les envoies , Dont je cherche la voix.

Comme c'est de foi seul que tous ont ces lumières Dont la grâce par eux éclaire notre foi, Tu peux bien sans eux tous me les donner entières , Mais eux tous rien sans toi.

Ils sèment la parole obscure, simple et nue, . Mais dans l'obscurité tu rends l'œil clairvoyant. Et joints du haut du ciel à la lettre qui tue L'esprit vivifiant.

Leur bouche sous l'énigme annonce le mystère , Mais tu nous en fais voir le sens le plus caché ; Ils nous prêchent tes loix, mais ton secours fait faire Tout ce qu'ils ont prêché.

c Non sic, Domine, non sic ego: sedmagis oum Samuele Propheta humiliter ac desideranter obsecro. Loquere , Domine , quia audit ser.vu» tuus. Non loquatur mihi Mqyses , aut aliquis ex Prophetis , sed potius lu loquere, Domine Deus, inspirator et illuminator omnium Prophelarum: quia tu solus sine eispoies me perfecte erudire ; illi autem sine le nihil...

d Ils montrent le chemin, mais tu donnes la force D'y porter tous nos pas 9 de. marcher jusqu'au bout ; Et tout ce qui vient d'eux ne passe point Vécorce, Mais tu pénètres tout.

Ils n'arrosent sans toi que les dehors de l'âme , Mais sa fécondité veut ton bras souverain ; Et tout ce qui V éclaire , et tout ce qui V enflamme , Ne part que de ta main.

Ces prophètes enfin ont beau crier et dire , Ce ne sont que des voix , ce ne sont que des cris , Si pour m profiter l'Esprit qui les inspire Ne touche nos esprits.

« Silence donc , Moïse ; et toi parle en sa place , Eternelle , immuable , immense vérité ; Parle y que je ne meure , enfoncé dans la glace De ma stérilité.

C r est mourir en effet qu'à ta faveur céleste Ne rendre point pour fruit des désirs plus ardents ; Et l'avis du dehors n'a rien que de. funeste, S'il n'échauffe au dedans.

Cet avis écouté seulement par caprice , Connu sans être aimé , cru sans être observé , Cest ce qui vraiment tue , et sur quoi ta justice Condamne un réprouvé.

â Viam ostendunt, sed ta confortas ad ambulandum. Illi foris tantum agunl, sed tu corda instruis et illuminas, Illi ex te ri us rigant y sed tu feconditatem donas. Illi clamant auribus, sed tu audir 4ui intelligentiam tributs.

e Non ergo loquaturmihi Moyses; sed tu, Domine Deus meus, csterna veritas, ne forte moriar, et sinefructu ejjïciar, si fuero tantum foris admonitus , et intus non accensùs: ne sit mihi ad judicium verbum auditum , et non factum ; cognitum et non amatum -creditum et non servatum*

490 COlffEI LU.

Parle donc, 6 mon Dieu; ton serviteur fidète Pour écouter Ui voix réunit tous ses sens t Et trouve Us douceurs de la vu éternelle En ses divins accens.

f Parle pour consoler mon âme inquiétée , Parle pour la conduire à quelque amendement, Parle afin que ta gloire ainsi plus exaltée Croisse éternellement.

Quel développement sublime et touchant de ces mots du livre I er : Tu miki loquere soins !

Toi seul, 6 mon Diea, parte-moi!

Cette prière ne pouvoit être mieux placée qu'au commencent d'un livre où Dien lui-même va parler à l'âme fidèle , en répondant à ses instances, suivant cette promesse de l'Ecriture : « demandez , et vous obtiendrez, frappez, et Ton vous ouvrira. »

f Loquere mihi, ad quaUmcumque animas mece conêùlationem, et adtotius pitœ meœ emençlationem^ tibi autem adlaudem etgloriam, et psrpetuum honorem. '

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