PRUSIAS
Te le dirai-je, Araspe? il m'a trop bien servi, Augmentant mon pouvoir, il me l'a lout ravi : Il nest plus mon sujet qu'aulant qu'il le veut être; Et, qui me fait régner, en effet est mon maître. Pour paraître à mes yeux son mérite est trop grand : On n'aime point à voir ceux à qui on doit tant. Tout ce qu'il a fait parle, au moment qu'il m'approche. Et sa seule présence est un secret reproche : Elle me dit toujours qu'il m'a fait Irojs fois roi, Que je tiens plus de lui qu'il ne tiendra de moi; Et que, si je lu'i laisse un jour une couronne, Ma tête en porte trois que sa valeur me donne. J'en rougis dans mon Ame ; et ma confu)?ion. Qui renouvelle el cioît à chaque occasion, Sans cesse offre à mes yeux cette vue importune Que, qui m'en donne trois, peut bien m'en ôter unt ;
èSâ LE ROMANTISME DES CLAiiSIQUËS
Qu'il n'a qu'à l'entreprendre et peut tout ce qu'P veut. Juge, Araspe, où j'en suis, s'il veut tout ce qu'il peut.