‹ Corneille, Rotrou, MoliereChapitre 12 sur 68 · LE CID · texte numérisé non relu

LE CID

l'espagne et la franc«

En 103 i, le cardinal de Richelieu et le roi Louis XIII vinrent à Rouen ; l'archevêque chargea Corneille de célébrer leur arrivée. Richelieu, quelque temps après, admit le jeune poète au nombre des « cinq auteurs » qui travaillaient avec lui à ses œuvres dramatiques. Le Cardinal était passionné pour le théâtre : de tous les divertissements de la Cour, il ne goûtait que celui-là. Il avait fait construire une salle de spectacle en son hôtel à Paris^, une autre à sa maison de campagne de Rueil. Il encoura-

1. Los documents du temps nous apprennent que l'on dit d'nbonl Vhôlcl de Hicholieu. C'est en 1636 que l'on commeni,a à dire le Palais-Cardinal. Et, dès 1639, Richelieu ay.mt fuit don de son hùtol à Luui.s Xill, et Anne d'Aul riche étant allée s'y établir avec ses deux très jeunes enfants, on commença à dire le Palais-Royal

geait les poètes, se piquait de les diriger, se fit même le collaborateur de Desmarets dans plusieurs pièces, ou plutôt le prit pour versifier plusieurs canevas de tragi-comédies dont lui-même avait conçu l'idée et arrangé le plan. Pour la représentation de l'une d'elles, Mirame, dans laquelle il y avait mainte allusion à la reine Anne d'Autriche et à Buckingliam, et, d'autre part, à la chute de La Rochelle et du parti huguenot, il fît bâtir cette salle de théâtre dans son nouveau palais, et y dépensa dit-on, 2 ou 300,000 écus. Il avait fourni aussi le sujet et le plan, plus politique que poétique, de la comédie héroïque intitulée Europe, qui parut sous le nom de Desmarets après la mort du Cardinal. C'était une sorte d'allégorie bizarre de ce qu'on a appelé plus tard l'équilibre européen. Francion et Ibère (le Français et l'Espagnol) se disputent les faveurs d'Europe, non sans faire la cour en même temps à la princesse Austrasie (la Lorraine). Toute la politique étrangère du Cardinal, ses alHances avec les protestants, y sont retracées en vers. Germanique (l'Empereur) plaide auprès d'Europe la cause d'Ibère :

Je ne peux plus souffrir de voir en tant de lieux Ces destructeurs d'autels, ces ennemis des dieux*. Tirés par Francion de la Mor Glaciale " Pour pouvoir contre nous combattre à force égale.

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