‹ Corneille, Rotrou, MoliereChapitre 25 sur 68 · CORNEILLE EST REJETÉ VERS LES SUJETS ANTIQUES. HORACE, ETC · texte numérisé non relu

CORNEILLE EST REJETÉ VERS LES SUJETS ANTIQUES. HORACE, ETC

Corneille, découragé par les persécutions que lui avait attirées son chef-d'œuvre, s'en retourna à sa province, dans son petit faubourg de Bapaume, à Rouen, et l'on put croire qu'il avait renoncé au théâtre. Balzac écrit à Chapelain, le 15 janvier 1G39: « Corneille ne fait plus rien, Scudéry a du moins gagné cela en le querellant, qu'il l'a rebuté du métier, et lui a tari sa veine. Je l'ai, autant que j'ai pu, réchauffé et excité à se venger en faisant quelque nouveau Cid qui attire les suffrages de tout le monde; mais il n'y a pas moyen de l'y résoudre, et il ne parle pkis que de règles, et que des choses qu'il eût pu répondre aux Académiciens, s'il n'eût point craint de choquer les puissances. »

Pendant trois ans il ne fit rien représenter,

Quand il se décida à reparaître, on vit qu'il avait abandonné les sujets modernes pour les sujets anciens : premier résultat regrettable des persécutions qu'il avait subies. Le Cid est de 1636; Horace, de 1639. Quelle fut, entre ces deux dates, l'attitude de Corneille à l'égard du Cardinal? Le pauvre grand poète, craignant de renouveler à ses dépens la fable du Pot de terre contre le Pot de fer, fut bien forcé d'y mettre moins de fierté castillane que de prudence normande.

Nous avons dit qu'en faisant imprimer le Cid, au commencement de 1637, il avait cru de son devoir de le dédier à la nièce du Cardinal. Dans cette dédicace, il la remercie de sa générosité « qui ne s'arrête pas, dit-il, à des louanges pour les ouvrages qui lui agréent. . ., mais qui emploie son crédit en leur faveur. » Il ajoute qu' « il en a ressenti les effets, et qu'il lui a de grandes obligations ».

Ce fut pourtant après cette dédicace que le Cardinal laissa ou fit persécuter l'auteur du Cid et pressa l'Académie de le censurer. Nous avons suffisamment parlé de ce jugement par ordre. On voit, dans une lettre de Corneille à Bois-Robert, sn date du 23 décembre 1637, qu'il avait eu d'abord l'idée de répliquer aux Sentiments de l'Académie, et d'en appeler à l'opinion publique. Bois-Robert, dont on a vu ci-dessus * la triste lettre h l'un des plus acharnés advers^-res du grand poète,

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