‹ Corneille inconnuChapitre 15 sur 50 · CLITON · texte numérisé non relu

CLITON

EL si naïvemenl, Que j'ai cru, la voyant, voir un enchantement. On y voit un Dorante avec votre visage ; Un le prendrait pour vous, il a votre air, votre âge, Vos yeux, votre action, votre maigre embonpoint ', Et paraît, comme vous, adroit au dernier point.

1. Ronsard, dans une de ses plus jolies pièces, a parlé du niaigret ca-bon-poi)d (Tvine jenne fille, mais c'est par opposition au 'jrus.-iet cn-boa-poinl d'une autre personne.

Comme àrévéuement, j'ai part à lapeiuturt;,

Après votre portrait on produit ma figure.

Le héros de la farce, un certain Jodelet,

Fait marcher après vous votre digne valet ;

Il a jusqu'à mon nez et jusqu'à ma parole,

Et nous avons tous deux appris en même école :

C'est l'original même, il vaut ce que je vaux ;

Si quelque autre s'en mêle, on peut s'inscrire en faux.

Et tout autre que lui dans cette comédie,

N'en fera jamais voir qu'une fausse copie.

Pour Glarice et Lucrèce, elles en ont quelque air :

Philiste avec Alcippc y vient vous accorder ;

Votre feu père même est joué sous le masque.

DORAXTE

Cette pièce doit être et plaisante et fantasque. Mais son nom ?

CLITOX

Votre nom de guerre, h Meiili'ur.

DORAXTE

Les vers en sont-ils bons? Fait-on cas de l'auteur ?

CLITOX

La pièce a réussi, quoique faible de style. Et d'un nouveau proverbe elle enrichit la ville : De sorte qu'aujourd'hui presque en tous les quartiers On dit, quand quelqu'un ment, qu'il revient de Poitiers. Et pour moi, c'est bien pis, je n'ose plus paraître. Ce maraud de farceur m'a fait si bien connaître. Que les petits enfants, sitôt qu'on m'aperçoit, Me courent dans la rue et me montrent au doigt ; Et chacun rit de voir les courtauds de boutique.

Grossissant à l'envi leur cliienne de musique, Se rompre le gosier, dans cette belle humeur, A crier après moi : « Le valet du Menteur ! » Vous en riez-vous-même !

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