‹ Corneille et son temps: étude littéraireChapitre 15 sur 31 · QUI VENAIT DE MOURIR · texte numérisé non relu

QUI VENAIT DE MOURIR

Claude Sarrau, conseiller au Parlement de Paris et savant célèbre^ écriyait^ le 14 décembre 1642^ à Pierre Corneille, alors i Rouen, où il avait eu des relations avec Sarrau qui y avait séjourné quelque temps après 1640, et pendant l'interdiction du Parlement de Normandie :

Scire imprimis desidero... utrtim tribus eximlis et dîvinîs tuis dramatibusquartumadjungere mediteris. Sed, praesertim, excitandic sunt illse tu» Divae ut aliquod carmen te seque dignum pangant super Magni Panis obitu,

Multis ille quidem flebilis occidit,

Nulli ilebilior quam tibi, Corneli. Ille tamen, volens, noiens, Apollînari laureâ caput tuum redimivisset, si perennasset diutiùs. Operum saltem tuorum insignem laudatorem aniisisti. Sed non eget virlus tua ullius prsconio : quippe qu£ per universum terrarum orbem,

Quà sol exorituff que sol se gurgite mer gît,

Latissimè simul, cum gloriâ tuâ diffusa , tôt admiralores naela estquot vivunt eruditi et candidi.

In tanto igitur argumento silere te posse vi\ credani. Istud (amen omne fuerit tui arbitrii :

InvUo non si va in Parnasso,

Inaudivi nescio quid de aliquo tuo poemale sacro, quod an aflectum, an perfectum sit, quseso, rescribe. Yale, et me, ut facere te scio, diligere perge.

Lutetise Parisiorum, idûs decembris 4642.

i90 ÉCLAinCISSEMENtS ET PIÈCES HISTORIQUES.

« Je désire d*abord savoir si, à tes trois excellents et divins drames, tu as le projet d*eQ ajouter un quatrième. Mais il faut surtout que ta muse s*anime à produire quelque poème, digne de toi et de lui, sur la mort du grand Pan : Il est mort bien regrettable pour beaucoup de gens {Multis ille quidem flebilis occidit) , mais pour personne plus que pour toi ; car, bon gré mal gré, s*il eût vécu plus longtemps, il eût ceint ta tète du laurier d' Apollon. Tu as perdu un illustre louangeur de tes œuvres ; mais ton mérite n*a besoin des louanges de personne, car dans tout Tunivers :

Quà sol exoritur^ quà sol se gurgite mergitf tu trouves autant d'admirateurs qu'il y a d'esprits savans et délicats.

J'ai peine à croire que tu puisses te taire sur un si grand sujet. Pourtant, que toi seul en décides :

Invito non si va in Pamasso.

J'ai entendu parler de je ne sais quel poème sacré de toi; écrismoi, je te prie, s'il est, ou non, terminé. Adieu, et continue de iii*aimer comme je sais que tu le fais. »

{ClataUi Sarravii Epitolœ, Epist. 49.)

No III.

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