J. Deiuogeot, Litléralures étrangères, p
amusante, éparse, bigarrée ; il a mis les seula sentiments aux prises. » C'est ce que M. Viguier a très bien fait voir dans sa belle étude sur l'œuvre de Guillem. Un autre critique très distingué di( fort bien aussi : « La piè3e de Guillem de Castro» conçue dans un système dramatique plus libre que le mVtre, destinée à un tout autre public, est à la fois pathétique et nationale, héroïque et castillane : c'est une plante complète, tige et racine; Corneille (il le fallait bien) n'en a cueilli que la fleur. )^
Cependant, le Cid de Corneille n'en est pas pour cela moins romantique, c'est-à-dire d'une nouveauté très hardie et même révolutionnaire, littérairement. Seulement le poète est obligé, soit pour satisfaire le goût français de son siècle, soit pour obéir à la tyrannie de la règle des vingtquatre heures, de simplifier, de réduire, de concentrer l'action, la serrant d'autant plus en un jet vigoureux.
Mais il en résulte des inconvénients. Ainsi le rôle de l'Infante, dans la pièce espagnole, est bien plus vivant et actif, bien plus varié et agréable que dans la pièce française : c'est elle qui chausse les éperons à Don Rodrigue, lorsque le Roi, au commencement de la pièce, le fait chevalier et lui donne l'accolade; c'est elle qui sauve Rodrigue et le protège quand on le poursuit après qu'il a tué le