ACTION ÉPISODIQUE
Au développement de l'intrigue principale vient s'entremêler l'histoire de la collation et de la sérénade qui causent la jalousie d'Alcippe. Cet épisode, tout d'abord, se présente un peu comme une énigme dont nous saurons finalement le mot. Alcippe,ami de Dorante et amoureux de Clarice, vient d'être avisé qu'une collation avec une sérénade a été offerte la veille au soir à Clarice. Sa jalousie s'en inquiète, et, comme Dorante s'attribue le mérite de cette galanterie (1), il le provoque en duel, après avoir fait une scène à Clarice (2). Un ami commun, Philiste, sépare les deux combattants (3) ; et Dorante, instruit par Alcippe du motif de la provocation, explique que la personne à qui il a offert sa prétendue sérénade, étant une femme mariée, ne peut être la maîtresse dont parle Alcippe (4). Par qui, alors, si ce n'est point par Dorante, la collation at-elle été donnée ? Voilà ce qui tourmente encore Alcippe. La. vérité est qu'il n'a point du tout été offert de collation à Clarice : l'erreur d'un page a causé cette vaine alarme par un faux avis : c'est ce que Philiste explique à Alcippe, et celui-ci n'a plus qu'à faire sa paix avec Clarice en lui présentant ses excuses pour ses reproches mal fondés (5). Toutes ces excuses,
(4) lit, 1. Depuis plus de deux ans j'aime secrètement... etc.
d'ailleurs, ne lui rendraient point Clarice, si Dorante ne tournait point à la fin son amour vers Lucrèce ; car, si la collation n'était qu'imaginaire, Dorante était bien réellement devenu, dès le début de la pièce, le rival, et le rival heureux d' Alcippe; mais Alcippe restera sans en rien savoir (i).
(1) Cf. V, 6. Et vous, belle Clarice, aimez toujours Alcippe..., etc.