‹ Corneille: études sur le théâtre classiqueChapitre 44 sur 134 · LE HEROS DE LA PIECE · texte numérisé non relu

LE HEROS DE LA PIECE

Le péril du jeune Horace, du reste, ne nous intéresse pas assez pour nous faire craindre bien vivement le résultat de ce procès. Corneille le dit (i) : « c'est un péril infâme dont il ne peut sortir sans tache. » Il a tué sa sœur, après tout : et par cette action, le roi Tulle nous le dira, il a, selon les lois, mérité la mort. Il ne peut plus nous être assez sympathique pour que son péril nous cause beaucoup d'émotion. Si nous désirons son acquittement, c'est moins à cause de lui qu'à cause de son père qui le dispute à la mort.

Nous touchons ici à un grave défaut de la pièce : l'absence d'un héros vraiment sympathique auquel nous puissions nous attacher d'un bout à l'autre. Si l'on se reporte aux intentions de Corneille, nettement exprimées d'ailleurs dans V Examen de la pièce, le héros de la tragédie est le jeune Horace : lui seul nous occupe, presque dès le début et jusqu au terme de la pièce, de ses actions et de ses périls successifs ; il est le vainqueur dans le combat, la pièce finit quand il est sorti de son procès ; Corneille a voulu, évidemment, nous faire admirer en lui la grandeur de son patriotisme, et, peut-être, nous la

n'est question que du droit particulier du vieil Horace sur son fils, et non des lois de l'Etat, (l'j Examen.

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