FLAMINIUS
« Mon principal but, dit Corneille dans son Examen de JNicomède, a été de peindre la politique des Romains au dehors, et comme ils agissaient impérieusement avec les rois leurs alliés... » — Il peut sembler pourtant, à première vue, que l'action, dans Nicomède, est conduite par la politique d'Arsinoé plutôt que par celle des Romains. Au premier abord, en effet, malgré sa qualité d'ambassadeur de Rome, Flaminius ne nous parait guère que l'agent d'Arsinoé. La reine -se sert de lui pour ses intrigues, sans même lui faire connaître son véritable but. Tandis que, d'accord avec elle, il demande à Prusias (1) pour Attale la main de Laodice avec le trône d'Arménie, — elle a en vue pour son fils l'héritage même de Prusias : la démarche de l'ambassadeur romain n'sst pour -elle qu'un moyen détourné de parvenir à ses fins.
En réalité, tout en paraissant n'être qu'un instrument au service d'Arsinoé, la politique de Rome conserve son entière indépendance. Si Arsinoé peut la faire concourir au succès de ses plans, ce n'est que dans la mesure où ces plans euxmêmes se conforment aux vues générales de la politique romaine. Si elle parvient aisément à se faire du sénat un allié