‹ Corneille inconnuChapitre 24 sur 50 · LES AMOURS DE CORNEILLE · texte numérisé non relu

LES AMOURS DE CORNEILLE

])cpuis ({lie riiuparliale cl l'ermo admiiiislralinn de Henri IV avait rendu quelque sécurité aux existences, quelque repos et quelque liberté aux intelligences, depuis que la société avait pu se reconstituer et essayer de se sentir vivre, une littérature dont rinspiralion était la galanterie éthérée dans ce quelle a de plus chevaleresque et de plus raffiné, dont le chel-dVeuvre, /'.i^/yr'f?, trouve encore de nos jours des admirateurs éclairés, régnait presque sans partage dans les châteaux, dans les hôtels de la noblesse, d'où elle allait se répandre dans le monde des parlementaires et jusqu'aux cercles de la petite bourgeoisie. Dans ces milieux cultivés, un discutait avec délicatesse, on débattait parfois avec passion les thèmes éternels sur lesquels roulent les entretiens des jeunes

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hommes et des jeunes femmes : l'amour et le mariage.

L'écueil de ces conversations était la subtilité. Corneille, les transportant au théâtre, leur donna du premier coup le mouvement et la lumière. C'est là, je crois, ce qui fit le succès inouï de Mélite. On y parlait avec une convenance relative et qui devait s'accentuer plus tard, avec une ingénuité spirituelle de tout ce qui faisait Tobjet des entretiens journaliers dans les salons d'alors. C'était plaisir pour tout le monde d'entendre l'amoureux Eraste plaider en l'honneur de Mélite la cause du mariage contre le sceptique et volage Tircis :

Malgré les senlimenls, il me faut accorder Que le souverain bien n'est qu'à la posséder. Le jour qu'elle naquit, Vénus, bien qu'iinmortelle, Pensa mourir de honte en la voyant si belle ; Les Grâces, à l'envi. descendirent des cieux...

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