‹ Corneille, Rotrou, MoliereChapitre 8 sur 68 · X. Triin<|uilic. /iiquo ammo · texte numérisé non relu

X. Triin<|uilic. /iiquo ammo

Puis il vient à la fameuse question des trois unités, dont tout retentissait alors, et déclare que, pour lui, « loin de s'en rendre l'esclave, il les élargit ou les resserre selon le besoin du sujet

Savoir les règles, ajoute-t-il finement, ou entendre le secret de les apprivoiser adroitement avec notre théâtre, ce sont deux sciences bien différentes; et peut-être que, pour faire maintenant réussir une pièce, ce n'est pas assez d'avoir étudié dans les

livres d'Aristote et d'Horace Mon avis est celui

de Térencc : « Puisque nous faisons des poèmes pour être représentés, notre premier but doit être

de plaire à la Cour et au Peuple Il faut, s'il

se peut, y ajouter les règles, afin de ne déplaire pas aux savants et recevoir un applaudissement universel. Mais surtout gagnons la voix publique. » Remarquez en passant que Corneille, citant librement l'opinion de Térence, croit pouvoir ajouter au Peuple la Cour. — Molière n'exprimera pas d'autres sentiments, et prêchera aussi que la i>remière de toutes les règles est de plaire au Peuple et ù la Cour.

Corneille parle ici avec autant de bon sens que de liberté ; mais bientôt les persécutions que lui attirera son chef-d'œuvre du Cid n'assoupliront que trop sa fierté juvénile. En butte à des hostilités puissantes, il finira par se courber sous ces pré*- (endues lois, et n'essayera plus qu'à de rares intervalles d'en secouer le joug, après qu'on lui aura fait payer si cher son triomphe trop éclatant.

Sa sixième pièce a pour titre ; la Place-Royale. FjBS constructions de cette place, commencées sous Henri IV, venaient d'être achevées sous Louis XIII. Ici, comme dans la Galerie du Palais, l'auteur trouve un cadre neuf et actuel, élément de succès pour la comédie. C'est ainsi encore que, dans le Menteur, il placera la scène aux. Tuileries d'abord, et dans la Place-Royale ensuite. Ce jeune provincial cherche à se faire le plus parisien qu'il peut. La PJace-Royale était alors le quartier neuf, le beau quartier, et allait enlever aux galeries du Palaisde-Justice le privilège dont nous parlions il y a un instant, ou du moins partager avec elles le courant du pubhc. La célèbre Ninon de l'Enclos habitait tout près de là , rue des Tournelles ; et madame de Sévigné, pas bien loin, rue Gulture-Sainte- Catherine, qui porte aujourd'hui son nom *.

Remarquez, je vous prie, que jusqu'à présent, à l'exception de la tragi-comédie de Clùandre, Corneille n'a écrit que des comédies. C'est le poète comique que la faveur accueille depuis Mélite, avec « ses soeurs », comme dit Alairot, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place- Royale; on ne le connaît pas sous un autre aspect, on ne se doute pas qu'il y ait en lui autre chose, lorsque enfin, en 1G33, Corneille ayant vingt-neuf ans, voici que dans une œuvre d'un nouveau genre, imitée de Sénèque, il aborde la tragédie, et donne Médée. Ce

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