ALCMÈNE
ï Je sais, moi, comment il m'a blessée au cœur.
JUPITER
ï> Par ta main si chère, Alcmène, je t'en prie, je t'en conjure, grâce! pardonne-moi, ne sois plus fâchée.
ALCMÉNE.
s> Ma vertu réfutait tes injures. Maintenant, tu ne me reproches plus de me déshonorer par ma conduite: moi, je ne veux plus m'exposer à entendre des discours qui me déshonorent. Adieu, reprends tes biens, rendsmoi les miens, et donne-moi des femmes pour m'accompagner.
JUPITER
» Y penses-tu?
ALCMÉNE.
j) Tu ne le veux pas. Hé bien, je m'en irai accompagnée de ma vertu. »
Une nuance de galanterie de madrigal suffit à faire disparaître dans Molière la sévère dignité du langage d'Alcmène.
JUPITER
Avez-vous bien le cœur de me traiter ainsi?
Est-ce là cet amour si tendre Qui devait tant durer quand je vins hier ici?