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(S) CI. III, 1. Lea dieux... trouveront un ho
Contre tant de héros que vous
111, i. Je vois sur la frontière une p
qu'elle place en Nicomède, elle ne changerait point pour cela de courage : si on lui demandait ce qui, en pareil cas, lui resterait encore: « Moi », répondrait-elle, comme Médée, — moi, c'est-à-dire la fière conscience de son inflexible volonté. Privée de l'appui de Nicomède, dépouillée de son royaume héréditaire, elle garderait toujours intacte sa dignité de reine : aux colères du faible Prusias qui lui fait entrevoir comme une perspective effrayante ses États envahis et son trône perdu, elle répond avec une sereine tranquillité :
Je perdrai mes Etats et garderai mon rang;
Et ces vastes malheurs où mon orgueil me jette,
Me feront votre esclave et non votre sujette.
Ma vie esl en vos mains, mais non ma dignité. (III, 1.)
C'est donc, en somme, le même genre de grandeur que nous trouvons en Nicomède et en Laodice. Ces deux volontés également fières, également inflexibles, seraient faites pour se contredire plutôt que pour s'entendre, si l'amour ne mettait entre elles une harmonie. Corneille, avec beaucoup de tact, a évité tout ce qui, dans la peinture de cet amour, pouvait déranger l'impression du caractère de Nicomède. Il ne nous a point montré Nicomède, en face de Laodice, dans l'attitude d'un soupirant ; il ne lui a point prêté, envers elle, un langage comme celui que Sévère lui-même, dans Polyeucte, peut, sans s'abaisser, tenir à Pauline : Nicomède est sûr de Laodice et de sa foi ; le ton soumis de la galanterie s'accorderait mal avec sa figure hautaine et railleuse ; Làodijce n'attend pas de lui de pareils hommages. Elle ne cherche pas non plus à-exercer sur lui un empire comme celui qu'Emilie exerce sur le faible Cinna : cela donnerait trop à craindre que Nicomède un jour n'ait, pour elle ou pour une autre, les complaisances d'un Prusias pour une Arsinoé. Ce que Laodice aime dans Nicomède, c'est justement la fierté d'une àme vraiment royale ; et ce
n'est point elle qui -voudrait, en abaissant le princi moins digne de son amour. Elle ne pourrait plus elle ne pouvait plus l'admirer (t).
Quand Nicomède vient se vanter devant elle dt où il croit avoir mis Arsinoé (2), elle prend un toi discret pour lui exposer ses doutes, pour lui faire se laisse peut-être duper un peu éLourdiment par . sa marâtre : elle risquerait de rendre Nicomède u cule à nos yeux, si elle accueillait avec trop de les espérances qu'il vient lui confier ; plus fine el cace que lui, elle ne veut pas en tirer avantage ; vouloir éviter de se donner sur lui l'apparence ) supériorité.
Elle devinait juste, cependant, et elle aura plus ver elle-même, par la sédition qu'elle excite, le imprudent qui devait la protéger; mais elle s'effai ment quand il revient vainqueur. Tout ce qu'elle de son amant, c'est qu'il confirme, par sa génén Arsinoé vaincue, la haute idée qu'elle avait de I juge assez récompensée par l'orgueil d'avoir pu, se donner l'air de protéger, dans la personne de ennemie, la majesté royale en péril (31.
En résumé, si cet amour 1 de Nicomède et de Lai pas, en lui-même, un grand intérêt dans la piè moins l'avantage de compléter l'impression de I' de rester très à propos subordonné à l'idée princii présente Nicomède, défenseur jaloux de la dignité
ATTALB.
Entre les deux groupes formés par Prusias et Ai part, — par Nicomède et Laodicc de l'autre, Att
1*1 ni. *.
(3) Cf. V, 6.
sorte de transition. Son rôle dans la pièce est de s'écarter de l'un pour se rapprocher de l'autre. Et le principe de cette transformation est l'admiration qu'il ressent pour Nicomède.
Cette admiration a son point de départ dans l'impression qu'il éprouve en se trouvant pour la première fois en présence du héros. Plein de confiance dans les encouragements de sa mère et dans l'appui de Rome, il prétend disputer Laodice à Nicomède, et il ne parait pas, au début, disposé à montrer pour son aîné beaucoup de déférence (1) : mais il le voit, sans le connaître encore, intervenir avec un ton d'insultante raillerie dans son entretien avec Laodice; et lorsqu'il comprend, aux paroles échangées un moment après entre Nicomède et Arsinoé, quel est celui qui lui a tenu de si insolents discours, il semble être subjugué par la hautaine ironie qui l'avait d'abord irrité (2). L'allure héroïque et le fier langage du prince ont produit cet effet plus encore que le prestige, déjà connu, de ses victoires; car Attale, ayant Rome pour lui, ne pense pas avoir sujet de craindre Nicomède. C'est pour cela qu'il croit pouvoir, sans s'humilier, témoigner à Nicomède l'espèce de respect qu'il ressent pour lui : la hauteur méprisante de son aîné ne parvient pas à décourager sa trop persévérante courtoisie; il entend, sans les relever, les insultes (3) qu'il s'attire en réponse à ses compliments (4).
Sa situation, d'ailleurs, est assez équivoque ; car, tout en estimant au fond Nicomède, tout en lui adressant un langage flatteur, il est destiné à profiter de ses dépouilles. Sans doute, il n'est pas au courant de tous les plans d'Arsinoé. Tout en recherchant la main de Laodice, il ne demanderait pas mieux que de suivre l'invitation de Nicomède (5) et de lutter contre
(1) I, 2. Et si l'âge à mon rang fait quelque préjudice,
Vous en corrigerez la fatale injustice...
— Que ne puis-je l'y voir ! mon courage amoureux...
(2) I, 1. Madame, c'est donc là le prince Nicomède ?... etc. <3) III, 6. Vous avez de l'esprit, si vous n'avez du cœur...
(4i III, 6. Seigneur, vous me forcez à m'en souvenir mal... etc. (5) I, 1. Si vous aviez dessein d'attaquer cette place... Ne la menacez plus de Rome ni du roi ..