H) II 1;1V
(2) I, 3. Il est Arménien, et vous êtes Romaine, etc.
Un songe en noire esprit passe pour ridicule...
Néarque, lui, est autre chose qu'un confident banal. D'abord, il est du même rang que Polyeucte, il est son égal et son ami. Ensuite il a un rôle, un intérêt dans l'action, — apôtre au début, martyr à la fin ; il a un caractère à lui, il n'est pas un personnage quelconque. Il reste néanmoins un personnage secondaire. Il disparaît dès le troisième acte, et son rôle est essentiellement subordonné à celui de Polyeucte.
C'est lui qui a converti Polyeucte, c'est lui qui, au début de la pièce, entraîne Polyeucte au baptême : il représente dans cette première scène le sentiment chrétien, luttant contre l'amour de Pauline; la victoire qu'il obtient sur les hésitations de Polyeucte marque, chez celui-ci, un premier triomphe de la grâce sur les affections terrestres.
A son tour, Néarque a besoin d'être entraîné par Polyeucte, quand celui-ci veut aller renverser les idoles. Il permet ainsi
Polyeucte de développer les sentiments qui l'animent : le récit de l'acte commis par Polyeucte dans le temple, — récit fait plus tard par une païenne, par Stratonice, — n'aurait pu suffire, à lui seul : nous aurions connu l'action elle-même, nous n'aurions pas bien senti le zèle chrétien qui l'a inspirée. — ■ Rien, d'autre part, ne pouvait mieux nous faire juger de l'enthousiasme de Polyeucte que la comparaison entre les deux chrétiens, l'un fervent et courageux, mais raisonnable, l'autre tout brûlant de l'ardeur du martyre. — Enfin, pendant cette scène où Néarque est entraîné par Polyeucte, on se rappelle la scène du début où les rôles étaient renversés, on entend Polyeucte reprendre les maximes (1) qui étaient alors dans la bouche de Néarque lui-même, et ce contraste nous fait mesurer pour ainsi dire le progrès du sentiment religieux chez Polyeucte, l'effet exercé par le baptême récent.
(I) 11 faut, je me souviens encor de vos paroles... etc. (II, 6.)
les r6les secondaires Néarque s'est associé à l'entreprise de Polyeu pour lui, la peine suit immédiatement le crime courageusement : sa mort elle-même n'est encore di qu'un moyen, par rapport au personnage princi vue du supplice de Néarque doit servir, dans la Félix, à ébranler la résolution dé Polyeucte. Elle réalité qu'à redoubler chez celui-ci le désir de me une épreuve dont Polyeucte sort victorieux.
Ainsi, dans tout son rôle, et par sa disparition troisième acte, Néarque sert au développement Polyeucte ; il contribue dans la pièce à l'expressic ment chrétien.
CHAPITBE III